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15. La fabrique des martyrs

Article
Publié : 28 juin 2015

Comment fabrique-t-on des martyrs? Enjeux théoriques et méthodologiques – Introduction


Magali BOUMAZA, Enseignante-chercheuse en science politique, Université Galatasaray
Aurélie CAMPANA, professeure titulaire de science politique, Université Laval Québec

Résumé

Cette introduction présente la problématique générale de ce numéro spécial sur les martyrs. Cette dernière porte sur la construction, par des mouvements sociaux évoluant dans des contextes très différents ou des États, de figures de martyrs qui intègrent une mythologie propre au groupe d’appartenance revendiqué.

Abstract

This article introduces the special issue on martyrs and martyrdom. It focuses on how dissent social movements, oppositional political party or states construct the martyr figures in their attempt to elaborate an official or an alternative mythology.


Table des matières

Texte intégral

Ce numéro consacré à la fabrique des martyrs se propose de revenir sur cette notion galvaudée, mais peu questionnée, et sur sa mobilisation dans différents contextes. La réflexion, entamée dans le cadre d’une section thématique du XIème Congrès de l’Association Française de Science Politique (2011), a été depuis élargie. Elle porte sur la notion de martyr en science politique, entendu ici comme croyances et comme ressources. Ce numéro spécial s’intéresse ainsi la production de biens symboliques – mémoire, mythes, imaginaires ou martyr fait histoire –, en tentant d’éclairer différemment une question majoritairement appréhendée depuis le 11 septembre 2001, en particulier dans la littérature anglo-saxonne, à travers la figure du « terroriste-kamikaze1».

En effet, la question du martyr est souvent directement liée à celle de la violence politique. Trois questions dominent cette littérature. Premièrement, la mort et des différentes techniques visant à utiliser le corps comme arme de guerre ou de lutte ont fait l’objet de nombreux travaux (pour sur les différentes techniques et une perspective historique, voir Lewis 2012 ; sur une histoire plus récente de l’attentat-suicide, Reuter, 2004). Deuxièmement, l’utilisation de l’attentat-suicide comme stratégie par des groupes insurgés ou qualifiés de terroristes constitue l’une des questions parmi les plus traitées. Robert Pape représente à n’en pas douter le tenant de cette thèse parmi les plus mobilisés. Son ouvrage, Dying to win (2006), devenu une référence, revient ainsi sur les dimensions politiques et militaires de l’attentat-suicide. Plusieurs auteurs lui ont emboité le pas (dont Brym and Araj, 2006 ; Moore, 2012…). Se pose enfin la question de la motivation des individus qui posent ces gestes et donnent leur vie, volontairement ou pris dans des contraintes organisationnelles, pour une cause. Sont explorées en fonction des disciplines d’appartenance des auteurs les dimensions psychologiques liées à l’attentat-suicide (Post and alii, 2009 ; Merari 2010), les différentes motivations qui peuvent animer ceux qui se donnent la mort (les femmes par exemple Speckhard, 2008 ; Bloom, 2011), les dispositions individuelles, tout comme l’influence de facteurs sociaux et situationnels (par exemple Bloom, 2005 ; Speckhard, 2012 ; Lankford, 2014). Les martyrs jihadistes monopolisent depuis 2001 l’attention et les énergies. Nombreux sont ainsi les travaux sur les martyrs irakiens (Hafez, 2007), palestiniens (Bucaille 2003 ; Hafez, 2004), iraniens (Khosrokhavar 2002), tchétchènes (Speckhard and Akhmedova, 2006 ; Moore, 2012), pour ne mentionner que ces exemples.

