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Sémantique des Possibles Argumentatifs et Analyse Linguistique du Discours. Hommage à Olga Galatanu > Section 4. Une approche sémantique de l'interaction verbale

Article
Publié : 15 janvier 2015

N’oubliez pas ! Don’t forget! Une étude comparative des actes rappeler et remind


Stephanie DOYLE-LERAT, Doctorante, CoDiRe-EA4643, Université de Nantes (France), stephanie.doyle@univ-nantes.fr

Résumé

Dans cet article, nous étudions l’acte de langage rappeler/remind – un acte potentiellement menaçant – dans le cadre de la Sémantique des Possibles Argumentatifs. Adoptant une perspective comparative français/anglais, nous essayons de déterminer la manière dont les locuteurs natifs de ces langues se représentent cet acte, tout en explorant son potentiel menaçant. Nous proposons une représentation sémantique de cet acte basée sur le discours lexicographique et sur une étude du savoir déclaratif de locuteurs natifs. Les résultats de cette étude suggèrent qu’il existe des différences entre les représentations de l’acte rappeler/remind : en français, on l’associe plus avec le non-respect des règles, tandis qu’en anglais, il est plutôt associé au non-respect d’un engagement personnel. Bien que cet acte soit perçu comme menaçant dans les deux langues, le côté rassurant ressort plus en anglais.

Abstract

This article considers the potentially threatening Speech Act rappeler/remind within the framework of the Semantics of Argumentative Possibilities. Adopting a French/English comparative perspective, the way native speakers represent this act is looked at as well as its threatening potential. A semantic representation of these two acts is proposed, based on lexicographic discourse and a study of native speaker declarative knowledge. The results of this study suggest that there are differences between the representations of the act rappeler and remind: in French, this act is more closely associated a lack of respect of rules whereas in English, it is more likely to be associated with a lack of respect of personal commitments. This act is seen as threatening in both languages, however, the reassuring potential of this act is emphasized more in English.


Table des matières

Texte intégral

Pour aider quelqu’un à ne pas faire une bêtise, il peut nous arriver de lui rappeler quelque chose. Si une amie vient de se séparer de son compagnon de longue date, par exemple, étant donné qu’il vaut mieux ne pas aborder certains sujets lors d’une discussion, un proche peut discrètement nous rappeler ce changement d’état afin d’éviter une situation désagréable. Dans ce cas, il s’agit d’un acte visant à aider le destinataire, mais tous les rappels n’ont pas ce même objectif. L’acte de rappeler peut également être perçu comme un avertissement. En disant Je te rappelle que ta journée de travail commence à 9h, un responsable n’essaie pas d’encourager son subordonné, il souligne qu’il y aura des sanctions si l’heure du début de la journée n’est pas respectée. Dans ces deux cas, il est possible que le destinataire ressente une émotion négative suite au rappel : embarras ou gêne de ne pas s’en être souvenu, dans le premier cas, et culpabilité de ne pas avoir respecté son contrat, dans le deuxième.

Dans ce qui suit, nous nous donnons comme objectif d’explorer ce potentiel de violence dans l’acte de rappeler, peu étudié, en anglais et en français. Au moyen de cette étude comparative, nous souhaitons répondre aux questions suivantes : En quoi consiste un rappel pour les locuteurs de ces deux langues et comment pouvons-nous le représenter ? En quoi les deux représentations de cet acte se ressemblent et diffèrent ? Pourquoi et pour qui est-il menaçant ?

Notre article s’articule en cinq sections : 1) d’abord nous explorons le concept d’acte de langage et le potentiel de violence de tout acte, 2) ensuite nous décrivons notre cadre théorique nous permettant de représenter ces actes, 3) puis nous présentons notre représentation de cet acte en français et en anglais, 4) suivie des résultats d’une étude préliminaire auprès de francophones et anglophones natifs ; 5) pour finir nous résumons les résultats les plus pertinents de cette étude comparative.

La théorie des actes de langage (Austin 1962 ; Searle 1969) s’est développée à partir d’une réflexion concernant le but de la communication. Au centre de cette théorie est l’assertion que nous ne parlons pas uniquement pour décrire notre monde et pour exprimer des vérités, nous communiquons également pour influencer notre environnement, que ce soit en essayant de changer le comportement de ceux autour de nous ou pour modifier le cours des événements. Kerbrat-Orecchioni (2008) résume ainsi l’objectif de la communication : lorsqu’un sujet parlant s’exprime, il a une envie de participer et agir sur le contexte interlocutif. Un acte de langage est donc une communication destinée à modifier l’environnement de communication et se décompose en trois parties :

  • acte locutoire : le fait de dire quelque chose, de prononcer les mots (par exemple, Fais la vaisselle !) ;

  • acte illocutionnaire : l’objectif de l’acte de communication, la force exprimée par cet acte (dans le cas d’un ordre, de faire faire quelque chose à quelqu’un) ;

  • acte perlocutoire : le résultat de l’acte de communication, c’est-à-dire ce qui est fait par cet acte (par exemple, le comportement altéré du destinataire, dans ce cas, le destinataire qui fait la vaisselle).

