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Sémantique des Possibles Argumentatifs et Analyse Linguistique du Discours. Hommage à Olga Galatanu > Section 4. Une approche sémantique de l'interaction verbale

Article
Publié : 15 janvier 2015

Représentation sémantique et discursive de la femme et violence verbale dans les proverbes tswanas


Nozie MALUNGA PAYET, Doctorante, CoDiRe-EA4643, Université de Nantes (France), nozie.malunga@hotmail.fr

Résumé

Dans la culture tswana, comme dans la plupart des cultures africaines, les proverbes servent à transmettre des éléments de sagesse et de connaissance populaires, ainsi que des valeurs sociales à travers les générations. Beaucoup de ces proverbes représentent la femme comme étant inférieure à l’homme et en général dans une position peu flatteuse, et traduisent souvent une véritable violence linguistique à cause des valeurs axiologiques négatives qu’ils véhiculent. Dans notre présente contribution nous essayons de montrer à quel point les proverbes peuvent influencer les représentations sémantiques et conceptuelles de la femme chez les jeunes botswanaises.

Abstract

In Setswana culture, as in most African cultures, proverbs are used to transmit elements of wisdom and popular knowledge as well as social values across generations. In general, many of these proverbs portray women in an unflattering position, as inferior to men and often reflect a real linguistic violence because of the negative axiological values they convey. In our present paper we try to show how proverbs, can influence the semantic and conceptual representations of the notion of woman in Batswana young ladies.


Table des matières

Texte intégral

Dans les termes d’Anscombre (1994), les proverbes interprètent un savoir commun, appartenant au patrimoine linguistique. Dans les cultures africaines, ils constituent des maximes linguistiques que l’on utilise pour faire une interprétation phénoménologique de notre existence (Hussein 2009). Les proverbes véhiculent donc des valeurs et des normes sociales dont les membres de la communauté doivent s’inspirer. Encore, les proverbes, tout comme les contes et fables, les chansons, les discours religieux, sont parmi les moyens souvent employés pour mobiliser stratégiquement l’idéologie du genre, i.e. les croyances culturelles sur les notions femme ou homme (Hussein 2005). Ainsi, par ce système, les hommes et les femmes sont placés dans des positions sociales différentes. Nous allons tenter de montrer dans les paragraphes qui suivent que, dans la culture tswana, comme dans d’autres cultures africaines, beaucoup de proverbes représentent la femme comme étant inférieure à l’homme et en général dans une position peu flatteuse ; ils traduisent souvent une véritable violence linguistique en raison de l’évaluation négative qu’ils véhiculent.

Dans notre travail, nous essayons de montrer à quel point les discours édifiants, discours « qui portent sur les valeurs et qui visent explicitement la préservation, ou “l’acquisition” du système de valeurs proposé par le discours et/ou la défense des comportements humains conformes à ce système de valeurs » (Galatanu 2003 : 88), ici des proverbes, peuvent agir sur les représentations sémantiques et conceptuelles pour construire un monde conforme au système de valeurs qu’ils véhiculent. Pour ce faire, nous allons procéder, dans un premier temps, à une brève étude de la nature et du fonctionnement dans le discours des proverbes et de la violence verbale. Le travail sur la violence verbale appuiera notre hypothèse sur la violence véhiculée par les proverbes botswanais concernant la femme. Nous allons ensuite procéder à une illustration des proverbes botswanais visant la femme et à une analyse modale de ces proverbes afin de montrer leur visée violente. Ce premier point nous amènera à l’analyse de la construction de la représentation lexicale du mot femme chez les étudiantes botswanaises de troisième année à l’Université du Botswana. Le modèle de la Sémantique des Possibles Argumentatifs, désormais SPA, d’Olga Galatanu nous permettra de construire cette représentation sémantique. Finalement, nous essayerons de montrer l’influence des proverbes sur la représentation sémantico-conceptuelle de femme chez les jeunes botswanaises en illustrant les similarités entre l’image véhiculée dans les proverbes et l’image qu’ont les jeunes femmes de la femme.

Nous visons à montrer à quel point les proverbes peuvent agir sur les représentations sémantiques et conceptuelles des locuteurs, amenant ces derniers à construire un monde conforme au système de valeurs que véhiculent les proverbes. Les proverbes « sont présentés comme appartenant à un “trésor” public de conseils empiriques accumulés au fil du temps par la “sagesse populaire” » (Anscombre 1995 : 99).

