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Sémantique des Possibles Argumentatifs et Analyse Linguistique du Discours. Hommage à Olga Galatanu > Section 1. SPA, ALD et étude de la construction discursive des représentations

Article
Publié : 15 janvier 2015

Axiologisation discursive de représentations identitaires : le cas de la chanson engagée « Dans la jungle » de Renaud Séchan


Juan Pablo PRIETO, Doctorant, CoDiRe-EA4643, Université de Nantes (France), prietoguzmanjuanpablo@yahoo.fr

Résumé

Conformément au modèle d’Analyse Linguistique du Discours (ALD) de Galatanu, nous étudions des formes linguistiques porteuses de valeurs argumentatives, lesquelles sont orientées vers des pôles axiologiques (positif/négatif) par le contenu modal du discours. Plus précisément, nous étudions les valeurs modales (ontologiques, jugements de vérité, axiologiques) convoquées par Renaud dans sa chanson Dans la jungle. À travers l’application du modèle, nous étudions l’incidence de ces valeurs sur la construction des représentations identitaires des sujets dépeints dans sa chanson. Ainsi, nous étudions l’orientation argumentative du discours du chanteur, selon des critères d’objectivation et de subjectivation qui sont liés à la signification des formes modales, dans leur environnement sémantique et pragmatique. Cette perspective d’analyse se situe à l’interface de la sémantique argumentative et de l’analyse du discours et s’associe à une perspective de recherche sur les représentations du monde, perçues, construites et orientées par le contenu modal linguistique du discours – perspective propre à la proposition faite par Galatanu.

Abstract

According to the model of Linguistic Discourse Analysis proposed by Galatanu, we study linguistic forms that contain argumentative values. These values are oriented towards the axiological poles (positive/ negative) by the modal content of discourse. More specifically, we are studying the modal values (ontological, truth judgement, axiological) that are evoked by Renaud in his song “Dans la Jungle”. The application of this linguistic model allows us to study the incidence of these values on the construction of identity representations of the subjects portrayed in his song. Thus, we study the argumentative orientation of his discourse using criteria of objectivity and subjectivity, which are congruent with the meaning of modal forms in their semantic and pragmatic environments. This analytical perspective is at the interface of argumentative semantics and discourse analysis and it can be associated with a research perspective on the representations of the world, perceived, constructed and oriented by the linguistic modal content discourse – a view which corresponds to Galatanu’s proposal.


Table des matières

Texte intégral

Notre propos comporte quatre objectifs.

En premier lieu, réaliser une application du modèle d’Analyse Linguistique du Discours selon le projet de Galatanu : « une étude à la fois qualitative et quantitative visant à repérer et ‘calculer’ les tendances de subjectivation / objectivation du discours au travers des valeurs modales convoquées et des formes modales mobilisées » (Galatanu 2000a : 92).

En deuxième lieu, proposer d’intégrer l’approche systémique à l’approche analytique afin d’étudier les valeurs modales sous forme de vecteurs dans un diagramme permettant de représenter des interrelations entre les quatre zones modales (Ontologique, Jugement de vérité, Axiologique, Finalisante). Du point de vue de notre méthodologie, les vecteurs dans les diagrammes nous permettent de traiter de manière condensée les formes modales réunies dans un espace réduit, qui ont été étudiées auparavant dans la grille d’analyse proposée par Galatanu. Nous repérons la tendance subjective/objective du discours et nous comprenons les relations qui existent entre les valeurs de chaque zone et leur inter-contamination modale dans le discours. Le modèle d’analyse que nous utilisons est proposé par Galatanu. Notre apport méthodologique est une position personnelle qui se veut être une façon de faire face à la problématique analytique, qui pourrait convenir par exemple à des étudiants de Master en vue d’acquérir une base méthodologique. De la sorte, notre intention à travers cet article est de nous adresser non seulement à un public expert, mais à tous ceux qui sont en train de découvrir le modèle et qui éprouvent les mêmes difficultés que nous avons éprouvées lors de notre initiation aux Possibles Argumentatifs.

En troisième lieu, nous nous proposons d’étudier la modalisation discursive de représentations construites par Renaud Séchan sur Ingrid Betancourt et les FARC dans sa chanson Dans la jungle. La réflexion autour de la question de la modalisation et des modalités au sein de la Sémantique des Possibles Argumentatifs (SPA) répond aux objectifs d’une Analyse Linguistique du Discours (ALD). Pour justifier l’étude de la modalisation sous cette perspective d’analyse, Galatanu propose d’étudier des mécanismes langagiers : des ‘mécanismes sémantico-discursifs’ et des ‘mécanismes pragmatico-discursifs’ qui habilitent la parole dans la construction du sens, qui est fondamentalement argumentatif et modal. (Galatanu 2000a : 81 ; 2007 : 317). Sur la base du modèle SPA, nous sollicitons la définition de la modalisation donnée par Galatanu comme le principe théorique de notre analyse : « l’inscription dans l’énoncé, par une marque (forme) linguistique, de l’attitude du sujet parlant (communiquant) à l’égard du contenu de cet énoncé et à l’égard de la fonction qu’il est censé avoir dans l’interaction verbale dont il participe » (Galatanu 2000a : 82).