De ces trois actes, c’est l’acte illocutionnaire qui concentre le plus d’attention. Il existe plusieurs tentatives de classification des actes illocutionnaires (Austin 1962 ; Searle 1969 ; Bach et Harnish 1979) qui essaient de déterminer exactement ce qui peut être accompli au moyen du langage ainsi que les conditions nécessaires pour réussir ces actes. Il ne suffit pas de vouloir faire faire quelque chose à quelqu’un pour donner un ordre, il faut aussi être dans une position sociale qui permet de le faire. De plus, Brown et Levinson (1987) remarquent qu’il existe une différence dans la perception des locuteurs d’une même force illocutionnaire selon la manière dont elle est exprimée. Une demande formulée ainsi : Tu ne peux pas faire la vaisselle pour une fois ? ne sera pas accueillie de la même façon que la suivante : S’il te plaît, tu ne pourrais pas faire la vaisselle ?

Pour essayer d’expliquer cette différence de perception, Brown et Levinson (1987) postulent une théorie de la politesse linguistique. Afin de définir et comprendre ce phénomène, Brown et Levinson font appel à la notion de face (Goffman 1967). Dans cette conception théorique, la face comprend deux aspects : 1) la face positive, correspondant au système de croyances que chacun a de sa personne, et 2) la face négative, qui concerne sa liberté d’action. D’après cette théorie, les locuteurs veulent maintenir ces deux faces, mais lors de certains actes de communication, il y a la possibilité d’une menace à une de ces faces, autant chez le locuteur que chez le destinataire. Dans le cas de la face positive, une menace peut se comprendre comme un retour négatif concernant son image personnelle. Par exemple, pour une personne qui se croit généralement de bonne volonté, une remarque du genre Non, mais tu ne peux pas te rendre utile pour une fois est une attaque à son image d’elle-même. Un ordre représente un cas de figure de menace à la face négative, car le destinataire se voit obligé de faire quelque chose, donc sa liberté d’action est remise en cause. La distinction entre ces deux faces n’est pas universellement acceptée et définie (entre autres, voir Bousfield 2006 ; Spencer-Oatey 2005) cependant, elle offre un premier cadre pour considérer la menace verbale.

Dans la terminologie de Brown et Levinson, les actes concernés par cette menace s’appellent des Face Threatening Acts (FTA). Toutefois, la notion de menace demeure un peu floue : certains, dont Gil (2012), vont jusqu’à considérer que tout acte de langage est menaçant. Pour essayer de clarifier cette notion, Galatanu avance la définition suivante de l’acte illocutionnaire menaçant : « des actes non seulement susceptibles de, mais visant directement à provoquer un état subjectif négatif chez le destinataire : déstabilisation, peur, tristesse, humiliation, changement de statut “communicationnel”, honte, etc. » (2012 : 68). Il s’agit d’un acte ayant comme objectif de susciter un sentiment de mal être. Les trois types de menaces illocutionnaires recensés par Bellachhab et Galatanu (2012 : 8) peuvent se résumer ainsi :

  • Type 1 : Exercer une force pour contraindre et provoquer un sentiment de mal être : menacer, ordonner, interdire, autoriser, accuser ;

  • Type 2 : Exprimer le mépris, la haine, l’indifférence, etc. : injurier, insulter, maudire, blâmer, accuser ;

  • Type 3 : Remettre en cause l’honnêteté, la sincérité, la pertinence, la bonne foi, le bon sens, etc. de l’autre : critiquer, interrompre, infirmer, contredire.

Dans le cadre de cet article, nous nous limitons au potentiel menaçant de l’acte RAPPELER de la perspective du destinataire. Il serait également intéressant de considérer ce potentiel du point de vue du sujet parlant, car rappeler quelque chose à quelqu’un qui ne l’a pas oublié peut entraîner des conséquences négatives.

L’acte RAPPELER est potentiellement menaçant pour les deux faces du destinataire. La menace pour la face positive du destinataire provient du fait que le sujet parlant accuse, en quelque sorte, le destinataire de ne pas penser à quelque chose d’important, soulignant ainsi un défaut : le bon sens du destinataire est remis en cause, provoquant un sentiment de mal être. La face négative du destinataire se voit menacée, car il est contraint de modifier son comportement en fonction des renseignements apportés par le sujet parlant au moyen du rappel et perd sa liberté d’action.