Pour notre présent travail de recherche, nous allons analyser un corpus de données recueillies auprès de 21 jeunes botswanaises âgées de 19 à 22 ans. Ce sont des étudiantes de la Faculté des Lettres et Sciences Sociales et de la Faculté de Droit de l’Université du Botswana. Le choix du public était volontaire, car nous partons de l’hypothèse que les proverbes tswanas portant sur la femme influencent la construction de l’image de soi chez la femme. Le corpus, recueilli au moyen d’un questionnaire écrit, vise à stimuler le savoir déclaratif des informatrices par rapport à la représentation sémantique et conceptuelle du mot femme, ainsi que les associations argumentatives à partir de ce mot. Le corpus nous aidera à établir le lien qui existe entre les proverbes et les représentations de la femme chez les étudiantes. Nous nous servons du modèle de la Sémantique des Possibles Argumentatifs (SPA) pour construire la représentation sémantique afin de valider nos hypothèses, qui sont les suivantes :

a. Les proverbes tswanas sur la femme influencent la construction de l’image de la femme chez les jeunes femmes et en conséquence l’image de soi ;

b. Les proverbes véhiculent des valeurs qui seront facilement discernables dans la signification lexicale (stéréotypes et possibles argumentatifs) du concept femme ;

c. Malgré le fait que les proverbes sur la femme traduisent souvent une véritable violence linguistique à cause de l’évaluation négative qu’ils véhiculent, les jeunes femmes vont s’appuyer sur cette même idéologie pour construire une image peu valorisante d’elles-mêmes.

Pour la définition de la nature et du fonctionnement du proverbe, nous nous inspirons en grande partie des travaux sur les proverbes d’Anscombre (1989, 1994, 1995) et de Kleiber (2000, 2010). Nous consacrons cette partie à une explication rudimentaire et rapide de la théorie des topoï développée par Anscombre et Ducrot dans les années 1990 et à la nature et au fonctionnement des proverbes. Les proverbes ayant une « grande affinité » avec les topoï, l’étude des topoï permet de comprendre le caractère et le fonctionnement des proverbes dans les discours stéréotypés.

Selon Anscombre, les topoï (terme emprunté à Aristote) sont des « lieux communs » ou des croyances communes à une collectivité dont font partie au moins le locuteur et son allocuteur. Il les décrit comme les garants du passage de l’argument à la conclusion. Ainsi, l’énoncé :

a) J’ai rendu service à Pierre, et il ne m’en a gardé aucune reconnaissance.1

nous semble justifié parce que nous avons dans notre répertoire un topos évident, issu d’un code moral et déontique facultatif : un service rendu présuppose une reconnaissance. D’ailleurs, étant donné que les topoï sont en permanence à la disposition des locuteurs, le locuteur peut s’en servir comme « moteur argumentatif » pour confirmer son argument. Les topoï se distinguent aussi comme des « principes généraux qui servent d’appui au raisonnement mais ne sont pas ce raisonnement » (1995 : 195). Le sujet énonciateur utilise le topos sans pour autant l’asserter ni prétendre en être l’auteur, car les topoï sont présentés comme allant de soi au sein d’une collectivité et ayant force de loi (en tant que tels, ils ne se basent sur aucune logique, mais sont originaires d’idéologies qui peuvent être réfutées au nom d’une autre).

Les topoï sont aussi reconnaissables par leur gradualité. Afin de permettre le passage d’un argument à une conclusion, le topos associe deux prédicats dans une relation graduelle, que cela soit de manière directe ou converse. C’est-à-dire, dans un schéma topique, les deux formes topiques peuvent être acheminées dans le même sens, topos direct (+P, +Q et –P, –Q) ou en sens contraire, topos converse (+P, –Q et –P, +Q) (Anscombre 1989 : 29) :

b) Plus on a de temps, plus il est inutile de se dépêcher (+P, +Q) : « Prends ton temps, il n’est que huit heures » ;
c) Plus le temps manque, plus il faut se dépêcher (–P, +Q) : « Fait vite : il est huit heures » ;
d) Plus une dépense est élevée, plus elle est injustifiée (+P, –Q) : « Tu vas te ruiner, ce truc coûte 200F ».