Finalement, étant donné que la fonction de la langue est de représenter la pensée, notre réflexion se situe au niveau des représentations du monde perçues, construites et orientées par le contenu modal linguistique du discours. Ces objectifs sont en accord avec le modèle théorique proposé par Olga Galatanu, dont l’application que nous faisons vise à apporter aussi une réflexion sur la conceptualisation des zones modales à travers l’analyse des valeurs modales des mots étudiés. Pour ce faire, nous partons de la conviction que la théorie s’enrichit en fonction de son application visant la résolution des problèmes d’analyse. Il ne s’agit pas de faire une simple illustration d’application de l’ALD, mais aussi de montrer que le modèle peut s’enrichir conceptuellement grâce à ses objectifs en tant que méthode, c’est-à-dire grâce à son application.

La chanson étudiée appartient à l’auteur, compositeur et interprète français Renaud Séchan. Nous étudions la construction identitaire qu’il fait d’Ingrid Betancourt et des FARC dans son discours. Cette chanson nous sert d’objet de réflexion sur l’interrelation discursive qui existe entre les formes linguistiques à travers la contamination sémantique des représentations. Nous décrivons les valeurs modales de certaines formes linguistiques afin de comprendre l’orientation argumentative du discours de la chanson de Renaud. La conceptualisation de chaque valeur dans une zone modale contribue à la compréhension des enjeux de la modalisation discursive et de l’analyse linguistique du discours.

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Tableau 1. Paroles de la chanson « Dans la Jungle » (Renaud 2005)

 

Les lexies prises en considération pour l’analyse des valeurs modales sont rehaussées en gras (nous tenons compte seulement de la première occurrence de chaque lexie). Ces éléments ont une fonction d’objectivation et de subjectivation dans le discours. Pour analyser la signification et les valeurs modales des 70 formes linguistiques relevées dans la chanson, nous nous servons du dictionnaire Le Trésor de la Langue Française informatisé (TLFi) et nous tenons compte de l’environnement sémantico-discursif de chaque forme, ainsi que de l’environnement pragmatico-discursif (cf. Annexe 2 : lettre de Renaud au journal Le Monde). Notre étude ne prétend pas l’exhaustivité à ce niveau, elle représente plutôt un exemple d’application de la méthode conformément aux objectifs décrits dans l’introduction ; c’est pourquoi, à notre avis, les lexies soulignées et l’emploi d’un seul dictionnaire suffisent aux propos de cet article, qui ne prétend pas mettre sous un nouveau jour l’ALD.

Dans l’ALD proposée par Galatanu, le contenu modal est traité au moyen d’une grille d’analyse (cf. Annexe 1), qui inscrit quatre zones modales1 : Ontologique, Jugement de Vérité, Axiologique et Finalisante :

« […] l’évaluation du contenu propositionnel […] se réalise à travers quatre classes d’attitudes modales :

 l’appréhension ou la perception (au sens vieilli du mot) du fonctionnement des lois naturelles (valeurs aléthiques : <nécessaire>, <impossible>, <possible>, <aléatoire>) et des ‘lois’, normes ou règles sociales (valeurs déontiques : <obligatoire>, <interdit>, <permis>, <facultatif>).
Cette zone modale est celle de valeurs existentielles (relatives à la perception de l’existence du monde naturel et de la société, tels qu’ils sont représentés dans et par le discours), des valeurs ontologiques.

― le jugement de vérité : valeurs épistémiques et valeurs doxologiques, qui, convoquées dans le discours, contribuent à la construction d’une représentation du monde, tel que le sujet parlant le pense ou le reconnaît […]

 le jugement axiologique : valeurs esthétiques, intellectuelles (la préférence intellectuelle), pragmatiques, hédoniques, affectives, éthiques-morales » (Galatanu 2000a : 91 ; 2003 : 218)

La disposition des valeurs modales se fait sur un ‘axe graduel’ (cf. Galatanu 2000a : 91 ; 2003 : 218) :

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Figure 1. Schéma des valeurs modales par Galatanu

 

La flèche vers le haut représente l’objectivation et vers le bas, la subjectivation dans le discours. Un exemple tiré du premier paragraphe de la chanson (lignes 1-4) nous donne un aperçu de l’emploi de la grille d’analyse. Cette brève illustration est destinée aux lecteurs qui ne sont pas familiarisés avec cet outil d’analyse.

Trois années dans la jungle 
Ligotée, bâillonnée 
Entourée de ces dingues 
Ces doux illuminés 

D’une part, les mots ligotée et bâillonnée sont associés à Ingrid Betancourt. D’autre part, les mots dingues et illuminés ont des effets modalisants sur la représentation du groupe armé FARC.