Sans ignorer ces travaux qui ont permis de progresser dans la compréhension de gestes souvent perçus en Europe de l’Ouest et en Amérique du Nord comme irrationnels et totalement inconcevables, ce numéro spécial prend le parti d’aborder le martyr non pas frontalement à travers une étude de ses motivations, mais à travers sa mobilisation comme ressource de l’action collective bien après la commission de l’acte. En d’autres mots, les contributions de ce numéro spécial cherchent avant tout à saisir le « martyr fait ressource », c’est-à-dire mobilisé aussi bien par des institutions, des militants politiques ou syndicaux, religieux. Un tel questionnement traverse de nombreuses recherches sur les dimensions culturelles et symboliques de la martyrologie et leur investissement par différents acteurs, nationalistes entre autres, mais là encore peu de chercheurs francophones semblent s’être intéressés à la question spécifique de la construction de la figure du martyr et de sa mobilisation2.

La notion de martyr est une notion plurielle, difficile à circonscrire tant elle a fait l’objet d’investissements multiples à des époques différentes par des acteurs religieux comme séculiers. Le premier objectif de ce numéro spécial n’est donc pas de poser une définition, mais, en partant du postulat que la « martyrologie » ne peut se réduire à la dimension de l’attentat-suicide terroriste et que les configurations dans lesquelles la figure du martyr émerge sont multiples et surtout évolutives, de se pencher sur la fabrication du martyr, sur sa mise en discours et sa transformation en ressources politiques. Une telle posture nous conduit d’ores et déjà à ne pas confronter la notion de martyr avec d’autres notions qu’on lui oppose ou lui accole souvent, celles de héros ou de victimes. Un petit détour par l’étymologie du terme et son évolution dans le temps et dans l’espace nous apprend ainsi que le martyr peut être héros comme victime ; la signification donnée au geste, à ses conséquences et à sa portée dépendent pour beaucoup de l’investissement dont ils font l’objet par les entrepreneurs politiques qui s’en saisissent. En effet, le terme de martyr signifie en grec « témoin ». Il en est venu à désigner celui qui consent à aller jusqu’à se laisser tuer pour témoigner de sa foi, plutôt que d’abjurer. Les martyrs jalonnent ainsi l’histoire, tant que la narration judéo-chrétienne (Waldner 2007), orthodoxe (Vassikiliki-Piyi 2010) que judaïque (Cohen 2004, Ross 2006). Le martyr-victime chrétien est concurrencé par le martyr-combattant musulman, le shahid ou témoin en arabe et le fedayin c’est-à-dire « ceux qui se sacrifient » (Dizboni, 2005, Aggoun 2006).

La religion est toutefois loin d’avoir le monopole du martyr. Les idéologies nationalistes qui fleurissent à compter du XIXe siècle fabriquent des héros, érigés en martyrs. La notion se dilue et s’étend à de nombreux contextes de lutte. Les opposants aux régimes dictatoriaux deviennent des martyrs de la cause démocratique. Ces cas illustrent la grande plasticité de cette notion et les investissements multiples et différenciés dont elle est l’objet. Les articles composant ce dossier se penchent sur la circulation des références religieuses, savantes et militantes et la mise en mythe et en récit d’une « martyrologie ». On retrouve dans les contributions ce souci de questionner la construction idéologique, les logiques identitaires et symboliques attachées à la figure du martyr dans leur contexte d’apparition.