Dans notre introduction, nous avons décrit les proverbes comme véhiculant des valeurs et des normes sociales dont s’inspirent les membres d’une collectivité. La plupart des proverbes comprennent donc des représentations topiques. Par conséquent, tel le topos, le proverbe peut servir de garant à un raisonnement.


Une autre vision des proverbes est donnée par Kleiber (1999, 2000), pour qui les principales propriétés des proverbes sont la dénomination et la généricité :

« En parlant de dénomination pour le proverbe, il ne faut entendre qu’une et une seule chose : le fait qu’il s’agit d’une expression idiomatique ou figée, c’est-à-dire d’une unité polylexicale codée, possédant à la fois une certaine rigidité ou fixité de forme et une certaine fixité référentielle ou stabilité sémantique, qui se traduit par un sens préconstruit, c’est-à-dire fixé par convention pour tout locuteur, qui fait donc partie du code linguistique commun. Cette vertu de name lui permet de catégoriser, c’est-à-dire de ranger ou rassembler dans la catégorie dont il est la dénomination, des occurrences particulières qui le vérifient » (Kleiber 2000 : 40).

Le proverbe est donc une dénomination parce qu’il désigne un concept général et spécifique. C’est d’ailleurs, selon Kleiber, cette propriété de dénomination qui fait que les proverbes sont perçus comme des jugements collectifs et non pas individuels. En plus, cela explique pourquoi le locuteur d’un proverbe n’est pas le propriétaire de « la forme du proverbe qu’il énonce ».

Le proverbe est un énoncé générique simplement parce qu’il compose une phrase qui se réfère à une situation ou un état générique (Kleiber 2000). Ce ne sont pas des phrases intermittentes, mais elles renvoient à un « état de choses général, habituel ou courant » (Kuroda 1973, cité dans Kleiber 2000). Kleiber précise que ces types de phrases relèvent non pas d’un usage factuel ou accidentel, mais du « gnomique » ou « law-like ». Les propriétés et le fonctionnement des proverbes peuvent se résumer à ces quelques lignes (Anscombre 1994 ; Kleiber 1999, 2000) :
 ils annoncent une généralité intemporelle, et ne peuvent donc servir à une énonciation événementielle, même à caractère général ;
 ce sont des affirmations morales sur des attitudes humaines ;
 ils sont présentés comme appartenant à un « trésor » de conseils empiriques emmagasinés au fur et à mesure par la « sagesse populaire » ;
 ils ne sont pas des jugements individuels ;
 ils ne sont pas des réponses, mais des indices à utiliser pour « calculer » la réponse ;
 l’utilisation d’un proverbe provient d’une certaine stéréotypicité ;
 un proverbe traduit un savoir commun, appartenant au patrimoine linguistique. L’information incluse dans un proverbe a une provenance « folklorique » ;
 le proverbe a un fonctionnement d’argument qui n’est pas de fournir une information, mais de servir de cadre à un raisonnement et d’en être le garant ;
 le proverbe indique un topos ;
 le proverbe constitue un jugement collectif, une sorte de vérité « traditionnelle » ou populaire ;
 le locuteur n’en est pas l’auteur, mais « l’avocat qui utilise la loi ».

Ce bref aperçu des topoï et des proverbes vient appuyer nos hypothèses selon lesquelles l’image de la femme chez les jeunes botswanaises serait la même ou en grande partie celle que véhiculent les proverbes, malgré leur violence et leur valeur axiologique négative. Le fait qu’ils soient présentés comme une « sagesse populaire » et une vérité « traditionnelle » sous-entend qu’ils sont justement utilisés comme « loi » pour faire passer l’idéologie de la femme telle qu’elle est présentée dans la société et la culture tswanas.

Le locuteur d’un proverbe n’est pas responsable de l’existence de celui-ci de la même façon qu’il n’est pas responsable de celle du topos. Il n’est donc pas l’auteur d’un proverbe, mais il s’en sert comme moteur argumentatif qui valide son raisonnement (Anscombre 1995).