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Tableau 2. Emploi de la grille d’analyse : illustration de la zone axiologique

 

Ce qu’illustre le tableau 2 dans la grille d’analyse proposée par Galatanu est l’environnement sémantique et pragmatique des énoncés qui nous permet d’observer les effets modaux d’une forme linguistique dans le discours. Nous présentons, ici, uniquement la zone axiologique. La méthodologie consiste à étudier la définition de chaque mot dans les articles du dictionnaire. Ensuite, il s’agit de comparer les différentes acceptions du mot avec son contexte discursif dans un corpus ou un texte. Par exemple, l’acception « Lier avec une corde ou une ficelle du nom de ligot. » (TLFi : A. Argot) correspond à la signification de la lexie ligotée dans le contexte sémantico-discursif de l’énonciation. Si l’on observe l’extrait de la grille correspondant à la zone axiologique (tableau 2), ligotée est une forme linguistique appartenant à la <modalité de re>, sous l’étiquette <verbale>. Sa valeur s’inscrit dans la zone modale de l’<axiologique> où elle active des valeurs <affectives> et <hédoniques> à la fois. D’après son environnement sémantique, elle a une visée argumentative <négative>, symbolisée par un trait entre parenthèses (–). Le potentiel argumentatif du mot ligotée réalise un mouvement de subjectivation. La lexie bâillonnée : « Empêcher quelqu’un de s’exprimer, restreindre la liberté d’expression de quelqu’un ou de quelque chose » (TLFi : A. 2. Au fig.) active les mêmes valeurs que ligotée. Dans l’environnement discursif du paragraphe analysé, les deux lexies sont placées dans un rapport d’égalité dans la phrase. Quant au mot dingues : « Aliéné mental (A. Arg. des hôpitaux). Fou, folle (B. Usuel) », c’est un élément inscrit dans la forme modale <de re> et sous l’étiquette <nominale>, il active des valeurs <éthiques-morales> et <intellectuelles> dans la zone modale <axiologique>, la visée de la signification de cette valeur dans le contexte énonciatif a une orientation négative. En ce qui concerne la lexie illuminés : « Qui est complètement soumis à une idée ou à une influence sans faire preuve de sens critique à son égard » (TLFi : II. B. 4. a), elle s’inscrit dans deux zones modales. D’une part, dans la zone du JUGEMENT DE VÉRITÉ (valeur <doxologique>) et d’autre part, dans la zone de l’AXIOLOGIQUE (valeurs <éthiques-morales> et <intellectuelles> ayant une visée négative).

Selon notre interprétation de la théorie et en accord avec notre deuxième objectif, nous voyons dans le mouvement de l’axe graduel une incidence des valeurs modales que nous organisons sous forme de vecteurs pour représenter les critères d’objectivité et de subjectivité. Ces critères, selon Galatanu, sont inhérents à la conceptualisation théorique faite autour des valeurs modales et ils sont mobilisés par la signification des formes modales dans leurs environnements sémantiques et pragmatiques. Dans ce qui suit, notre choix de disposer les zones modales en une structure systémique a comme finalité de répondre à un besoin d’organisation pour analyser les formes linguistiques et leurs valeurs. Surtout, cette disposition est pratique pour le traitement quantitatif des formes linguistiques. Il ne s’agit pas seulement de montrer des proportions entre une catégorie de la modalité et une autre, mais aussi de rendre claire dans un espace plus réduit la fonction des formes linguistiques et leurs interrelations. Il faut voir dans notre diagramme un résultat de la grille d’analyse proposée par Galatanu. C’est-à-dire un deuxième niveau du traitement de l’information. L’approche systémique est un outil de travail qui ne remplace pas d’autres outils, mais qui peut élargir les possibilités d’analyse. Enfin, les zones modales Ontologique, Jugement de vérité, Axiologique et Finalisante sont énumérées respectivement I, II, III et IV. Cette énumération permet de garder l’idée d’une lecture axiale de la grille d’origine.

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Figure 2. Structure systémique

 

Ce diagramme nous permet de représenter des interrelations entre les quatre zones modales. La ligne droite, de la grille de Galatanu, est transformée en vecteurs. Ces vecteurs représentent donc un mouvement d’objectivation-subjectivation ou de subjectivation-objectivation.

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Figure 3. Proportion des formes modales dans les quatre zones

 

La zone ombrée (III) dans la figure 3 décrit une concurrence plus importante des formes linguistiques dans cette zone modale. Cette structure systémique nous permet d’exposer les formes de manière condensée. Qui plus est, cette disposition montre sous l’effet d’un coup d’œil tous les éléments relevés de notre corpus et leurs corrélations existant au sein des quatre zones modales.

Appliqué au texte que nous analysons, ce schéma montre une accumulation des formes linguistiques utilisées par Renaud dans sa chanson majoritairement dans la zone de l’axiologique, représentant dans le système modal ainsi organisé, un mouvement dominant vers la subjectivation du discours (tableau 3).