Afin de raffiner cette intuition, nous élaborons une représentation de cet acte en français et en anglais. Nous espérons ainsi pouvoir isoler ces éléments de la représentation de l’acte RAPPELER/REMIND qui ont un potentiel menaçant.

Les modèles argumentatifs de la langue (Ducrot et Anscombre 1983 ; Plantin 1996 ; Carel et Ducrot 1999 ; Galatanu 1999 ; Anscombre 2001) permettent d’examiner la langue en adoptant une perspective argumentative. Cela signifie qu’ils émettent l’hypothèse que le locuteur inscrit dans chaque énoncé son attitude vis-à-vis de la situation de communication.

Dans l’approche modale de l’acte illocutionnaire proposée par Galatanu depuis les années 1980 (Galatanu 1984, 1988) et qui dans sa dernière version s’inscrit dans le cadre plus général de la Sémantique des Possibles Argumentatifs (SPA) (Galatanu 1999, 2002, 2009, 2012), la description de l’acte illocutionnaire est conçue comme « une configuration spécifique de valeurs modales, à partir des entités lexicales qui les désignent » (Galatanu 2012 : 64). Nous adoptons ce cadre qui nous permet de représenter aisément les actes illocutionnaires. Notre travail s’inscrit dans la lignée d’autres actes illocutionnaires qui ont déjà été étudiés dans ce cadre, dont expliquer (Galatanu et al., à paraître ; Doyle-Lerat, à paraître), insulter (Galatanu et Bellachhab 2011b) et reprocher (Galatanu et Bellachhab 2011a ; Cozma 2012) (pour une liste compréhensive, voir Cozma 2012 : 2).

Chaque acte de langage, tout comme chaque entité lexicale, doit être compris dans son contexte culturel. La SPA propose de concevoir la signification en prenant en compte cet aspect du sens. La représentation d’une entité lexicale prend la forme de trois strates (le noyau, les stéréotypes, les possibles argumentatifs) et des formes de réalisation (déploiements argumentatifs). Nous nous attardons ici sur les deux premières parties de cette représentation.

Le noyau représente la partie la plus stable de la signification, c’est-à-dire ce qui reste stable à travers les différentes cultures qui parlent une langue et à travers le temps. Il s’agit d’un ensemble fermé d’éléments. Contrairement au noyau, les stéréotypes diffèrent selon le contexte culturel et peuvent évoluer : les stéréotypes demeurent « relativement stables dans une communauté linguistique donnée à un moment donné de son évolution culturelle » (Galatanu 2002 : 218). Il s’agit d’un ensemble ouvert dont il n’est pas possible de définir les limites. Les stéréotypes sont des associations de deux représentations du monde, où le lien entre ces deux représentations est une « relation posée comme une ‘relation naturelle’ : cause-effet, symptôme-phénomène, but-moyen, etc. » (Galatanu 2002 : 216). Les stéréotypes prennent la forme de X donc Y, par exemple dans le cas de violence, des stéréotypes possibles sont violence donc abus ou violence donc souffrance (Bellachhab et Galatanu 2012). En déterminant les stéréotypes associés à un acte illocutionnaire donné, nous pouvons mieux cerner le potentiel de menace de cet acte.

L’élaboration d’une représentation sémantique, dans le cadre de la SPA, se fait dans un premier temps à partir du discours lexicographique et de l’intuition du locuteur. Ensuite, elle se confirme à travers des exemples constatés. Afin d’être validée, elle doit être soumise à des locuteurs natifs qui confirment la représentation ou bien elle doit être retravaillée en fonction des commentaires de ces derniers. Cette approche de la représentation sémantique insiste sur l’importance de la validation d’une représentation auprès des locuteurs de la langue et de la prise en compte du rôle du contexte culturel en mettant en avant le savoir déclaratif des locuteurs. De plus, elle sert à décrire des actes illocutionnaires dans toutes les langues, facilitant ainsi une étude comparative, comme dans notre cas.

Dans le cas spécifique de la représentation d’un acte illocutionnaire, si un verbe illocutionnaire ou un déverbal désignant cet acte existe, il y a une correspondance entre la description du verbe illocutionnaire ou du déverbal et la description de l’acte illocutionnaire. En prenant l’exemple de l’acte menacer, Galatanu souligne : « [d]ans le cadre théorique de la SPA, cette conceptualisation devrait correspondre au noyau de la signification du verbe illocutionnaire non performatif menacer, chaque élément de ce noyau s’associant à des représentations liées au protocole de communication propre à une culture au sens le plus large du terme » (2012 : 66).