Notre étude ne portant pas sur l’étude de la violence verbale en elle-même, nous ne nous attarderons pas sur une description détaillée de celle-ci, mais nous ferons une brève étude de ses aspects qui sont indispensables pour notre travail. Dans leurs travaux sur la violence verbale, Bellachhab et Galatanu (2012) proposent la définition suivante de la violence verbale :

« un vouloir faire (faire) quelque chose de valeur axiologique2 négative à autrui, par le canal du verbal, sans son vouloir faire, utilisant la force/ le pouvoir de la parole, générant un conflit et entraînant une expérience du mal et/ou l’expression d’affects négatifs »

et une description de la signification de la notion de violence construite selon le modèle de la SPA, description faisant ressortir quatre éléments nucléaires fondamentaux qui se résument ainsi :

« 1) l’exercice […] d’une certaine force […], 2) contre la volonté de quelqu’un […], 3) génère un conflit, 4) entraînant une expérience du mal et/ou l’expression d’un affect négatif […] de la part de la personne subissant la violence ».

La violence fait donc référence à l’exercice du pouvoir ou de la force par une personne sur une autre. Quant aux types de violence verbale, celle-ci peut être, selon Gay (1998a : 545) : subtile (dans le cas de l’humour, par exemple dans les blagues sexuelles), abusive (utilisation consciente des expressions offensives : discours raciste, sexiste, hétérosexiste et classiste), ou grave (discours nucléaire, langage génocidaire, langage totalitaire, etc.). Les mots peuvent « blesser » quand ils véhiculent des attitudes dénigrantes et humiliantes, mais parfois les individus sont inconscients de la nature oppressive d’un langage violent. Des études faites en Amérique du nord montrent que les femmes ont plus tendance que les hommes à utiliser des formes de violence verbale subtiles et abusives contre elles-mêmes (Russel 2002, cité dans Adetunji 2010). Selon les travaux de Galatanu et son équipe, la violence verbale permet la prise de pouvoir par le sujet parlant et, d’une façon qu’on pourrait qualifier de paradoxale, l’étude de notre corpus nous montre qu’en effet, les mêmes jeunes femmes qui sont visées par cette violence utilisent ces mêmes proverbes pour se définir.

Nous faisons un lien entre la violence en interaction (actes de langage) et la violence dans les proverbes parce qu’étant donné que les proverbes sont présentés comme une idéologie, une loi, ou des conseils communs, nous estimons que cela constitue en soi une menace pour les personnes visées par ces proverbes, i.e. les femmes, dans cette étude. Les proverbes imposent des jugements sur les personnes et sont utilisés de manière à les contraindre à vivre selon certaines normes. À travers les proverbes, cette image est présentée comme une vérité. Dans le contexte de la plupart des proverbes tswanas portant sur la femme, il y a une violence qui se traduit par exemple par la comparaison de la femme à des animaux, des plantes ou des objets, d’une manière qui dégrade leur image. Dans l’interaction, les proverbes sont utilisés pour accomplir certains actes de langage menaçants (surtout pour l’image de l’allocutaire) tels que la menace, l’insulte, l’humiliation, le reproche, la critique, le dénigrement, etc., d’une façon directe ou indirecte.

Dans ce chapitre, nous partirons de quelques proverbes tswanas sur la femme pour démontrer la violence qu’ils exercent sur cette dernière. Nous allons étudier les valeurs modales véhiculées par les entités linguistiques contenues dans ces proverbes. L’étude de la signification lexicale du mot violence par Bellachhab et Galatanu (2012) montre que la violence est un concept monovalent, dans le sens où les valeurs modales inscrites dans son noyau et ses stéréotypes (voir la section suivante) s’orientent vers l’axiologique négatif. Pour que les proverbes utilisés puissent être caractérisés de « violents », ils doivent montrer une disposition vers le pôle axiologique négatif par l’utilisation de mots porteurs de valeurs modales axiologiques négatives au niveau du noyau ou des stéréotypes.

Lorsqu’un locuteur fait appel à un proverbe, il a l’intention d’accomplir un certain acte de langage direct ou indirect. Parmi les quatre mécanismes discursifs principaux de la violence verbale identifiés par Bellachhab et Galatanu, trois se distinguent plus ou moins dans les proverbes tswanas :
 l’expression d’une volonté de communiquer quelque chose ayant une valeur axiologique négative : menacer, insulter, critiquer, reprocher, etc. ;
 l’irrespect de la volonté de l’autre : imposer ;
 la manifestation d’un affect négatif par rapport à d’autres traits : menacer, humilier, intimider, etc.