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Tableau 3. Formes linguistiques et valeurs modales mobilisées dans la chanson

 

Dans ce tableau, conformément à la grille de Galatanu, il est possible d’identifier les valeurs modales véhiculées par les mots étudiés dans la chanson Dans la jungle. Par exemple, à partir de ce tableau, on peut associer le mot bâillonnée à la valeur axiologique (étique-moral négative, intellectuelle négative, affective négative, hédonique négative). Par la suite, nous étudierons la signification de ces formes. On peut les consulter dans leur contexte sémantique, plus haut, dans le tableau 1. Les commentaires ou interprétations qui suivent sont liés à nos deux derniers objectifs : la contamination modale dans la construction des représentations d’Ingrid Betancourt et des FARC dans la chanson de Renaud. Ces interprétations aboutiront à la configuration des représentations identitaires des objets de référence inscrits dans sa chanson. Nous présentons les mots accompagnés du numéro de ligne correspondant au tableau 1 et suivis de leur définition et d’une interprétation de leur signification qui nous a servi à déterminer leurs valeurs modales (tableau 3). Dans les exemples ci-dessous, nous présentons uniquement nos commentaires. L’ensemble des définitions et des interprétations de ces formes linguistiques se trouve dans l’Annexe 3.

  • bâillonnée (ligne 2) : empêcher l’expression de la pensée a des conséquences sur l’existence et les lois sociales. La liberté d’expression est une liberté politique acquise. Le processus de déontologisation réunit en soi un système de valeurs axiologiques. La liberté d’expression conçue comme un droit par la société est donnée comme une possibilité d’action positive. Forcer quelqu’un au silence est un acte jugé éthiquement et moralement négatif et est une expérience physique négative pour l’individu. L’expression est une capacité intellectuelle. La restriction de cette liberté peut produire des conséquences négatives sur le système psychologique d’une personne.

  • prisonnière (ligne 5) : Étant prisonnière d’un groupe armé non gouvernemental, la déontologisation a lieu parce que la personne est privée du droit de liberté. L’acte de rétention est la cause du jugement éthique et moral négatif, ayant des conséquences de même nature sur les valeurs affectives et hédoniques.

  • liberté (ligne 10) : la liberté et le droit en tant que valeurs morales sont des éléments objectivants. « On peut dans cette catégorie [valeurs morales] ajouter les valeurs morales qui ont une dimension politique forte : la liberté, l’égalité, la fraternité, la solidarité, la suprématie du droit etc. » (cf. l’article « La primauté des valeurs » sur le site Philosophie-Spiritualite.com). Leur tendance objectivante s’accroît par un processus de déontologisation. Les dimensions politiques et juridiques de la signification de liberté rendent sa signification plus objective à travers un processus aléthique de ses valeurs morales et éthiques : la liberté est un état (en parlant d’une personne).

  • droit (ligne 10) : le droit régit les libertés, les valeurs morales et déontologiques sont étroitement liées dans la signification du mot ‘droit’.

« Sur le plan de la morale d’abord, il convient de souligner l’irruption des valeurs dans le droit que manifeste la multiplication des règles déontologiques : valeurs de loyauté, d’intégrité, de conscience... Cette entrée en force des valeurs peut contribuer à contrebalancer le caractère instrumental et techniciste du droit. Toutefois, ce trait ne doit pas être accentué. Ripert a depuis longtemps souligné l’importance de La règle morale dans les obligations civiles. Les interrogations actuelles sur l’éthique en matière biomédicales vont dans le même sens. […] la déontologie, […] constituant certainement l’exemple le plus flagrant de chevauchement du droit et de la morale. » (Decoopman 1989 : 88).

  • justice (ligne 12) : le mot justice inscrit dans sa signification plusieurs valeurs modales accordées par des « principes philosophiques, juridiques et moraux » (Wuhl 2002). En principe, ces valeurs circulent entre l’éthique-moral, le déontique et le doxologique. Mais on peut considérer que la valeur éthique-morale est fortement doxologisée par des croyances religieuses, philosophiques et politiques. C’est par un processus de déontologisation et par l’appropriation des valeurs doxologiques que l’individu construit ses représentations sur ‘le bien’ et ‘le mal’. Elles dépendent des conditions naturelles et existentielles de l’individu, de son groupe et de sa société. Dans la même ligne de pensée, le processus de déontologisation conditionne les valeurs existentielles, gérées sous le regard du droit, qui régit la connaissance et le jugement du ‘bien’ et du ‘mal’ de l’individu :

« I also suppose that men suffer from various shortcomings of knowledge, thought, and judgment. Their knowledge is necessarily incomplete, their powers of reasoning, memory, and attention are always limited, and their judgment is likely to be distorted by anxiety, bias, and a preoccupation with their own affairs. Some of these defects spring from moral faults, from selfish-ness and negligence; but to a large degree, they are simply part of men’s natural situation. As a consequence individuals not only have different plans of life but there exists a diversity of philosophical and religious belief, and of political and social doctrines.  » (Rawls 1999 : 110).