En suivant ce processus, nous proposons dans ce qui suit une représentation sémantique de l’acte rappeler en français et de l’acte remind en anglais, élaborée sur la base des articles lexicographiques pour les mots rappeler et remind. Ce processus nous fournit également plus d’informations concernant le contenu propositionnel de cet acte, sa nature menaçante et les conditions nécessaires pour que le sujet parlant puisse effectuer l’acte rappeler.

Pour élaborer une représentation sémantique de l’acte rappeler, nous nous sommes basée sur le discours lexicographique de plusieurs dictionnaires français1. C’est à partir des entrées rappeler et rappel que nous avons formulé la représentation sémantique en figure 1 qui décrit l’acte rappeler et que nous expliquons ensuite. Dans cette représentation, ainsi que dans celle en anglais, nous adoptons les conventions suivantes : SP = sujet parlant, D = Destinataire, P = contenu propositionnel de l’acte, DC = le connecteur abstrait donc et PT = le connecteur abstrait pourtant. Entre crochets obliques <…> se trouvent des prédicats abstraits exprimant l’intention communicative.


Figure 1. Représentation de RAPPELER

Image1

Effectivement, en nous basant sur les dictionnaires consultés, il est possible de constater qu’un sujet parlant effectue l’acte rappeler lorsqu’il pense que, pour une raison donnée, le contenu du rappel doit être saillant pour le destinataire et que le destinataire a su ce contenu auparavant. Cette partie de l’acte rappeler est illustrée par la définition du Grand Robert : « l’action de faire penser de nouveau à » et celle du Trésor de la langue française « [f]aire revenir à l’esprit, remettre en mémoire par ses propos ». Dans notre représentation, les éléments SP <croire D devoir penser à P> et SP <croire D avoir déjà pensé à P> expriment cet aspect de l’acte.

Si le sujet parlant se sent obligé de rappeler quelque chose au destinataire, c’est parce qu’il croit que ce dernier n’y pense peut être pas. Pourquoi ce doute ? Parce que, comme indiqué dans la définition du Grand Larousse, il s’agit de l’« [a]ction de faire revenir à l’esprit de quelqu’un, de rendre présent à sa mémoire un fait, un souvenir qu’il a oublié ou qu’il feint d’oublier ». Il est possible que le destinataire fasse semblant d’oublier ou de ne pas penser à quelque chose alors que la réalité est le contraire. C’est pour cela que l’élément SP <croire possible D ne pas penser à P> figure dans la représentation. Finalement, le sujet parlant évoque donc ce P afin de le rendre saillant pour le destinataire, l’obligeant ainsi à penser à ce P.

L’élaboration de la représentation sémantique de l’acte remind s’est faite à partir de plusieurs dictionnaires anglais2. Nous avons retrouvé au sein du discours lexicographique anglais les mêmes éléments qu’en français, donc cette représentation contient des éléments quasiment identiques à ceux de la représentation française. Par exemple, la définition du dictionnaire Oxford propose « cause (someone) to remember someone or something », où SP pense que D doit penser à P donc SP fait en sorte que D y pense.

Tout comme en français, il est souligné que l’oubli n’est pas une condition nécessaire pour rappeler, il suffit d’un doute concernant l’attention que le destinataire prête au sujet du rappel. Le dictionnaire Cambridge propose la définition « to make someone aware of something forgotten or possibly forgotten », le doute se trouvant dans l’élément possibly. Ceci se traduit par les elements SP <believe D thought about P before> PT SP <believe D might not be thinking about P>. La figure 2 est la représentation que nous proposons pour l’acte remind.


Figure 2. Représentation de remind

Image2

C. Le contenu du rappel et sa nature menaçante

Les deux représentations ci-dessus, qui s’appuient sur le discours des dictionnaires en langue respective, décrivent l’acte rappeler/remind. Elles nous expliquent qu’une condition nécessaire pour un rappel est que SP croie que D a déjà pensé à P. Le discours lexicographique anglais, à la différence de celui du français, nous fournit des informations supplémentaires concernant ce que l’on peut rappeler. Dans les dictionnaires anglais, il y a une insistance sur le contenu du rappel. Par exemple, la définition proposée par The Oxford English Dictionary, « cause (someone) to fulfill an obligation or to take note of something », évoque l’idée d’obligation donc d’une nécessité d’agir. Les exemples proposés dans le dictionnaire Longman Language Activator sont également intéressants :

« Remind me to pick up some liquor at the supermarket. Leave a note on the fridge to remind yourself to buy some extra milk. Oh, that reminds me, I have to go to the dentist. By the way, Paul telephoned to remind you about the party on Saturday. She tried to think of a tactful way of reminding Jim it was their wedding anniversary. We’ll be there by 6 o’clock. Can you send me a map to remind me where you live » (Longman Language Activator).

