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1. Interculturalité et intercommunication

Article
Publié : 13 juin 2008

Allusions socio-culturelles et problèmes de traduction


Mioara CODLEANU, Maître de conférences, Faculté des Lettres, Université Ovidius de Constanta, Roumanie, mcodleanu@yahoo.fr

Résumé

L’intercommunication intra et interlinguale se réalise par le passage du sens à travers une zone de structuration commune qui se trouve entre les codes en contact. La compréhension du message implique, de la part du récepteur, l’identification et le décodage des informations de type socio-culturel contenues dans les allusions de toutes sortes.

Dans la traduction, cas particulier d’intercommunication, l’information spécifique véhiculée par les allusions de nature socio-culturelle est bloquée ou passe difficilement le filtre de la zone conceptuelle commune. Quels sont les facteurs qui bloquent l’accès au sens du texte source contenant ce type d’allusions? Quelle est la démarche du traducteur dans ce cas? Quelles sont les solutions adoptées et quels en sont les résultats?

Voilà une partie des questions auxquelles cet article se propose sinon de trouver une réponse, généralement acceptable, au moins d’offrir l’occasion d’être signalées et soumises à la réflexion.

Abstract

Intra and interlingual communication is realized by the transfert of meaning through a commun structured zone situated between the linguistic codes in contact. The message comprehension implies the identification and the decoding of the informations of socio-cultural type which are transmitted by the allusions of different kind.

In the particular case of intercommunication, which is the translation, the specific information transmitted by the allusion of socio-cultural nature is blocked or transgresses with difficulty the filter of thr commun conceptual zone.

Which are the factors that block the access to the meaning of the source text containingthis kind of allusion? Which is the method of the translation in this situation? Which are the adopted solutions and which are the results?

Those are some of the questions this article deals with in order to find if not a generally accepted answer, at least to offer the occasion of being pointed out and analyzed.


Table des matières

Texte intégral

Les systèmes linguistiques, considérés comme expression des univers conceptuels – physiques et sociaux – spécifiques dans lesquels évoluent les différentes communautés linguistiques,  connaissent des zones de diversification spécifique mises en évidence lors de la  traduction :

«La confrontation de deux langues naturelles dans le transfert des messages révèle d’une part une structuration générale commune qui permet la traduction et l’existence de zones faiblement idiomatisées et d’autre part des différences qui attirent des perturbations dans la transmission des données de l’expérience.» (T.Cristea, 1998:179)

Ces zones concentrent du point de vue lexical des termes ou des séquences qui véhiculent une charge socio-culturelle spécifique:

  • des termes ou des séquences à charge civilisationnelle qui renvoient à des particularités locales: coutumes, croyances, culture matérielle, des particularités géographiques, systèmes socio-politiques et administratifs spécifiques ou qui renferment des allusions de toutes sortes: littéraires, historiques, folkloriques, etc.

  • des termes ou des séquences à charge variétale diatopique, diastratique ou diachronique.

Dans la plupart des cas, ces structures marquées retrouvent dans la langue cible, la langue de la culture informée, des lacunes lexicales systémiques. (T. Cristea, 2000: 174-176 et 1982: 233)

Le terme charge socio-culturelle spécifique désigne, de manière générique, l'information de nature civilisationnelle, variétale ou complexe (civilisationnelle et variétale).

La charge véhiculée par les allusions de toutes sortes (littéraires, socio-historiques, etc.) qui fonctionnent à l'intérieur d'une communauté linguistique est, elle aussi, de nature civilisationnelle car elle exploite « la connaissance répandue dans le public de certains faits historiques, certaines valeurs culturelles et sociales.» (J.-P. Vinay et J. Darbelnet, 1977: 244)

Dans cet article nous nous interrogerons sur les problèmes posés par la traduction des textes qui renferment des allusions de nature socio-culturelle spécifique et plus précisément sur la transmission en TA (texte d'arrivée) de l’information spécifique véhiculée par les allusions de nature socio-culturelle contenues en TD (texte de départ).

Nous formulons l’hypothèse que les structures qui renferment des allusions socio-culturelles se comportent comme autant de termes civilisationnels et elles posent les mêmes problèmes de traduction que ces derniers.

Dans les dictionnaires l’allusion est définie comme «une manière d’éveiller l’idée d’une personne ou d’une chose sans en faire expressément mention» (LPR) ou comme «un type de métaphore énigmatique, dans lequel le comparant doit faire deviner le comparé en raison d’un ou de plusieurs éléments communs.» (H. Morier, 1961:86)

Sophie Moirand, met le mécanisme de l'allusion en rapport avec le fonctionnement des différentes formes de mémoire: sémantique, discursive, collective.