  • s’en prenant à (ligne 12) : si la valeur de justice est quant à elle objectivante, l’association représentationnelle de cracher sur modalise le discours objectif vers une subjectivation axiale descendante, rendant clairement le discours subjectivant. Il ne s’agit pas de parler de ‘la justice’ mais des conditions existentielles de Betancourt. L’objectivation n’est pas transparente. On observe un flux objectif dans la zone ontologique qui est véhiculé, nécessairement, par les croyances et les connaissances que possède l’auteur de la chanson sur le conflit armé colombien et l’information dont il dispose à propos de Betancourt et des FARC. Son propre jugement éthique-moral (puisqu’il s’agit de son discours) contamine des valeurs affectives et hédoniques ses représentations sur Betancourt et sur les FARC. La réalité de l’auteur prime sur les faits objectifs de la problématique.

  • Staline, Mao, Rimbaud (lignes 25-28), Che Guevara (ligne 31) : Il y a une mise en opposition de valeurs <doxologiques> avec Staline et Mao, d’une part, et <esthétiques> avec Rimbaud, d’autre part. Ces valeurs sont associées aux FARC et à Betancourt, respectivement. S’agit-t-il d’opposer la doctrine communiste à la poésie en vue de porter un jugement éthique-moral sur le communisme ? L’intention de l’énonciateur est-elle uniquement de caractériser le système de croyances des FARC et de Betancourt ? L’intention de ces associations est-elle de déterminer une différence des valeurs entre la pensée maoïste, staliniste et l’iconographie révolutionnaire du Che Guevara ? Ce dont nous pouvons être sûrs est que ces associations reflètent une suprématie de la valeur esthétique sur la valeur doxologique. L’opposition entre l’esthétique et le doxologique rend, dans ce cas-là, le premier positif et le deuxième négatif. On remarquera que l’énonciateur (Renaud) inscrit sa pensée dans les croyances véhiculées par les représentations du sujet Che Guevara qu’il considère porteur de lumière (ligne 32) [« Ce qui éclaire l'esprit. » (B.− Au fig. 1.)]. L’énonciateur (moi, ligne 29) suppose (j’imagine, ligne 27) que Betancourt (tu, ligne 30) adhère, comme lui, au même système de valeurs doxologiques véhiculées par l’iconographie guévariste. Il exclut, à travers l’emploi du verbe croire à l’imparfait, les FARC de la symbolique guévariste et y inscrit Betancourt. Il associe Betancourt à Rimbaud et les FARC à Staline et Mao. Ainsi, l’association se présente sous forme d’opposition entre les FARC donc Staline/ donc Mao/ mais non Rimbaud et Betancourt donc Rimbaud/ mais non Staline/ non Mao. Selon cette proposition les FARC ne sont pas les ‘fils de Che Guevara’ mais les ‘fils’ des idéologies staliniste et maoïste « Qui te citent Staline, Ou te lisent Mao » (lignes 25-26). Cette proposition est indépendante des conditions de vérité qui imposent la réalité des faits historiques qui entourent la naissance des FARC. En outre, les noms de Staline, Mao et Che Guevara véhiculent des croyances ou des savoirs (valeurs doxologiques) qui éveillent chez les auditeurs (tous ceux qui entendent la chanson) des représentations sur des positions et des pratiques politiques historiquement porteuses de valeurs, positives ou négatives, qui s’inscrivent dans les quatre zones modales. Et qui véhiculent, surtout, des valeurs éthiques-morales et pragmatiques. Ceci constitue une évaluation argumentative de la part de Renaud qui oriente l’opinion des auditeurs vers des pôles axiologiques. Enfin, nous limiterons la portée des valeurs modales de ces lexies, dans le corpus, aux valeurs <doxologiques>, <éthiques-morales> et <esthétiques> pour les inscrire dans la grille d’analyse.

La lecture et l’étude de la totalité de nos interprétations permettent de mieux comprendre la configuration des représentations identitaires des sujets concernés par la chanson de Renaud :

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Tableau 4. Reconstruction des représentations identitaires des sujets désignés par la chanson

 

Selon Galatanu, l’étude de l’énonciation implique l’observation des marques laissées dans les énoncés par l’acte de production du sujet énonciateur. La lettre envoyée par Renaud au journal Le Monde (cf. Annexe 2) constitue à nos yeux une prise de position du contenu propositionnel de sa chanson : elle montre la transparence de ‘l’attitude du sujet parlant à l’égard du contenu de son énoncé’, qui justifie l’analyse de notre corpus.