Au sein de tous ces exemples, il existe un lien entre l’obligation de faire quelque chose ou de penser à quelque chose et un engagement personnel : je me suis engagé à acheter des courses, à aller chez le dentiste ou à assister à une fête. Cette notion d’obligation peut entraîner une perte de face : si je m’engage à faire quelque chose et que je ne le fais pas, l’image positive que les autres personnes ont à mon égard est remise en question. De plus, si je ne l’ai pas fait parce que je l’ai oublié, cela souligne une faiblesse, notamment une incapacité de me souvenir de mes engagements. En français aussi, malgré son absence du discours lexicographique français consulté, il nous semble néanmoins qu’il y a un élément d’obligation dans le contenu du rappel en français qu’il faudrait confirmer auprès d’une population francophone.

En nous éloignant légèrement du discours lexicographique mais en restant dans le cadre du fonctionnement de la langue, nous pouvons remarquer une autre différence par rapport à cet acte en anglais et en français concernant sa réalisation. Sans entrer dans trop de détails, car cela dépasse notre cadre ici, il s’agit de l’emploi performatif du verbe désignant cet acte. Il est tout à fait possible en français, par exemple Je te rappelle qu’il ne faut pas être en retard. En anglais, cet emploi n’existe pas. Il est éventuellement possible de réaliser cet acte en utilisant la forme progressive du présent en anglais : I am reminding you not to be late, mais cette forme n’est généralement pas considérée comme performative (Condoravdi et Lauer 2011 ; López Álvarez 2005).

Nous croyons que cette différence d’emploi est liée à la nature menaçante de l’acte rappeler/remind. D’une part, à cause de la nécessité d’atténuer l’acte lors de sa réalisation en anglais, nous pensons qu’il y a un potentiel de menace assez fort. D’autre part, la forme performative française, qui exprime sans aucun doute ce que l’on cherche à exprimer, est menaçante, car pas du tout atténuée.

Pour la détermination des conditions de raisonnabilité de cet acte, c’est-à-dire celles permettant sa réalisation, le discours lexicographique à lui seul ne pouvait pas nous en informer. Nous avons donc procédé à l’étude de la situation, à la manière de Brown et Levinson (1987), en termes de distance sociale entre les interlocuteurs, différence de pouvoir entre les locuteurs, et niveau d’imposition de l’acte de langage (en faisant la différence entre un rappel urgent avec un haut niveau d’imposition, car risquant de modifier immédiatement le comportement du destinataire, et des rappels moins urgents, où le destinataire est moins susceptible de changer son comportement en conséquence). Il nous semble qu’il soit possible d’effectuer l’acte rappeler dans presque toutes les circonstances. La seule exception est dans une situation où il existe une grande distance sociale et une différence importante de pouvoir. Un rappel donné par la personne ayant moins de pouvoir à la personne en position de pouvoir est difficilement acceptable.

Un élément important pour la réalisation « heureuse » d’un rappel est le contenu de ce dernier (P). SP ne peut rappeler que ce qu’il croit que D a déjà su. Le gouvernement peut donc rappeler des lois, car tout citoyen est censé savoir qu’il ne faut pas faire d’excès de vitesse et qu’il faut envoyer ses enfants à l’école, etc. Un inconnu peut également rappeler des informations de connaissance générale. Afin de rappeler des choses qui touchent vraiment à la vie privée, il faut une certaine proximité sociale entre les interlocuteurs pour que ce rappel soit acceptable.

Notre étude de l’acte rappeler/remind, basée principalement sur le discours lexicographique, répond à la première étape de la description d’un acte illocutionnaire dans le cadre de la SPA. Grâce à celle-ci, nous avons une représentation sémantique des deux actes nous intéressant, ainsi que des détails concernant le contenu du rappel/reminder, la nature menaçante de cet acte et des conditions de raisonnabilité. La prochaine étape est de confirmer cette description auprès d’un groupe de locuteurs natifs.

Dans l’objectif de vérifier et d’informer notre représentation, nous avons fait une enquête préliminaire auprès de 20 francophones et 23 anglophones sous forme d’un questionnaire en ligne. Bien que notre étude soit trop réduite pour valider notre représentation, elle nous apporte des renseignements utiles pour informer cette représentation. Après une courte description de notre méthodologie et des participants, nous discuterons des résultats les plus intéressants.