La mémoire réfère «autant à la faculté d’acquérir et de stocker des souvenirs qu’à l’opération de restitution des souvenirs ainsi qu’à l’ensemble des données que l’on a justement stockées «en mémoire». (S. Moirand, 2007: 9)

Faculté psycho-cognitive, la mémoire interdiscursive médiatique permet à un sujet de se remémorer un énoncé et de l’inscrire dans son discours, mais aussi de le reconnaître et de l’associer à d’autres énoncés ou d’autres images stockées en mémoire. C'est ainsi qu'elle relève d'un triple ancrage: « discursif en premier lieu, et donc historique, par les traces de ses propres inscriptions, mais également cognitif (pour ce qui est de la mémoire individuelle) et social (pour la part qui lui vient de la mémoire collective) ». (S. Moirand, 2007: 9)

Certains éléments textuels qui renferment des allusions fonctionnent comme «des indices déclencheurs d’associations avec des dires, savoirs, événements et représentations » tels qu‘ils sont reconstruits dans la mémoire de l’auteur du texte et de ceux qui le lisent: «L’allusion permet en effet le rappel des dires, des faits et des évènements, et donc des domaines de mémoire et de savoirs. Les traces d’allusion fonctionnent de ce fait comme autant d’indices de contextualisation.»  (S. Moirand, 2007:10)

Mais la mémoire collective n’est pas la même pour tous les groupes sociaux ce qui fait que le mécanisme mémoriel de l’allusion fonctionne différemment à l’intérieur même d’une communauté linguistique:

«On peut s’interroger sur les domaines de mémoire que certains mots font ainsi émerger: faisant appel à ceux d’une mémoire collective certes dans ses rapports à l’histoire ancienne ou à l’histoire récente de la France, le rappel fonctionne différemment selon les souvenirs emmagasinés par chacun, selon les situations ou les discours où on a rencontré le mot, ce qui nous ramène à l’ancrage discursif de la mémoire. L’inscription discursive d’une désignation ou d’une formulation n’appelle pas en mémoire les mêmes souvenirs pour tous, comme l’avait bien montré Halbxachs en distinguant les rôles des mémoires collectives de la mémoire individuelle.» (S. Moirand, 2007:10)

D’autant plus problématique est le fonctionnement de l’allusion dans des textes  qui sont lus par des personnes qui ne sont pas leurs destinataires initiaux et nous pensons surtout au cas des traductions (du roumain en français, ici). Dans ces cas, l’allusion contenue dans le texte s’inscrit dans la classe des éléments à charge socio-culturelle dont le transfert en langue cible (L’) est problématique car une simple traduction hétéronymique (si toutefois elle est possible) n'appellera pas en la mémoire des lecteurs du texte d'arrivée (TA) les souvenirs, les représentations ou les associations déclenchés par le texte de départ (TD) dans la mémoire de ses lecteurs.

Il y a des cas où certains termes ou séquences figées ou non-figées contenus dans le TD renferment des allusions socio-culturelles plus ou moins transparentes (allusions aux circonstances dans lesquelles ces séquences ont été produites et/ou donc à leur origine historique, sociale, littéraire, etc.), mais qui de toute façon peuvent obscurcir le TA. A force d’être toujours mises en rapport avec la même situation (ou le même type de situation) ces séquences finissent assez souvent, par devenir des formules réflexes et, ensuite, des idiotismes ou expressions métaphoriques.

Nous nous posons donc la question de savoir comment se fait l’accès au sens d’un texte traduit contenant une allusion socio-culturelle spécifique, pour le lecteur français,  compte tenu que ce dernier n'est pas le lecteur auquel le texte s'adresse initialement. Pour ce faire, nous avons étudié les différentes solutions traductives adoptées par les traducteurs dans le cas des textes contenant des termes et des séquences qui renferment des allusions que nous avons appelées socio-culturelles. Nous présenterons dans ce qui suit des solutions dans l'ordre de la complexité de l'intervention du traducteur: transfert direct, traduction hétéronymique ou littérale, traduction indirecte.