Du point de vue théorique, la réflexion sur la fabrique des martyrs renvoie à divers champs d’études. La sociologie des mobilisations est un premier point d’entrée pour comprendre ce qui se joue dans la mise en ordre des émotions que suscitent la mort d’un combattant supposé exemplaire. La littérature sur les mobilisations oscille entre les paradigmes de l’émotion et ceux de la rationalité. Comment situer la réflexion sur les martyrs au regard de ces acquis, alors même que le martyr est considéré dans le contexte post-11 septembre comme l’incarnation « du Mal » et d’une forme de combat illégitime ?  C’est dans une perspective attentive à la dimension individuelle, collective et processuelle que les martyrs sont questionnés par les différents articles qui constituent ce numéro. Le martyr apparaît comme celui qui se sacrifie pour la cause comme s’il avait fait don de son corps par croyances, par réaction (comme réponse à une torture vécue dans son corps ou par procuration), par sens de devoir ou encore par contrainte. Si le sacrifice est individuel, il implique parallèlement une négation de soi et un geste altruiste. Mais le corps devient aussi une ressource, une forme de pouvoir symbolique ou de capital politique pour l’organisation qui revendique l’acte. Il faut ainsi examiner le rôle donné à la « pureté » de la cause : le martyr est plus souvent qu’autrement présenté comme un acte de purification, qui anoblit l’individu et moralise une action qui intègre une mythologie collective constamment réajustée. Au-delà de l’action, l’entretien d’une mémoire des martyrs ajoute à la cohésion de groupes stigmatisés, renforce et redirige les logiques identitaires à l’œuvre et permet de mobiliser le groupe. Une analyse des célébrations, élaborées au sein d’hagiographie des martyrs d’une cause, de discours religieux, nationalistes ou patriotiques, rappelées lors de commémorations ou intégrées à l’espace public (cimetières, monuments à la gloire de martyrs, noms donnés à des bâtiments ou des rues…) sont autant de jalons qui permettent de revisiter les récents travaux sur la sociologie des victimes (Lefranc, Mathieu 2009).

Le second objectif de ce numéro spécial est donc de contribuer aux débats qui traversent ses différents corpus à partir de recherches portant sur des terrains peu interrogés au prisme de la martyrologie. Les contributions à ce numéro spécial se proposent ainsi d’aborder la fabrique des martyrs en prenant soin de situer leur propos dans un cadre historique, tout en restant attentifs aux usages de cette construction et en montrant comment les entrepreneurs de cause convertissent ce bien symbolique en ressource politique, partisane, nationale afin de mobiliser les groupes, à tout le moins pour une commune commémoration, voire pour tenter de transformer l’ordre politique et social. Ils portent ainsi le regard sur l’empreinte historique, culturelle, religieuse laissée par ces constructions idéologiques, sans oublier de s’arrêter sur le recours par les entrepreneurs de cause aux ressorts émotionnels de la mobilisation qu’ils orchestrent. L’évocation des martyrs devient en effet performative, c’est-à-dire qu’elle transforme le réel. Elle peut donner un nouveau sens à l’action collective, tout comme contribuer à recadrer des discours idéologiques dont l’attractivité a pu diminuer dans un contexte de lutte enracinée dans la longue durée. Elle consacre également la prééminence des entrepreneurs politiques et des organisations, qui construisent et mobilisent ces ressources aux fins de construction d’une cohésion ou de l’entretien d’une illusion national(iste), dans les luttes de significations qui les opposent à des groupes mobilisés concurrents.  

De plus, les huit contributions qui composent ce numéro spécial partagent le même souci de revenir sur les aspects méthodologiques de travaux portant sur un objet souvent considéré comme insaisissable et contesté dans ses frontières mêmes. Ces détours méthodologiques sont essentiels, tant ils conditionnent la manière dont le chercheur façonne son objet. Les différents articles exposent la manière dont l’enquête a été menée, les obstacles que le chercheur a dû surmonter, obstacles qui prennent forme au sein même des luttes de signification dont la figure du martyr peut faire l’objet dans des contextes données. Ils se basent sur des méthodes essentiellement qualitatives et croisent différentes sources : archives, testaments écrits, entretiens, observations ethnographiques, productions institutionnelles et des organisations, presse, internet etc. Les démarches sont inductives en ce qu’elles se confrontent au terrain, où le chercheur réévalue ses hypothèses de départ à l’aune des résultats obtenus, en progressant à tâtons.

Du point du vue des terrains, l’enjeu du numéro était de « sortir » de l’équation martyrs = terroristes-djihadistes. Si évidemment plusieurs contributions reviennent sur ces formes de fabrique des martyrs, c’est en questionnant cet objet sous un autre angle. Le souci est ici de s’éloigner d’une actualité brulante, qui a par trop guidé les agendas scientifiques des chercheurs travaillant sur le terrorisme (Ranstorp, 2007 : 25 ; Jackson, 2008 : 3), pour privilégier une étude sur la longue durée de phénomènes liés à la fabrique des martyrs.