L’argumentation et l’attitude du sujet communicant à son égard construisent, chez les auditeurs, des représentations à propos des allocutaires et des référents (impliqués dans son discours). Cette argumentation oriente positivement la perception d’Ingrid Betancourt et négativement la perception des FARC. Le sujet Président est moins caractérisé que les deux premiers. Le sujet narcotrafiquants est modalisé uniquement par la représentation tribut. Mais l’association n’est pas très claire, car le mot tribut est suivi du mot président. Nous avons caractérisé ces représentations dans le tableau 4. Dans la chanson, les principaux « allocutaires » (Ducrot 1995 : 729) sont Ingrid Betancourt et son double ennemi (lignes 53-56), d’une part, ceux qui l’ont faite prisonnière (que l’on peut aisément interpréter comme étant les FARC) et, d’autre part, la corruption représentée par les narcotrafiquants (ligne 49) et par l’ancien président (ligne 51) de la Colombie, Alvaro Uribe Velez. Dans tous les cas, la chanson cherche à valoriser Ingrid Betancourt et à dévaloriser les FARC à travers des valeurs modales d’une grande intensité subjective. Le recours aux formes linguistiques liberté, droit, justice, femme, Staline, Mao, Rimbaud, croire, Che Guevara, président, porteuses des valeurs objectivantes (déontique, aléthique, doxologique), ne constitue pas une marque d’objectivité. Au contraire, en étant axiologisées par les associations discursives, ces formes linguistiques contribuent à intensifier la subjectivation du discours. C’est pourquoi nous pensons que Renaud (le sujet communicant) oriente, intentionnellement, à travers ses arguments, l’opinion que peut se faire l’auditoire sur Ingrid Betancourt et sur les FARC.

Nos objectifs visaient, comme résultat de l’analyse, la description des représentations identitaires des sujets concernés par la chanson de Renaud Dans la jungle. Ainsi, nous avons reconstruit les représentations sur Ingrid Betancourt, les FARC, l’ex-président Uribe Velez et les narcotrafiquants colombiens, véhiculées par le discours de la chanson. En ce sens, l’étude a fait usage de l’ALD pour résoudre des problèmes spécifiques aux besoins de l’analyse discursive. L’application du modèle a fait apparaître l’attitude du sujet communicant, qui inscrit dans son discours différentes formes de valeurs modalisantes. En outre, la disposition systémique nous a servi, à titre personnel, en tant qu’outil d’organisation et d’interprétation. Nous espérons que le lecteur trouvera nos commentaires d’analyse, des formes linguistiques étudiées, utiles pour la conceptualisation et la compréhension du processus d’analyse.

Concernant l’ensemble de l’analyse, certains énoncés s’inscrivent dans les deux premières zones d’évaluation des valeurs : Ontologique et de Jugement de vérité. Le contenu de ces énoncés devrait permettre l’objectivation du discours de manière transparente. D’une part, les éléments qui circulent dans la valeur aléthique mobilisent une condition existentielle ‘nécessaire’ : « Qui est imposé, rigoureusement déterminé par la nature des choses ou par un état de fait » (TLFi : I. B. 1. b. α) et une condition existentielle ‘non nécessaire’ (ce qui est possible dans l’existence). En ce qui concerne les valeurs déontiques, on trouve des éléments construisant des représentations objectivantes, mais souvent modalisées par des éléments subjectivants. D’autre part, on remarque que les valeurs épistémiques sont moins présentes, dans le texte analysé, que les valeurs doxologiques (pour la description des zones modales, voir Galatanu 2000a, b, 2002b ; on trouvera une reprise de cette description dans Cozma 2009). De plus, l’emploi des formes linguistiques objectivantes invoquent des valeurs très subjectivantes, car les premières sont modalisées par la langue à travers d’autres formes linguistiques porteuses des valeurs axiologiques. La subjectivité fait de l’ombre à l’objectivité. De ce fait, les paroles de la chanson sont emplies et parsemées d’éléments évaluatifs subjectivants, qui ‘modalisent’ l’ancrage dénotatif (Barbier 2009 : § 2.2.) des représentations linguistiques (polarité positive/négative) et contribuent à ‘modéliser’ les représentations mentales ou cognitives que se font les auditeurs sur les référents, en créant de nouvelles représentations communes (vu qu’il s’agit d’une chanson qui a été largement médiatisée).

Les formes linguistiques analysées véhiculent une préférence positive/négative (Galatanu 2002a : 102-104). La prise en charge du discours par le sujet communicant permet de repérer, aussi, l’orientation positive ou négative de ces valeurs. À cet égard, telle orientation peut se considérer comme une argumentation. Autrement dit, l’ensemble des arguments exposés par le sujet communicant vise à persuader les auditeurs de quelque chose, car la polarité n’est pas bivalente. Elle est soit positive, soit négative. Si tel n’était pas le cas, l’inscription d’une bivalence positive-négative donnerait aux auditeurs le choix d’interpréter les éléments argumentatifs – selon leurs propres représentations sur les référents –, mais ces éléments sont orientés par la contamination sémantique dans les associations discursives réalisées par l’énonciateur, c’est-à-dire l’auteur de la chanson.