Les noms propres de personne, géographiques, d'institutions, etc. sont, dans la plupart des cas, transférés directement en langue cible (L'). Ces noms ont un fonctionnement référentiel mais peuvent également être accompagnés d'une série de connotations et renfermer des allusions difficilement transmissibles en L'. En certaines situations « le nom propre  peut perdre sa valeur dénominative pour prendre une valeur qualificative. » (M. Charolles, 2002: 69) Cette valeur qualificative est donnée par « l'ensemble des données se rapportant aux particuliers que les noms propres désignent. » (M. Charolles, 2002: 68)

Les noms propres ont donc un grand pouvoir d'évocation en dehors de leur fonction dénominative. Ils peuvent créer des associations d'esprit et des images. C'est ainsi qu'ils peuvent accumuler des informations plus ou moins connues par la communauté linguistique qui les utilise. Selon Jean-Louis Vaxelaire (2007) les noms propres ont un contenu sémantique et peuvent se charger de sèmes afférents socialement normés. Ces sèmes afférents sont plus ou moins partagés dans la culture d'origine. Ces traits ne sont activés dans la transmission du message que s'ils sont suffisamment partagés par les sujets communicants. D'autant plus, leur virtuème se transmet difficilement dans une culture autre que cette culture d'origine en fonction du degré de notoriété du référent désigné.

Soit par exemple (1)1 :

(1) Hanului îi zicea ”La Mihai Viteazul”, căci la intrare, pe peretele de afară străjuia zugrăvit pe un cal alb falnicul erou de la Călugăreni, cu barda amenințătoare în stînga. (V. Voiculescu)

On l'appelait l'hôtellerie de Mihai Viteazul¹ car à l'entrée, peint sur le mur extérieur, on y voyait le majestueux héros de Calugareni² qui montait la garde sur un cheval blanc brandissant de la main gauche sa hache menaçante.

¹ Voïévode valaque (1593-1601) qui est parvenu, pour une très brève période, à unifier le pays.

² Lieu d'une éclatante victoire de Mihai Viteazul sur les Turcs (1595)

En (1), le nom d'un des plus connus princes régnants des Pays Roumains, Mihai Viteazul (Michel le Brave), aussi bien que le nom de la localité (Calugareni) où il a obtenu l'une de ses victoires contre les Turcs, n'ont plus besoin d'explications supplémentaires pour le lecteur roumain. Par contre, le traducteur se rend compte que pour le lecteur français ces noms propres peuvent ne rien dire et il ajoute des explications en note en essayant de reconstruire une partie des associations que ces noms déclenchent à l'esprit du lecteur roumain.

Autre exemple :

(2) -Nu mă mai lăsaţi să-l pup, fraţilor, ne rugă, că-l trimit la Govora. (M. Caragiale)

Ne me laissez plus le baiser ainsi, mes amis, larmoyait-il, sinon je me te l’envoie à Govora¹.

¹station thermale où l’on soignait les maladies vénériennes

Le texte de (2) contient une séquence qui englobe un nom propre géographique, Govora, qui est le nom d'une ville d'eaux très connue en Roumanie pour ses eaux minérales et thermales. Le nom propre a été transféré directement avec une explication en note, explication qui n'existe pas dans le texte source car pour le lecteur roumain de l'époque  cette association entre le nom de la localité et son spécifique balnéaire se faisait sans problèmes. Notons, néanmoins, que la connotation contenue dans le texte et explicitée en note dans le texte cible ne fonctionne plus de nos jours pour tous les lecteurs roumains, ce qui signifie qu'il peut y avoir perte ou modification de l'allusion contenue par un terme ou séquence, d'une époque à l'autre.

Au niveau lexical, les unités mises en rapport par la traduction peuvent se trouver en relation d'hétéronymie. Les hétéronymes sont des équivalents de dictionnaire. La traduction hétéronymique ou littérale directe ou, encore, terme à terme, de certaines séquences est possible chaque fois que les systèmes des langues mises en contact par la traduction présentent une structuration lexico-sémantique commune.

Dans ce qui suit nous allons analyser les problèmes de traduction posés par certaines séquences (nom de fêtes, dates, expessions verbales) qui, tout en permettant une traduction hétéronymique pose des problèmes de sémantisation en L' à cause des allusions qu'elles renferment. Par exemple, les noms des fêtes religieuses et populaires des Roumains servent de jalons temporels dans une sorte de système secondaire de calcul du temps qui se superpose au calendrier officiel. Cette superposition des deux calendriers fonctionne dans le système conceptuel des Roumains ce qui fait que l’évocation du nom d'une fête éveille à l'esprit de l'interlocuteur roumain une série de connotations et de détails concernant la saison, la date, les événements saisonniers, rituels, coutumes, liés à la respective fête. Dans la traduction, ce système de connexions est neutralisé.