Dans le cas des proverbes tswanas sur la femme, nous avons remarqué l’abondance de mots porteurs de valeurs axiologiques négatives. Nous donnons quelques exemples de proverbes tswanas tirés de l’ouvrage de Seboni (1962) sur les proverbes tswanas et du dictionnaire d’Otlogetswe. Nous les accompagnons d’une traduction possible et d’une explication de la traduction lorsque le sens pourrait être difficile à saisir sans connaître la culture tswana.

1) « Mosadi ntsa o okwa ka lerapo » – Femme, chien, on l’attire par un os (La femme est comme un chien, l’homme a juste le devoir de la nourrir et l’habiller. Par extension, on gagne les faveurs d’une femme en assouvissant ses besoins matériels) ;

2) « Mosadi pudi o jewa loleme » – Femme, chèvre, on mange sa langue (Les femmes parlent beaucoup) ;

3) « Mosadi tshwene o jewa mabogo » – Femme, singe, on mange ses mains (La femme est respectée pour son travail dans la maison, pas pour sa beauté) ;

4) « Mosadi phuti o jewa mafura » – Femme, antilope, on mange sa graisse (La femme est comme l’antilope, on mange la meilleur partie de sa viande) ;

5) « Mosadi o lotlhanya metse » – La femme est une source de conflit entre maisons (Le plus souvent ce sont les femmes qui déclenchent les conflits) ;

6) « Mosadi o baya tau botsetsi » – La femme est capable de s’occuper d’une lionne qui vient de donner naissance (Une femme est capable de tout) ;

7) « Mosadi ke mogwana wa tsela o kgetlhwa ke bafeti ba tsela » – La femme est une baie sauvage à côté du chemin, les passants mangent son fruit ;

8) « Mosadi o bipa mpa ka mabele » – La femme cache le ventre avec sa poitrine (Une femme cherchera toujours à protéger ses enfants au point de cacher leurs méfaits) ;

9) « Mosadi ga a tswe borwa e se phefo » – La femme ne vient pas du sud comme le vent (Qui va chercher loin une femme risque d’être trompé).

Dans les parties précédentes, nous avons montré de quelle façon les proverbes en tant qu’idéologie ou loi constituent une menace pour le destinataire. Les proverbes dont nous nous sommes servie pour notre étude attaquent l’image ou la dignité de la femme : dans les exemples (1), (2) et (3), la femme est comparée à un chien, une chèvre et une plante respectivement. Dans la signification lexicale de ces trois entités linguistiques, c’est au niveau des stéréotypes et non du noyau de signification que l’on va trouver une association à des valeurs modales axiologiques négatives. Nous n’allons pas faire une description sémantique de ces entités, mais une étude des mots tels que animal et chien dans deux dictionnaires tswanas (Kgasa et Tsonope 2005 ; Otlogetswe 2012), ce qui permet d’avoir un aperçu des stéréotypes du mot animal et surtout chien par rapport à une personne. Dans l’une des définitions du mot chien par Otlogetswe, le mot chien décrit une personne impolie et très mal élevée. Dans la culture tswana, comparer une personne à un animal, surtout une chèvre ou un singe, veut dire que la personne est stupide et manque d’intelligence. Il y a donc dans ces métaphores femme-animal une manifestation d’un affect négatif, une image de la femme qui est axiologiquement négative.

Dans le discours normal en tswana, traiter quelqu’un d’animal, et surtout de chien est une insulte grave, et il est indéniable qu’il y a une tournure sexiste dans des proverbes tels que (1), (2), (3) et (4) ou encore dans le proverbe (10), l’un des plus cités dans le contexte tswana :

10) « (Dikgomo) ga di ke di etelelwa ke manamagadi pele » – Le troupeau (de bétail) n’est jamais mené par les femelles (les vaches) (Les femmes ne peuvent pas diriger).