Notre questionnaire en ligne était constitué de cinq sections. Dans la première section, les participants devaient proposer 10 mots qu’ils associaient spontanément avec la notion de rappel/rappeler quelque chose à quelqu’un. Ensuite, dans la deuxième section, ils devaient juger l’acceptabilité d’associations que nous avons fournies. Puis, dans la section 3, ils donnaient une description libre d’un rappel, pour par la suite, dans la section 4, proposer, dans leurs propres mots, une définition du rappel et de l’action de rappeler quelque chose à quelqu’un. Pour finir, nous avons demandé leur avis concernant les personnes et les contextes acceptables pour un rappel.

Nous avons recruté des participants sur Internet et, à cause de cette méthode, il nous est impossible de vérifier leur origine. Tous les participants francophones déclarent être français mais chez les anglophones, les locuteurs ne représentent pas une communauté homogène, il y a des participants américains, britanniques et canadiens, nous permettant d’avoir un aperçu concernant la représentation de cet acte chez les anglophones en général. Il serait très intéressant par la suite, lors d’une étude de plus grande envergure, de comparer les représentations entre anglophones issus de communautés différentes. La plupart des participants appartiennent à la catégorie d’âge des 25 à 35 ans (70 % de chaque groupe). Il y a également une majorité de participants féminins, 60 % des francophones et 78 % des anglophones. Il faudrait, à l’avenir, chercher à obtenir une distribution plus équilibrée entre les sexes. Finalement, ce que nous cherchions véritablement est un avis spontané, sans recours aux dictionnaires, mais nous ne pouvons pas vérifier si les participants avaient consulté des dictionnaires. Tous les participants n’ont pas complété l’intégralité du questionnaire ; il y a eu 14 participants francophones et 19 participants anglophones qui l’ont entièrement complété.

Les résultats de l’étude nous permettent de confirmer certains aspects de notre représentation et d’en raffiner d’autres. Dans cette section, nous examinons les résultats les plus pertinents de l’étude, d’abord en considérant la définition de l’acte rappeler/remind, puis le contenu propositionnel du rappel et le potentiel menaçant de cet acte, et ensuite les conditions de raisonnabilité.

En français et en anglais, les définitions proposées par les participants confirment les éléments de notre représentation de cet acte. Par exemple, un participant francophone a proposé « action de rappeler ou remémorer à qui avait oublié ou fait semblant d’oublier, voire ignoré » ce qui correspond grosso modo à notre représentation. Les anglophones ont proposé des définitions semblables, comme « to bring back to someone’s memory something they should already know but may have forgotten ». Bien que ces définitions se ressemblent, les réponses des participants ont fait ressortir une différence intéressante entre cet acte en français et en anglais, notamment en ce qui concerne le contenu P du rappel.

La première section de notre questionnaire, où les participants listent les mots qu’ils associent spontanément avec la notion de rappel, nous a permis de mieux cerner le contenu du rappel dans ces deux langues.

Les participants francophones ont proposé cinq mots en moyenne et les anglophones six mots en moyenne. Les résultats les plus populaires sont les suivants :

  • français : souvenir (12), mémoire (6), téléphone (6), oubli (4), nostalgie/passé (4), ne pas oublier (3) ;

  • anglais : (post it) note (10), remember (10), (to do) list (7), calendar/schedule/diary (6), appointment/meeting (6), memory (5), forget (5), to nag/to bug (5).

En français, la notion de rendez-vous n’était évoquée que deux fois et tâche une seule fois. De nombreuses tâches ont été proposées par les anglophones, dont : chores (2), groceries (2), task (2), garbage cans (1), turn the lights off (1), (to buy) milk (1), et send birthday card (1). Les participants francophones n’ont pas fait de propositions semblables. Cela nous confirme que le contenu du rappel est conçu différemment en français qu’en anglais, une différence qui est déjà ressortie lors de notre étude lexicographique. Afin de raffiner cette différence, il faut se tourner vers les descriptions de rappeler et remind proposées par les participants.

Conformément à notre intuition, en anglais, les mots utilisés dans les définitions sont liés à un engagement et à ce qu’il faut faire pour ne pas oublier cet engagement, par exemple, commitment, committed to, task, duty, appointment, laundry, groceries, post it note, writing on the calendar. D’autres mots évoqués dans les définitions en anglais font surgir le potentiel menaçant de l’acte remind, dont manipulation, humiliation, guilt, to control you, being remembered about something negative, harsh, fake good will, painful.

Au sein des définitions proposées en français, le vocabulaire utilisé indique une obligation imposée. Des exemples des mots proposés dans les définitions sont : ordre à exécuter, consigner, obéir, avertissement, rappel à l’ordre, alerte et sanction. Un participant francophone a également remarqué au sujet du rappel qu’il « peut être utilisé afin de rendre service ou au contraire de nuire (souvent de nuire, malheureusement...) ».