En (3) la fête mentionnée est célébrée, dans la tradition orthodoxe le jour de l'An (le 1er janvier):

(3) Umblasem o zi întreagă în ajunul sfîntului Vasile, ca să găsesc un iepure pentru Anul Nou. (M. Sadoveanu)

La veille de la St. Basile j'avais erré toute la journée en quête d'un lièvre pour le jour de l'an.

Pour le lecteur roumain, la fête des Archanges renvoie de manière exacte à la date du 8 novembre, date qui marque le passage de l'automne à l'hiver. C'est la période où les troupeaux de moutons descendent de la montagne,  se dirigent vers la plaine et s'installent dans les endroits où ils vont passer l'hiver. C'est aussi la période des transactions animalières. C'est ainsi que en (4) le personnage qui parle fait référence précise à une certaine époque de l'année ce qui permet à son interlocuteur de reconstituer la chronologie d'une série d'événements. La traduction hétéronymique (enrichie quand même d'un ajout « la fête ») perd cette précision:

(4) Către sfinții Arhangheli Mihail și Gavril, într-adevăr a făcut popas mai la vale, pe toloacă asemenea turmă cum a prubuluit nevasta. (M. Sadoveanu)

En effet, vers la fête des Saints Archanges Michel et Gabriel un troupeau tel que le décrivait la voyageuse a fait halte plus bas, sur le pré.

En (5) le nom de la fête sert aussi de jalon temporel, la référence étant très précise dans le texte, pour le lecteur roumain (le 23 avril) alors qu'en français cette référence est gommée:

(5) Se împlinesc 9 ani la Sf. Gheorghe de cînd a sărit ca o gaie asupra lui să-i vîre căngile în ochi și sub bărbie. (M. Sadoveanu)

Il y avait neuf ans à la Saint-Georges qu'un jour elle s'était jetée sur lui comme une harpie, prête à lui enfoncer ses griffes dans les yeux.

Les différentes dates qui jalonnent l'histoire d'un peuple évoquent d'habitude de manière directe l'événement qui a eu lieu à la date respective. Il est très fréquent, dans un texte ou un discours que l'on mentionne la date pour évoquer l'événement. Il est également vrai que le mécanisme de l'allusion se déclanche ou non en fonction du degré de notoriété de l'événement respectif et du savoir encyclopédique du lecteur/interlocuteur.

En (6) le personnage fait allusion aux événements historiques du 11 février 1866 quand le premier prince régnant de la Roumanie (nouvel Etat créé en 1859 par l'union de la Moldavie et de la Valachie) a été obligé d'abdiquer. Dans la traduction l'allusion ne se transmet pas.

(6) Cetățeanul: Nu sunt turmentat...(zîmbind) coană Joițico... Las' că ne cunoaștem... Mă cunoaște conu Zaharia de la 11 fevruarie... Nu e vorba, ținem la d. Nae Cațavencu... e din Soțietate... dar vorba e, eu alegător... eu ... (sughite) apropitar ... eu pentru cine votez?... (I.L. Caragiale)

L'élécteur: Je suis pas saoul... (souriant), m'ame Zoe... Dame, on se connaît! Et m'sieu Zacharie me connaît depuis le onze février... C'est vrai qu'on est pour M. Nae Catzavenco... il est de not' société... mais, avec tout ça, moi, électeur, moi, (hoquet) proprio, pour qui est-ce que je vote?

Si dans les exemples (3-6) le traducteur considère que la traduction hétéronymique transmet suffisamment d'information au lecteur français ou que le contexte récupère une partie de cette information, dans les exemples qui suivent (7-11) il se rend compte que la simple traduction hétéronymique de certaines séquences (parfaitement possible dans tous ces cas) neutralise le texte d'arrivée et le rend opaque car il y a une sorte de fracture dans la transmission du sens. Ces séquences contiennent des allusions à toutes sortes de coutumes, croyances et superstitions qui ne passent pas en L'.

Le lecteur français sent qu'il y a quelque chose qui lui échappe, des informations lui font défaut et le texte reste obscur. Il est nécessaire que des explicitations soient opérées et c'est ce que le traducteur fait en ajoutant des notes de bas de page ou à la fin du texte, comme en (7 infra). La note du traducteur reconstitue l'univers des croyances populaires des Roumains et résout le problème de la compréhension imparfaite.