L’image de la femme véhiculée par les proverbes qu’on vient de citer a une valeur modale incontestablement négative. Dans l’interaction, ces proverbes peuvent être utilisés pour accomplir des actes « violents » déjà mentionnés dans le texte. On peut apercevoir, à travers leur analyse, plusieurs mécanismes discursifs de la violence verbale : quelques proverbes tels que (1) et (7) peuvent être qualifiés d’insulte ; les autres, tels que les exemples (5), (6) et (9) peuvent servir directement ou indirectement de critiques ou de reproches. Les proverbes servent à imposer une idéologie de la femme inférieure à l’homme (les femelles ne mènent pas le troupeau, les femmes ne peuvent pas diriger ; deux taureaux ne peuvent pas partager un enclos, il ne peut y avoir qu’une seule tête de la famille, l’homme) et à humilier (femme laide, trésor pour son mari, une femme laide est appréciée seulement par son mari). Cela revient à dire que le mari n’a pas à se soucier des possibles infidélités de la part de la femme. Par contre, il existe un proverbe construit sur une métaphore selon laquelle la femme se doit de supporter les infidélités de son mari car l’homme est comme un outil que l’on peut prêter à autrui (homme, hache, on peut la prêter). Le proverbe laisse entendre que l’infidélité fait partie de la nature de l’homme ; il est normal pour une femme de « prêter » son mari à une autre. Ce proverbe évoque implicitement l’infidélité chez l’homme comme une vertu, alors que la femme suscite la méfiance (6), (7) et (9) ou le mépris (2) et (5) ; elle est capable de tout, de tromperie, de malice, et elle est une source de conflit surtout, car elle passe son temps à potiner.

Le regard sur la définition, la nature et le fonctionnement du proverbe nous aidera à éclaircir son rôle dans la construction de l’image de soi chez la femme ainsi que la construction des représentations sémantico-conceptuelles et discursives.

Pour construire une signification lexicale de femme chez les jeunes botswanaises, nous nous servons du modèle de la Sémantique des Possibles Argumentatifs (SPA) que développe Olga Galatanu depuis 1999. Ce modèle s’inscrit, d’une part, dans la filiation des sémantiques argumentatives développées par Ducrot, Anscombre et Carel ; d’autre part, dans celle des recherches sur les stéréotypes linguistiques de Putnam. La SPA « permet, entre autres, de rendre compte de l’inscription des valeurs modales dans le noyau ou les stéréotypes de la signification lexicale, tout en préservant le statut “argumentatif” du sens discursif » (Galatanu 2007). La signification se présente comme un processus d’abstraction concrétisé par une unité lexicale, processus visant une stabilisation dans la langue, mais doit également rendre compte de la dimension évaluative du langage. Elle est décrite par Galatanu à travers trois niveaux de signification : noyau (N), stéréotypes (Sts) et possibles argumentatifs (PA), auxquels s’ajoute le niveau des manifestations discursives, les déploiements argumentatifs (DA).

 Le noyau est la partie de la signification lexicale la plus stable. Il comprend des traits de catégorisation sémantique qui renvoient à des propriétés essentielles du concept. Ainsi, on peut imaginer que la définition de la femme varie selon les époques historiques, les communautés linguistiques, et même entre les individus d’une même communauté à la même époque, mais, malgré toutes les images différentes auxquelles est associé le mot femme, certains traits demeurent ;

 Les stéréotypes proviennent d’un ancrage culturel permettant d’inscrire de nouveaux éléments, relevant du contexte culturel et contextuel, dans la signification des mots. Ces associations sont relativement stables, mais composées d’ensembles ouverts, dont les limites ne peuvent pas être identifiées avec certitude ;

 Les possibles argumentatifs, concept pivot dans la théorie de la SPA, sont des séquences discursives potentielles, définis comme représentant « les associations potentielles (ou virtuelles), dans le discours, du mot avec les éléments de son stéréotype et ces associations discursives s’organisent dans deux faisceaux orientés respectivement vers l’un ou l’autre des pôles axiologiques » (Galatanu 2004 : 216).

Pour la représentation sémantique générale de femme, nous nous inspirons des travaux de Merlet (2006), qui a réalisé une analyse linguistique des articles « homme » et « femme » dans le Grand Robert de la langue française et le Trésor de la langue française. À partir de chaque dictionnaire, Merlet construit trois noyaux qui font apparaître une association des quatre concepts : l’animalité, le sexe féminin, l’humanité et le développement. Nous reprenons les trois noyaux qu’elle construit au sein de la signification du mot femme à partir du Grand Robert :
Noyau 1. Être femelle de l’espèce homo sapiens ;
Noyau 2.
i. Être humain appartenant au sexe capable de concevoir les enfants à partir d’un ovule fécondé ;
ii. Être humain de sexe féminin, lorsque son âge permet d’envisager sa sexualité ;
Noyau 3. Compagne, femelle (d’un animal mâle).