La description des participants anglophones confirment le discours des dictionnaires par rapport au contenu du rappel et le lien avec un engagement. Grâce aux descriptions des participations francophones, nous avons pu cerner la nature du rappel en français, lié à une obligation imposée. Les deux cas représentent un potentiel de menace.

Pour explorer le potentiel menaçant du rappel, nous avons proposé 14 stéréotypes aux participants, dont 9 menaçants et 6 rassurants. Les participants devaient juger si l’association était « acceptable », « parfois acceptable » ou « jamais acceptable ».

En tant que stéréotypes avec un potentiel de menace, nous avons proposé : rappeler donc culpabiliser, demander, douter de, humilier, insister, interroger, donner un ordre, reprocher, taquiner. Les stéréotypes jugés acceptables par ces deux groupes (c’est-à-dire évalués comme « acceptable » ou « parfois acceptable » par une majorité des participants) sont listés ci-dessus :

  • français : culpabiliser, demander, donner un ordre, humilier, taquiner, insister ;

  • anglais : make someone feel guilty, request, give an order, humiliate, tease.

Il est intéressant de noter que les deux groupes de participants sont d’accord sur l’acceptabilité de cinq de ces stéréotypes menaçants pour le destinataire, la seule différence étant l’acceptabilité d’insister pour les francophones, qui n’a pas été retenu par les anglophones.

Dans les deux langues, l’acte rappeler/remind a un potentiel menaçant. D’un côté, d’après ces stéréotypes, un rappel par SP peut remettre en cause la face positive de D (culpabiliser, humilier, taquiner) ou bien empêcher la liberté d’action de D (demander, donner un ordre).

Cependant, cet acte peut également avoir un potentiel rassurant. Nous avons proposé les stéréotypes axiologiquement positifs suivants : rappeler donc aider, conseiller, consoler, encourager, informer. Les stéréotypes jugés acceptables par les participants sont :

  • français : aider ;

  • anglais : help, comfort, encourage.

Le potentiel rassurant de l’acte rappeler/remind semble plus présent en anglais qu’en français. Contrairement aux anglophones, la majorité des participants francophones ont indiqué que rappeler donc consoler était inacceptable, indiquant un potentiel rassurant moins présent en français.

L’acte rappeler/remind peut être perçu comme une menace ou comme un moyen d’aider quelqu’un. En anglais, ce potentiel rassurant s’étend au cas de consoler et d’encourager autrui, ce qui confirme notre intuition. Mais comment faire la distinction entre ces deux cas ? Certains participants ont fait des remarques à ce propos, comme ce commentaire d’un participant francophone : « Lorsque la phrase “je vous rappelle que” est prononcée, c’est souvent un reproche, à moins qu’on soit dans le contexte téléphonique ou cela reste neutre, par exemple “je vous rappelle au sujet de cette annonce” » et celui-ci d’un participant anglophone : « ‘Let me remind you...’ and ‘May I remind you...’ sound like they are coming from places of authority (an angry parent, a lawyer, a teacher, etc.). ‘I’m just reminding you...’ sounds like a friend or someone you asked to remind you to do something ». Il est donc important de prendre en considération la relation entre le sujet parlant et le destinataire.

Lors de la première étape de notre étude, afin de déterminer les situations acceptables pour effecteur cet acte, nous avons pris en compte : la distance sociale entre SP et D, la différence de pouvoir entre ces derniers et le niveau d’imposition de l’acte de langage (une approche que nous développons davantage dans Doyle-Lerat 2014). Notre conclusion était que la relation de pouvoir et la distance sociale jouaient un rôle concernant le contenu acceptable du rappel. Les participants de cette étude, francophones et anglophones, partageaient le même avis concernant les relations où un rappel serait acceptable en évoquant deux situations possibles.

En premier lieu, dans le cadre des relations hiérarchiques, notamment dans le cadre du travail (responsable/employé), ainsi qu’entre adulte/enfant, professeur/élève, fonctionnaire/citoyen, il est jugé acceptable que la personne en position d’autorité rappelle quelque chose au subordonné.

Le deuxième type de relation est avec des proches dans la sphère intime (membres de sa famille ou amis proches). Certains participants anglophones ont souligné que grâce à l’investissement émotionnel dans ce genre de relation, un rappel est plus crédible : en rappelant pour consoler quelqu’un par exemple, il est plus facile de faire confiance à un frère ou un ami tout comme un rappel qui critique est atténué dans le cadre de ce genre de relation. De plus, un proche a des connaissances biographiques sur le destinataire, donc est mieux situé pour pouvoir rappeler, que ce soit un engagement pris ou une expérience passée. Selon les anglophones, les rappels d’un proche sont perçus comme étant plus positifs que ceux d’une personne en position d’autorité.