En (7) le sens de la séquence en gras reste assez obscure même pour le lecteur roumain car la croyance populaire associée à la fête religieuse a une circulation restreinte. La note explicative offre au lecteur français des indices de lecture en signalant les connotations qui aident ainsi à la construction du sens de l'énoncé respectif en L':

(7) Ieșeau pepenii...Cerbul își făcuse nevoile în apă și probejenii chemau sumedenie de negustori, geambași și hoți la alte iarmaroace vestite ale țării. (V. Voiculescu)

Les melons commençaient à venir... Le cerf avait fait ses besoins dans l'eau ¹ et la fête de la Transfiguration faisait affluer marchands, maquignons et voleurs à une série de foires en renompar le pays.

¹ Croyance populaire  ayant trait au passage de l'été à l'automne, que marque traditionnellement la fête de la Transfiguration (le 6 août)

Le texte (8) évoque les habitudes alimentaires des Roumains et les plats à consommer « obligatoirement » à l'occasion des Pâques orthodoxes (des brioches spéciales, des oeufs peints et du gigot d'agneau). Il contient aussi une allusion à une coutume spécifique expliquée en note par le traducteur:     

(8) Boier Amza, în capul oaselor, odihnit și luminat, cerea să i se aducă apă caldă și prosopul pentru spălat, peria și pieptenele pentru dichisit și apoi numaidecît cafeaua cu lapte și cozonac, că îi e foame. La masă are să ciocnească ouă roșii și ar pofti puțin stufat de miel. (V. Voiculescu)

Le boyard Amza, assis sur son séant, la mine reposée et limpide, demandant qu'on lui apporte des serviettes et de l'eau chaude pour sa toilette, la brosse et le peigne pour se faire beau, et incontinent du café au lait et des brioches de Pâques, car il avait grand-faim. Au déjeuner il allait choquer des oeufs peints ¹ et avait bonne envie de goûter au gigot d'agneau.

¹ Coutume balkanique qui constitue à heurter les oeufs rougis et décorés l'un contre l'autre pour en casser la coquille avant de les manger.

En (9) l'un des personnages, la vieille femme, fait allusion à des croyances liées aux orages de la mi-juillet dont les éclairs et les tonnerres sont attribués au personnage biblique Elie, célébré dans la tradition orthodoxe le 20 juillet.

(9) - Cum de te-ai încumetat să faci calea pe jos, și încă pe arșița asta? O certară feciorii și nepoții. De ce n-ai stat acolo pe prispă?
- Da ce, era să vie sfîntul Ilie, cu carul lui, să mă aducă? Îi repezi bătrîna. Că i-am auzit tunetele mînioase. Am plecat și eu cum am putut, dacă voi nu m-ați luat. (V. Voiculescu)

- Comment donc, tu as fait tout le chemin à pied, et encore par cette chaleur? Ainsi la gourmandaient ses enfants et petits-enfants. Il fallait rester à la maison, sur le pas de la porte.
- J'aurais dû peut-être attendre que saint Elie m'y amène dans son char? Leur répliqua vertement la vieille. Parce que j'ai bien entendu ses coups de tonnerre furieux¹. J'ai marché comme j'ai pu, puisque vous n'avez pas songé à m'amener avec vous...

 ¹ Selon la tradition populaire, saint Elie (fêté le 20  juillet) a pour attributs le char de feu et le tonnerre.

En (10) il y a allusion à tout un système de superstitions populaires locales qui cherchaient à expliquer un autre phénomène naturel, les éclipses. La note du traducteur aide à reconstituer en L' ce système:

(10) - Și cum crezi sfinția ta că alungau aceștia vîrcolacii care le mîncau luna, precum și alți demoni ce-i necăjeau? (V. Voiculescu)

- Et devinez ce qu'ils faisaient, ces moines pour chasser les démons mangeurs de lune¹ ainsi que d'autres diables qui les tourmentaient?

¹ Selon la croyance populaire, ce sont les âmes des enfants morts sans baptême qui rongent la lune ou le soleil (lors des éclipses).

En (11) il y a allusion a une croyance  de large circulation régionale qui est expliquée en note par le traducteur:

(11) Atît i-a trebuit ctitorului: cum nu avea la îndemînă altă vietate, a luat cu o trestie măsura umbrei duhului rău și a zidit-o în temelia sfîntului locaș, spre veșnică trăinicie.

Notre fondateur n'attendait que ça: comme il n'avait pas sous la main d'autre être vivant ¹ il a pris à l'aide d'une baguette de jonc, la mesure de l'ombre du mauvais esprit et l'a fait murer dans les assises du saint édifice, en gage d'éternelle durée.

¹ Une tradition de construction pré-chrétienne veut que l'on enterre un être vivant dans les assises de tout édifice, afin que l'on en assure la durée (cf. la ballade Mesterul Manole – Maître Manole – relative à la construction du monastère Arges.