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Annexe 2. Lettre de Renaud au journal Le Monde (02 novembre 2005)

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Annexe 3. Définitions et interaction des valeurs modales des formes linguistiques

jungle (ligne 1) : [« Végétation épaisse et touffue. » (A. P. Ext.)] /// Sa valeur est aléthique dans son environnement sémantique proche, son stéréotype ‘hostilité’ est activé par les mots ‘ligotée’, ‘bâillonnée’, ‘dingues’, ‘illuminés’, ‘prisonnière’, ‘otage’, ‘guerre’, ‘s’en prenant à toi’, ‘méprissent’, ‘libre’ ‘liberté’, etc., lui conférant des valeurs axiologiques très subjectivantes.

ligotée (ligne 2) : [« Lier avec une corde ou une ficelle du nom de ligot. » (A. Argot)] /// Ce mot interagit avec la lexie liberté dans le déontique. Ses valeurs sont <éthiques-morales>, <affectives> et <hédoniques>, l’orientation argumentative est négative dans les trois cas.

bâillonnée (ligne 2) : [« Empêcher quelqu’un de s’exprimer, restreindre la liberté d’expression de quelqu’un ou de quelque chose » (A. 2. Au fig.)]

dingues (ligne 3) : « Aliéné mental. » (A. Arg. des hôpitaux), « Fou, folle. » (B. Usuel, adj.). /// Met en doute les facultés mentales et les capacités intellectuelles des individus dans le groupe FARC.

doux (ligne 4) : [« […] qui est d’un caractère facile […] » (I., B., 2., a), α))] /// Il est possible d’interpréter doux comme ‘caractère facile’ vu qu’il modalise la représentation illuminés : qui voudrait dire dans l’énonciation que le groupe des FARC ne fait pas preuve de pensée critique.

illuminés (ligne 4) : [« Qui est complètement soumis à une idée ou à une influence sans faire preuve de sens critique à son égard. » (II., B., 4., a))] /// La pensée critique est une faculté intellectuelle, qui recouvre des préoccupations épistémiques, doxologiques et pragmatiques. La pensée critique est une préférence et une pratique intellectuelle.

prisonnière (ligne 5) : [« Personne qui est maintenue dans un lieu où elle est privée de liberté d’action et de mouvement. » (I., B.)]

otage (ligne 6) : [« Personne dont on s’est emparé et qui est utilisée comme moyen de pression, de chantage. » (B. 1.)] /// Ce mot partage les valeurs de prisonnière.

précisément (ligne 6) : [« Avec précision, de façon précise, expressément. » (A.)] /// En tant qu’adverbe, il donne de la force à l’énoncé modalisant la valeur de prisonnière en l’associant à celle de otage. Ce qui donne plus de relief à l’argument.

triste (ligne 7) : [« [L’adj. caractérise non seulement un subst. de l’inanimé, parfois abstr., mais l’effet qu’il produit sur autrui; il est souvent antéposé et en fonction d’épithète] Qui engendre la tristesse, qui est dur à supporter, qui fait souffrir. » (B., 2, a)).] /// La représentation de triste modalise la valeur de guerre : la guerre qui engendre la tristesse. Les conséquences pragmatiques peuvent être interprétées comme négatives d’après la signification de tristesse. Sa valeur est affective.

guerre (ligne 7) : [« Situation conflictuelle entre deux ou plusieurs pays, états, groupes sociaux, individus, avec ou sans lutte armée. »] /// Le mot guerre est objectivant (<déontique>), mais son qualifiant triste le rend subjectivant (<pragmatique (–)>, <affective (–)>). Sa valeur est donc subjectivante et porte aussi un jugement éthique-moral négatif.

perdue (ligne 8) : [« Faire la preuve de son infériorité; cesser de maintenir un avantage, une supériorité. » (II., A., 1., d))] /// Les actions menées en vue de gagner une guerre deviennent inutiles si la guerre est perdue. Dans ce sens, la valeur pragmatique de cette lexie prend une visée négative.

voulaient (ligne 9) : [« Avoir l’intention déterminée d’obtenir quelque chose, souhaiter vivement quelque chose. » (I., A., 1., c), α))] /// Le complément d’objet direct désigné est un substantif. Le verbe vouloir s’inscrit dans la zone la plus subjectivante, sous la valeur volitive.

liberté (ligne 10) : [« État de celui, de ce qui n’est pas soumis à une ou des contrainte(s) externe(s). » (I.) ; « Degré d’indépendance que l’on juge normal et légitime pour le citoyen, le peuple, la nation et que l’on érige en valeur suprême, en idéal. » (1., A., 2., b))]

droit (ligne 10) : [« Fondement des règles régissant les rapports des hommes en société, et impliquant une répartition équitable des biens, des prérogatives et des libertés. » (I., A., 1.)]

Crachent sur (ligne 11) : [« Montrer son mépris pour quelqu’un ou pour quelque chose. Fam. Cracher sur. Mépriser ou dédaigner. » (A., 2., a))] /// « Crachent sur la justice, En s’en prenant à toi » : {‘Cracher sur la justice’ donc ‘mépriser la justice’}, {‘s’en prendre à Ingrid Betancourt’ donc ‘attaquer Ingrid Betancourt’} DONC {(cause) ‘attaquer Ingrid Betancourt’ donc (effet) ‘mépriser la justice’}. Cette association s’inscrit dans des valeurs <affectives> et <hédoniques>.

justice (ligne 12) : [« [Gén. avec l’art. déf., sans adj. ou compl. déterm.] Principe moral impliquant la conformité de la rétribution avec le mérite, le respect de ce qui est conforme au droit. » (A., 1.)]