Dans tous les cas, pour les anglophones un rappel est plus acceptable si le destinataire a véritablement oublié quelque chose : « It’s likely more alright if being reminded of a previous commitment you had genuinely forgotten about » ou si le destinataire a demandé à se faire rappeler quelque chose : « reminders are most appropriate and well-received when someone asks to be reminded later. They can be taken as criticism if not asked for and a repeated recalling of something neglected ». Comme l’expriment ces commentaires, un rappel est menaçant parce qu’il peut remettre en question le bon sens du destinataire, en le critiquant.

Le potentiel menaçant de l’acte rappeler est également ressenti en français. Un participant francophone a souligné un élément contribuant a ce potentiel menaçant ainsi : « Il y a beaucoup de contextes possibles mais un rappel met en évidence le fait que la personne essayant de me rappeler quelque chose pense que j’ai oublié cette chose, ce qui est énervant (surtout lorsque c'est vrai) ». De cette façon, la face positive, l’image de soi que le destinataire souhaite afficher en public, est remise en question. Il doit avouer l’oubli, donc une faiblesse.

Les deux situations évoquées par les participants, l’une avec différence de pouvoir entre SP et D et l’autre avec une relation proche, peuvent être vécues comme une menace.

Dans cet exposé, où nous nous sommes principalement intéressée à la manière dont l’acte rappeler/remind, potentiellement menaçant, est vécu par le destinataire, nous avons proposé une description de cet acte illocutionnaire grâce au discours lexicographique et à une étude de la situation. Les participants de notre étude préliminaire ont confirmé notre représentation de cet acte illocutionnaire et nous ont apporté plus d’informations concernant le contenu du rappel, sa nature menaçante et le contexte du rappel.

En français, il semblerait que l’acte rappeler soit plus associé au non-respect des règles, donc à une obligation imposée par une autorité (gouvernement, responsable, professeur, etc.). Cet acte peut servir d’avertissement, en soulignant la nécessité de respecter des consignes ou de devoir en subir les conséquences. Les deux faces du destinataire sont potentiellement menacées par cet acte : la face négative, car il y a une contrainte dans la liberté d’action du destinataire, s’il veut respecter cette obligation imposée, et la face positive, puisque chaque personne devrait connaître ses obligations, et le fait de devoir les rappeler à quelqu’un souligne une faiblesse chez cette personne, un manque de bon sens.

Les anglophones décrivent une association différente des francophones. L’acte remind est plus souvent associé au non-respect d’un engagement personnel. Le potentiel de menace à la face négative est semblable à celui de l’acte rappeler : en prenant en compte le rappel, le destinataire est obligé de changer son comportement, donc est limité dans ses actions. Quant à la face positive, il s’agit d’une question de responsabilité. Lors d’un engagement, on s’engage à faire quelque chose et, si on l’oublie, cela démontre un manque de sérieux, un manque de responsabilité.

Un autre contraste souligné par notre étude concerne le potentiel rassurant de l’acte remind. En anglais, lorsqu’il s’agit d’un rappel effectué par une personne de confiance appartenant à la sphère intime, il y a plus de chances que ce rappel soit conçu comme quelque chose de positif. Cette distinction était moins présente en français.

Grâce à cette étude préliminaire, nous avons pu avoir une première confirmation de notre représentation proposée dans les figures 1 et 2. Afin de la valider, il est nécessaire d’effectuer une étude de plus grande envergure en s’assurant d’une distribution de participants plus équilibrée entre les deux sexes et entre les deux langues.



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Notes de bas de page


1 Grand Larousse de la langue française (1972), Le Grand Robert de la langue française, deuxième édition (2001) et Le Trésor de la langue française informatisé (consulté en ligne).
2 Cambridge Academic Content Dictionary (consulté en ligne), The Free Dictionary (consulté en ligne), Longman Language Activator (1993), The Oxford English Dictionary, Second Edition (1989), Webster’s Third New International Dictionary (1986).



Pour citer cet article


DOYLE-LERAT Stephanie. N’oubliez pas ! Don’t forget! Une étude comparative des actes rappeler et remind. Signes, Discours et Sociétés [en ligne], Sémantique des Possibles Argumentatifs et Analyse Linguistique du Discours. Hommage à Olga Galatanu, 15 janvier 2015. Disponible sur Internet : http://www.revue-signes.info/document.php?id=3890. ISSN 1308-8378.




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