En (12), encore une fois il y a allusion à des croyances locales. La présence de l'allusion est marquée par le même type de fracture dans le sens du texte d'arivée qui a du mal a se construire:

(12) Într-o dimineață cucul cîntă de trei ori chiar în spatele chiliei cuviosului care pornea cu învățăcelul la biserică. (V. Voiculescu)
- Ne cîntă cucul în spate¹ băgă de seamă bătrînul.Gheorghe ciuli numai urechile.

Un beau matin, voilà que le coucou chanta par trois fois juste derrière la cellule du dévot père tandis que celui-ci s'apprêtait, suivi de son disciple, à se rendre à l'église.
-Tiens, le coucou qui nous chante dans le dos
¹ , remarqua le vieillard. Gheorghe dressa l'oreille, sans plus.

¹ Selon la tradition populaire, le chant du coucou est un présage à valeurs diverses suivant la direction d'où on l'entend.

En (13) la structure roumaine « a avea strungăreață » évoque une croyance populaire ressentie par le traducteur comme ayant un fort degré d'altérité d'autant plus que pour les Français cette même particularité physique renvoie à des croyances tout à fait différentes qui justifient le nom de « dents du bonheur ». Comme la périphrase explicative utilisée ne rend pas le TA moins opaque, le traducteur ajoute des explications en note pour reconstituer l'information culturelle:

(13) Avea apoi (...) o strungăreață destul de neliniștitoare, care spunea multe. (V. Voiculescu)

Sans compter qu'elle avait (...) et aussi les deux dents d'en face légèrement espacées ¹, ce qui en disait long et ne laissait pas de m'inquiéter.

¹ Croyance physiognomonique populaire qui veut que, chez une femme, les dents d'en face espacées soient le signe d'une nature ardente et inconstante.

Les efforts du traducteur en vue  de la reconstitution de l'information renfermée par les allusions en TA (texte d'arrivée) quand il les considère pertinentes pour la compréhension du message nous rappellent les techniques de sémantisation de l'emprunt direct.

Rappelons ici que l'emprunt direct, comme procédé direct de traduction appliqué aux termes civilisationnels spécifiques, impose l'utilisation des techniques de sémantisation dans les cas où ces termes ne sont pas entrés dans le circuit linguistique international. Ces techniques sont les gloses périphrastiques insérées dans le texte même, si le texte le permet, ou ajoutées en note.

La traduction des séquences complexes figées ou non figées englobant une allusion socio-culturelle peut imposer le recours à des traductions indirectes, le plus souvent, à des adaptations.

L'adaptation est un ensemble de modalités de transfert culturel qui concernent les termes marqués du point de vue civilisationnel et les interférences discursives causées par la non-correspondance des connotations variétales dans les langues mises en rapport par la traduction. (T. Cristea, 2000:174) Les principales modalités de transfert du culturel, que nous appelons des adaptations sont: la neutralisation de la charge spécifique, la périphrase explicative, la conversion de l'unité marquée source par une unité qui évoque une autre réalité.

Dans (14) les informations contenues dans le TD concernant une séquence du cérémonial d'enterrement, familières aux orthodoxes mais inédites pour les catholiques, sont transmises en TA par une périphrase explicative. La traduction hétéronymique de la séquence soulignée qui serait : « ...secondée par une vieille femme porteuse des rouleaux de toile pour le rituel des ponts... », rendrait le texte d'arrivée opaque et obligerait le traducteur à une explication en note. Le texte permettant, le traducteur peut éviter cette solution, qui est considérée en général comme une sorte d'échec de la traduction,  et fait appel à l'une des formes de l'adaptation, à savoir,  la périphrase explicative.

(14)... avînd la îndemînă o babă cu sulurile de pînză pentru datina podurilor... (M. Sadoveanu)

(Victoria) ... secondée par une vieille femme porteuse des pièces de toile qu'il est d'usage de dérouler à chaque arrêt sous les pas du convoi...

Le texte de (15) contient une séquence qui englobe un nom géographique connoté culturellement (a trimite la Mărcuţa / envoyer à Marcuta) ce qui veut dire ici,enfermer dans une cellule pour les fous furieux ». Dans la traduction, en utilisant un terme général, « cabanon », qui gomme le caractère local du terme source: «cellule où l’on enferme les fous jugés dangereux». (T: Cristea, ms 2000: 9) on a fait appel à une adaptation par périphrase explicative qui explicite l'allusion contenue dans le TD.