S’en prenant à (ligne 12) : [« S’attaquer à quelque chose ou à quelqu’un en le rendant responsable de ce qui arrive. » (3e section. [Empl. pronom. N’ayant pas d’empl. trans. corresp.] I.)]

méprisent (ligne 13) : [« Faire peu de cas de quelque chose qui est ordinairement convoité ou qui a une grande importance. » (B., 2.).] /// Valeur <éthique-morale >.

vie (ligne 13) : [« Période allant de la naissance à la mort d’un être vivant. » (II.).] /// Valeur <aléthique>.

femme (ligne 14) : [« Être humain de sexe féminin. » (I.).] /// Valeur <aléthique>.

que tu es (ligne 14) : [« Être : I. [Affirme ce que quelqu’un ou quelque chose est, dans son essence, sa réalité, son apparence; ou sert à traduire une modalité de jugement sur quelqu’un ou quelque chose] A.− [Copule de prédicat attributif] 1. [L’attribut est un adj.] a) [Le suj. est un animé (divin, humain, animal)] » (2ème section)] /// Valeur <aléthique>.

victoire (ligne 16) : [« Succès remporté à l’issue d’un combat, d’une bataille, d’une guerre. » (A., 1.)] /// Valeur <pragmatique>.

fanée (ligne 16) : [« II.− Emploi adj. A.− Qui a perdu sa fraîcheur, son éclat. »] /// Valeur <esthétique>. Cet adjectif qualificatif du mot victoire modalise sa valeur déontique et l’inscrit dans l’aléthique. L’association inédite de ces deux mots (objectivant-subjectivant) comporte un jugement éthique et moral sur la base des valeurs doxologiques propres à l’énonciateur.

Libres (ligne 19) : [« Qui n’est pas retenu prisonnier; qui n’est pas détenu. » (I., A., 1., b))] /// Valeur <déontique>.

porte-flingues (ligne 23) : Le mot composé argotique n’est pas repéré dans le TLFi. Mais une simple recherche sur Google signale qu’il est utilisé pour désigner un ‘bandit’. Cet emploi permet d’inscrire sa valeur dans la zone modale axiologique : <éthique-morale (–)> et dans la valeur <intellectuelle (–)>.

lutte (ligne 33) : [« Opposition vive, conflit entre deux personnes ou deux groupes de personnes cherchant à faire triompher leurs intérêts, leurs idées, leur cause, à imposer leur volonté, leur suprématie. » (B., 1., a), Au fig.)] /// Le mot lutte est modalisé par les représentations des associations mal, haine (ligne 35) et dollars (ligne 36) ; l’adverbe surtout (ligne 36) accentue la modalisation au niveau de l’<éthique-moral> donnant une visée négative à la signification de lutte. La valeur <pragmatique (–)> est activée sur la base de la signification de la lexie lutte : action humaine. Les stéréotypes inscrits par l’énonciateur sont les associations : {‘lutte’ donc ‘mal’}, {‘lutte’ donc ‘haine’}, {‘lutte’ donc ‘dollars’}, les ‘dollars’ représentant le mal absolu (idée véhiculée par l’emploi adverbial surtout). Le ‘mal’ est représenté par la ‘lutte’ des FARC. Les valeurs que nous venons d’analyser sont subjectivantes.

croupissent (ligne 43) : [« Mener une existence morne et en particulier rester inactif, improductif, dans une stagnation intellectuelle. » (B., 1., a))] /// Valeurs <éthiques-morales (–)>, <intellectuelles (–)>, <affectives (–)>, <hédoniques (–)>.



Liste des références bibliographiques

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TLFiTrésor de la Langue Française informatisé [disponible en ligne : http://atilf.atilf.fr/].

Notes de bas de page


1 Voir aussi Cozma (2009 : 46, 134) pour une présentation des modalités selon Galatanu.



Pour citer cet article


PRIETO Juan Pablo. Axiologisation discursive de représentations identitaires : le cas de la chanson engagée « Dans la jungle » de Renaud Séchan. Signes, Discours et Sociétés [en ligne], Sémantique des Possibles Argumentatifs et Analyse Linguistique du Discours. Hommage à Olga Galatanu, 15 janvier 2015. Disponible sur Internet : http://www.revue-signes.info/document.php?id=3877. ISSN 1308-8378.




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Revue électronique internationale publiée par quatre universités partenaires : Galatasaray (Istanbul, Turquie), Ovidius (Constanta, Roumanie), Turku (Finlande) et Nantes (France) avec le soutien de l'Agence universitaire de la Francophonie (AUF)
ISSN 1308-8378