Ainsi, Benjamin Ducol s’emploie tout au long de sa démonstration à soulever les difficultés de « faire martyr » au sein d’une communauté virtuelle, érigées en ressources communicationnelles en interne et en externe par les organisations combattantes. Cette contribution nous donne à voir comment se mettent en place les dispositifs martyrologiques au sein du mouvement djihadiste international et comment les martyrs deviennent des ressources politiques. La circulation permise par Internet contribue à la diffusion de ces ressources, à leur appropriation par des acteurs divers, mais également à leur transformation progressive au fur et à mesure de l’apparition de nouveaux moyens de communication (médias sociaux), mais aussi dans une autre perspective, de l’éclosion de conflits dans lesquels cette mouvance s’investit (Syrie par exemple). Ce faisant Benjamin Ducol illustre de manière convaincante l’évolution de la martyrologie de ces mouvements djihadistes à l’ère du numérique.

A partir de l’étude des femmes kamikazes tchétchènes, Aurélie Campana montre combien il est important de ne pas s’en tenir aux motivations subjectives des individus pour expliquer le passage à l’acte. Elle propose d’analyser les processus qui, en amont de l’attentat, ont pu pousser ces femmes à s’engager dans des groupes insurgés, qui pratiquent l’attentat-suicide, sans toujours qu’elles aient conscience de la finalité de cet engagement. Ce faisant, elle invite à recontextualiser l’acte et à prendre en considération aussi bien les motivations individuelles supposées, que les différentes logiques qui sous-tendent le passage à l’acte. Le contexte de violence totale instauré au début de la seconde guerre de Tchétchénie a ainsi accentué la dilution d’un ordre social qui prévalait depuis le début des années 1990, et a induit un déplacement des normes qui fait de la violence, y compris terroriste, une option si ce n’est légitimée, à tout le moins acceptable, pour certains individus.

Les textes d’Eylem Özkaya, d’Olivier Grojean et de Sümbül Kaya offrent un éclairage intéressant sur la fabrique des martyrs dans la Turquie contemporaine à partir de trois regards que l’on peut mettre en miroir. Ces trois articles portent sur la Turquie post-coup d’Etat du 12 septembre 1980. Les effets de ce dernier se font encore ressentir trente cinq ans après tant au niveau des organisations politiques de la gauche radicale turque étudiée par Eylem Özkaya à partir des jeûnes de la mort dans les prisons de haute sécurité turques que de la gauche radicale kurde avec le PKK qu’Olivier Grojean nous présente à partir des testaments des martyrs de l’organisation marxiste-léniniste. Plus inattendu est la contribution de Sümbül Kaya qui montre avec finesse comment l’Etat turc use des ressources institutionnelles pour ériger en martyrs les soldats de l’armée régulière et notamment les jeunes appelés morts en combattant la guérilla kurde. Ces trois contributions reposent sur du matériel empirique ethnographique, d’entretiens et de dépouillement d’archives, de documents officiels, institutionnels et des différentes organisations. Elles nous offrent des analyses fines des dynamiques à l’œuvre et montrent combien le contexte national est une donnée cardinale pour saisir les références sur lesquelles reposent les figures des martyrs. Ainsi, ces trois articles montrent que la fabrique des martyrs repose sur la relation entre les acteurs en jeu, ici, l’Etat turc, les organisations politiques de gauche radicale, turque et kurde.

Dans un autre contexte national – la France – et à une autre période – les années 1970 et 1980 – Fanny Bugnon analyse les stratégies de fabrication des martyrs mobilisées par la gauche révolutionnaire. L’auteure s’emploie à exposer en trois actes la façon dont Pierre Overney, militant de la Gauche Prolétarienne assassiné en 1972, devient non seulement une figure de la mémoire de la gauche radicale française des années 1970 mais aussi une ressource symbolique, mémorielle et politique sur laquelle prend appui une décennie plus tard Action directe pour venger le militant exemplaire, alors qu’un autre groupe révolutionnaire a assassiné le meurtrier d’Overney entre-temps.