(15) - Bufon abject, îl mustră Paşadia, vezi să nu te trimitem noi la Mărcuţa! (M. Caragiale)

- Buffon abject, le sermonnait Pachadia, prends garde que ce ne soit pas nous qui t’envoyions au cabanon.

Le même type d’allusion en (16): « Doftana » est le nom d’une petite localité où il y avait autrefois une célèbre prison où l’on enfermait les membres et les sympathisants du parti communiste avant son avènement au pouvoir. «A sta la Doftana», littéralement, « habiter Doftana », veut donc dire «être emprisonné et subir le régime très dur, voire d’extermination, destiné aux adversaires politiques considérés très dangereux.»

Comme le personnage qui parle est membre de ce parti la périphrase explicative utilisée par le traducteur explicite l’allusion contenue par le nom propre englobé dans la lexie complexe en discussion:

(16)  Nu ştiu ce rău ne pot face, dar e sigur că eu şi alţii n-am stat la Doftana ca să culegem de pe drumuri pe burghezi şi pe moşieri. ( G.Calinescu)

J’ignore s’ils peuvent nous faire du tort ou non mais ce que je sais, c’est que les autres gars et moi-même, on n’a pas moisi en taule pour finir par héberger des bourgeois et des gros propriétaires.

Certaines séquences complexes figées peuvent englober une allusion socio-culturelle qui évoque les circonstances dans lesquelles elles ont été créées. Parfois ces circonstances sont connues ou les allusions contenues sont transparentes mais assez souvent ces séquences sont opaques ou au moins difficiles à expliquer.

En ce qui suit nous allons étudier les problèmes posés par la traduction de deux types de séquences figées: les clichés intensifs et les expressions verbales.

Les clichés intensifs sont des structures compositionnelles mais figées, du type Dt+dt (+intensif), où Dt peut être un nom, un verbe ou un adjectif exprimant la notion base et dt est le terme d'intensité qui indique le degré superlatif de la notion de base. Le choix du terme d'intensité est idiosyncrasique, les différentes langues appliquant des filtres comparatifs spécifiques: « Chacune des deux langues qui font l'objet de cette comparaison s'est créé des ressources spécifiques pour exprimer l'intensité dans des séquences automatisées. » (T. Cristea, 2000: 152)  Cet élément d'intensité peut englober une allusion socio-culturelle spécifique. La traduction des clichés intensifs se fait par des procédés indirects: modulation, équivalence, adaptation, utilisés seuls ou en diverses combinaisons, le but étant de rendre en langue cible l'idéé d'intensité maximale. Dans la plupart des cas l'allusion est gommée dans la traduction.

En (17), l’intensifiant « crup » de l'adjectif roumain « beat » (ivre), intensifiant qui connaît aussi les variantes « criţă (acier), turtă (tourteau), tun (canon) » fait allusion aux canons fournis autrefois à la Roumanie par la firme allemande Krupp. Le sens de l’expression est que la personne respective a tellement bu qu’elle est devenue insensible comme un canon (Krupp) ou bien insensible même aux coups de canon. La traduction récupère le sens de degré superlatif de l’état d’ivresse mais l'allusion est neutralisée.

(17) a fi beat crupêtre ivre mort

En (18) le cliché intensif en roumain contient une allusion culturelle à une ancienne pratique superstitieuse dans laquelle les femmes ou les jeunes filles, par temps de sécheresse, couvrent leur corps nu de feuilles vertes et qui chantent et dansent en invoquant la pluie. La traduction se fait par une équivalence culturelle (adaptation + équivalence), les clichés étant conditionnés du point de vue socio-culturel, et l'allusion se fond dans le sens global:

(18)  a fi îmbrăcată ca o paparudă – être drôlement fagotée, être attifée comme une châsse

Les expressions verbales sont des syntagmes verbaux figés et non-compositionnels dont les constituants présentent un certain degré de cohésion.

Dans le cas des expressions verbales la solution traductive la plus fréquente est l'équivalence car, assez souvent, ces structures figées et non-compositionnelles font allusion à des situations dans lesquelles on les utilise comme des formules reflexes, automatisées. Nous précisons que l'équivalence est le procédé de traduction indirect qui « met en relation deux micro-situations discursives. » (T. Cristea, 2000: 104). La traduction se fait donc par l'intermédiaire de la situation de communication respective qui est commune dans les deux langues, et il peut y avoir (ou non) réorganisation des moyens d'expression. Si la situation n'existe pas dans la  culture informée (de la langue cible) ou si l'expression véhicule une charge socio-culturelle spécifique on fait également appel à l'adaptation, du cumul de ces deux procédés résultant ce qu'on appelle une équivalence culturelle. (M. Codleanu, 2004: 163)  

Par la mise en équivalence la traduction reconstitue la situation de communication, transmet le sens global de l'expression respective mais la charge civilisationnelle, y compris l'allusion  est, d'habitude, neutralisée.