Le premier noyau relève du domaine de la biologie, le deuxième du domaine courant et le troisième du domaine courant, enfantin, ou de l’usage familier. En fouillant les deux dictionnaires tswanas à notre disposition, nous avons relevé les concepts humanité, sexe féminin et développement.


Pour construire les stéréotypes et les possibles argumentatifs de femme chez les jeunes botswanaises, nous avons utilisé un questionnaire portant sur les savoirs métalinguistiques. Cela consistait à demander aux informatrices de proposer les mots qu’elles associent au mot femme et ensuite nous avons proposé d’autres associations que les informatrices devaient valider par « oui », « non » ou « parfois » en donnant une explication selon la réponse choisie. Nous avons proposé aussi aux informatrices de donner cinq proverbes sur la femme, afin de voir s’il y a des proverbes qui se révélaient par leur fréquence d’évocation. La dernière question consistait à donner une définition du mot femme.

 
Noyau

 
Stéréotypes

 
Possibles Argumentatifs

Humanité +

Sexe F +

Développement

DONC Gentillesse, Intelligence, etc.

DONC Mère, naissance, etc.

DONC Épouse, etc.

Femme DONC maligne
Femme DONC rusée
Femme DONC dangereuse, etc.
Femme DONC sexe
Femme DONC amour, etc.
Femme DONC sentimentale, etc.
Femme DONC compagne d’un homme
Femme DONC bavarde, etc.

L’analyse de nos données montre clairement que l’idée de la femme génitrice d’enfants reste présente, même si au niveau de la fréquence d’évocation elle vient derrière les mots beauté, attentionnée, affectueuse, mère et jalouse. Nous retrouvons aussi, parmi les dix premières associations, en termes de fréquence : intelligente, épouse, sentimentale, forte et bavarde. Pour ces jeunes filles, l’image de la femme renvoie d’abord à la valeur modale esthétique de beauté (axiologique positive) et le plus souvent aux valeurs modales hédoniques-affectives attentionnée (+), affectueuse (+), jalouse (–), sentimentale (+/–), bavarde (–), etc.

Concernant les associations que nous avons proposées aux jeunes femmes, elles nous ont permis d’approfondir notre analyse sur l’image qu’elles ont de la femme. Nous présentons une partie des données dans le tableau ci-dessous :

 

Oui

Non

Parfois

Intelligente

18

2

1

Foyer/maison

16

0

3

Infériorité

9

8

4

Menteuse

5

5

10

Égale à/de l’homme 

11

3

7

Selon les statistiques, la plupart des jeunes femmes ont une image positive de la faculté intellectuelle de la femme. La majorité pense aussi que le foyer ou la maison est par défaut le domaine de la femme. Près de la moitié voient la femme inférieure à l’homme et elles sont divisées sur l’honnêteté de cette première. Malgré le fait qu’elle soit considérée comme inférieure, la plupart des jeunes femmes voient la femme comme étant l’égale de l’homme, mais un bon nombre reste indécis sur ce point. Parmi les proverbes évoqués, on retrouve dans tous les questionnaires le proverbe (3) « mosadi tshwene o jewa mabogo » – Femme, singe on mange ses mains (La femme est respectée pour son travail dans la maison, pas pour sa beauté). D’autres proverbes qui y figurent sont le proverbe (6) « mosadi o baya tau botsetsi » – La femme est capable de s’occuper d’une lionne qui vient de donner naissance (Une femme est capable de tout), ainsi que les suivants :

11) « Mmamotse o bona mantlwaneng » – C’est quand elle joue à la maison de poupée qu’une vraie femme de maison se distingue ;

12) « Mmangwana o tshwara thipa ka fa bogaleng » – Une mère tient le couteau par la lame ;

13) « Fa mosadi a inama o a bo a ikantse mosese wa ko morago » – Quand une femme se penche, elle fait confiance au derrière de sa robe (Une femme a toujours un plan de secours).