C’est à l’autre extrême de l’échiquier politique que Magali Boumaza transporte le lecteur en étudiant la fabrique des martyrs de l’extrême droite française depuis 1945. Pour ce faire, elle s’appuie sur une enquête ethnographique, qualitative doublée de sources de seconde main (presse, vidéos, paroles de chansons). Elle montre comment les militants de l’extrême droite évoluant dans un contexte politique où ils sont ostracisés tentent de faire des martyrs des ressources symboliques, mémorielles en vue de mobiliser leurs partisans dans l’entre-soi militant. Ces ressources sont également mobilisées pour servir une entreprise de réécriture de l’histoire. Les commémorations servent dès lors à publiciser ces figures, tout comme la pratique adoptée par les élus municipaux frontistes, qui s’emploient, une fois les ressources institutionnelles à leur disposition, à faire changer les noms de rue, de places ou de bâtiments publics. Ce faisant, Magali Boumaza montre également comment l’on met les émotions en ordre dans une perspective de sociologie des mobilisations soucieuse de ne pas ranger les raisons d’agir dans la seule « boîte » de la rationalité.

Enfin le texte de Mathieu Petithomme ponctue ce numéro en contribuant à la réflexion des martyrs comme ressource mobilisable par les organisations du nationalisme basque radical. Trois figures emblématiques de la lutte pour l’indépendance du pays basque constituent les références pour établir un contre-récit national, raviver un discours de l’injustice qui devient un cadre pour l’action collective et entretient un esprit de conflit. Ces deux dernières contributions sur des mouvements radicaux (extrême droite française et mouvement nationaliste basque) illustrent le nécessaire cadrage des émotions pour que les héros-victimes deviennent martyrs.

En somme ce numéro, composé de contributions portant sur des sujets et des contextes variés, offre un prolongement de la réflexion sur les martyrs, entamée majoritairement par des auteurs anglo-saxons, en adoptant une posture originale. Loin de négliger la figure du kamikaze, il va plus loin en interrogeant les stratégies discursives et autres déployées par des mouvements sociaux aux contours idéologiques ou organisationnels fort différents pour élaborer leur propre mythologie. Cette dernière est en partie articulée autour de figures de martyrs, qui deviennent de par l’exemplarité que les entrepreneurs en cause leur confèrent autant de ressources mobilisables. La lutte dans laquelle ces mouvements se disent engagés se porte ainsi sur le terrain du symbolique, un aspect par trop négligé jusque-là dans les travaux sur les martyrs et la martyrologie, dont ce numéro s’est saisi en ouvrant de nouvelles pistes de réflexion.

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Notes de bas de page


1 Le numéro Études sur la mort, 2006/2 n° 130, intitulé « Mourir pour tuer » est consacré aux kamikazes et comprend des analyses psychiatriques, cliniques de ces comportements. La même année, Cultures et Conflits a publié un numéro spécial consacré à la « mort volontaire combattante » (n° 63, automne 2006).
2 Certes, des travaux portent sur la figure du héros et souvent les martyrs sont érigés en héros. De même, de nombreux travaux portent sur la construction du martyr chrétien en sciences des religions.



Pour citer cet article


BOUMAZA Magali et CAMPANA Aurélie. Comment fabrique-t-on des martyrs? Enjeux théoriques et méthodologiques – Introduction. Signes, Discours et Sociétés [en ligne], 15. La fabrique des martyrs, 28 juin 2015. Disponible sur Internet : http://www.revue-signes.info/document.php?id=4632. ISSN 1308-8378.




GSU   Ovidius   Turku   Nantes   Agence universitaire de la Francophonie
Revue électronique internationale publiée par quatre universités partenaires : Galatasaray (Istanbul, Turquie), Ovidius (Constanta, Roumanie), Turku (Finlande) et Nantes (France) avec le soutien de l'Agence universitaire de la Francophonie (AUF)
ISSN 1308-8378