Le proverbe (3) fait allusion à l’idée de la femme au foyer, une image que semblent entretenir nos informatrices. Le proverbe (12) évoque le concept de l’instinct maternel de la femme qui est prête à tout pour protéger sa progéniture.

Nous avons évoqué, dans nos hypothèses, que les proverbes influencent la représentation sémantique et conceptuelle de femme chez les jeunes femmes et par conséquent l’image qu’elles ont d’elles-mêmes. Les proverbes présentent la femme comme un être doté de beauté, mais, en même temps, cette beauté est secondaire par rapport au travail manuel qui est essentiel chez une « vraie » femme au moment du mariage. Cette beauté peut aussi être source de problèmes, parce qu’elle peut être convoitée par d’autres hommes, ce qui implique un grand risque d’infidélité et d’inquiétude pour le mari. Nous avons vu, dans nos analyses, que la plupart de nos informatrices considèrent la beauté comme caractéristique de la femme. L’évocation du proverbe (3) montre aussi l’influence de cette « sagesse populaire » qu’est le proverbe.

À titre d’exemple, beaucoup de familles botswanaises sont monoparentales avec seule une mère ou même une grand-mère pour élever les enfants. Malgré cela, nos analyses montrent qu’un nombre important des jeunes femmes voient la femme comme étant inférieure à l’homme et la notion d’égalité des sexes est aussi un point d’indécision chez beaucoup d’entre elles. Tout cela malgré le fait que, logiquement, il n’y a rien qui prouve que les femmes soient inférieures. L’on pourrait se permettre de voir ici une influence de proverbes tels que (10) le troupeau (de bétail) n’est jamais mené par une femelle. L’image de la femme bavarde, maligne, source de conflit, etc. qu’on retrouve dans les stéréotypes des jeunes femmes est omniprésente dans les métaphores.

Le proverbe (9) la femme ne vient pas du sud comme le vent est très souvent cité au Botswana pour discréditer les femmes qui viennent du sud. Elles sont considérées comme profiteuses et comme des « sirènes » qui appellent les hommes (surtout du nord) pour les mener à leur perte. Pourtant, le sens de ce proverbe a été détourné, parce qu’étymologiquement, le proverbe s’applique aux femmes et aux hommes en général dans le sens où l’homme qui part loin pour trouver une épouse cherche à être trompé ou à tromper lui-même.

La culture tswana, comme la plupart des cultures africaines, est une culture patriarcale où l’homme est en général le sexe dominant. Le langage est un outil qui sert stratégiquement à renforcer cette dominance. Notre analyse montre comment le langage influence la construction d’un monde référentiel, ici, à travers une certaine idéologie véhiculée par les proverbes. Dans un contexte de dominant-dominé, le discours du dominant est présenté comme un patrimoine linguistique commun. Nous avons essayé de montrer, à travers notre étude de la représentation sémantique de femme, en quel sens certains proverbes tswanas portant sur la femme sont violents et comment, malgré cette violence, ils influencent les représentations chez les jeunes femmes. La plupart des proverbes tswanas représentent la femme comme étant inférieure ; notre analyse a permis de montrer que les jeunes botswanaises ont intériorisé cette représentation et qu’elles se voient elles-mêmes comme étant inférieures aux hommes.



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Notes de bas de page


1 Cf. ANSCOMBRE, J.-Cl. (2011 : 4) : « Sens et référence : des topoï à la théorie des stéréotypes », cours donné à l’Université de Paris-Sorbonne, 1-9 [en ligne : http://determinants.free.fr/textesatelierjuin11/Topoianscombre2011.pdf].
2 Selon Olga Galatanu, les valeurs axiologiques sont inscrites dans la signification des mots (mots monovalents positifs, monovalents négatifs ou bipolaires) qui sont utilisés dans le discours. Dans le discours, différentes valeurs modales sont mobilisées pour montrer la prise de position du sujet parlant à l’égard de ce dont il parle (Galatanu 2003).



Pour citer cet article


MALUNGA PAYET Nozie. Représentation sémantique et discursive de la femme et violence verbale dans les proverbes tswanas. Signes, Discours et Sociétés [en ligne], Sémantique des Possibles Argumentatifs et Analyse Linguistique du Discours. Hommage à Olga Galatanu, 15 janvier 2015. Disponible sur Internet : http://www.revue-signes.info/document.php?id=3894. ISSN 1308-8378.




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