En (19) l’expression « a-şi aprinde paie-n cap”, littéralement, „s'allumer de la paille sur la tête” et dont le sens global est „s’attirer de gros ennuis » est une allusion à une ancienne coutume des Turcs (empruntée ensuite par  les Roumains) de se couvrir la tête d’un paillasson auquel ils mettaient le feu quand ils voulaient réclamer au souverain une injustice. Mais d’habitude c’était toujours le réclamant qui était puni ou bien, la justice faite par le souverain lui coûtait plus cher que l’injustice initiale. Dans la traduction l'allusion englobée est neutralisée, les efforts du traducteur se dirigeant vers la restitution du sens global de l'expression. Cela explique le choix de la structure française « marcher sur un guêpier » considérée par le traducteur comme étant la plus adéquate dans ce contexte:

(19) Văzînd eu că mi-am aprins paie-n cap cu asta, am șterpelit-o de acasă numai cu beșica cea de porc, nu cumva să-mi ieie tata ciubotele și să rămîn de rușinea înaintea tovarășilor. (I.Creangă)

Voyant que j'avais marché sur un guêpier j'ai déguerpi rien qu'avec ma vessie de cochon, de crainte que papa ne m'enlève mes bottes, et que j'en sois pour ma courte honte devant les copains.

En (20) l'expression « a chema, a primi cu lăutari », littéralement, « accueillir avec des violoneux » et dont le sens global est « inviter avec tous les honneurs, faire un chaleureux accueil », fait allusion à l'accueil chaleureux réservé surtout aux invités d'honneur aux festins de noce, à la campagne (ou bien à l'invitation accompagnée de tous les honneurs qu'on fait aux participants à cette cérémonie). Dans son sens idiomatique elle est utilisée ironiquement, dans des situations où l'accueil est indifférent ou froid. Dans notre exemple, l'allusion est gommée mais le traducteur retient (et reconstruit en langue cible) le contraste entre, d'une part, le geste simple et naturel de se mettre à table, que la famille affamée est censée faire et, d'autre part, le temps qu'elle met pour se réunir.

(20) Treceți la masă, ori vreți să vă chem cu lăutari? (M. Preda)

 Venez à table ou je dois battre le tambour pour vous appeler?

Bon nombre des chants religieux orthodoxes commencent en grec par le mot « aghios » (saint, en grec). L'expression de (21), « a trage la aghioase », littéralement, « dire des aghios », dont le sens global est de « dormir profondément », est une allusion ironique à la manière de chanter des chantres d'église qui, en psalmodiant, donnent plutôt l'impression de ronfler. Dans la traduction l'allusion est gommée; ce qui est transmis en langue cible est le sens global et, partiellement, la charge diachronique véhiculée par cette expression.

(21) Ei măi băieți, amu trageți la aghioase, zise un plăieș scăpărînd și dînd foc unui brad. (I. Creangă)

Et maintenant, mes enfants, vous allez piquer une romance, dit un des hommes en battant son briquet et en mettant le feu à un sapin.

La charge socio-culturelle contenue par les expressions verbales qui contiennent toutes sortes d’allusions socio-culturelles plus ou moins transparentes est difficilement récupérables dans la traduction qui se fait d’habitude, comme nous l'avons vu, en passant par la situation énonciative commune. Le traducteur est intéressé de transmettre le sens global de l'expression en utilisant une expression équivalente en L', éventuellement appartenant qu même registre de langue.

On peut donc conclure que les allusions de nature socio-culturelle spécifique contenues dans un texte puisent dans un fonds national, culturellement spécifique, c’est pourquoi elles se prêtent mal au transfert dans une autre culture. L’existence éphémère ou l’aire de circulation restreinte de la structure qui contient l’allusion et véhicule ainsi une charge spécifique très riche, rend, assez souvent, difficile l’accès au sens du message du TD. Cela d'autant plus qu'il y a, assez souvent, perte de l'allusion d'une époque à l'autre, le lien avec le référent extérieur à la séquence linguistique qu'elle connote à un moment donné étant détruit.

L’allusion englobée dans certaines séquences simples ou complexes joue le rôle de charge civilisationnelle et son transfert en langue cible, après avoir été correctement décryptée par le traducteur, impose les mêmes techniques de sémantisation que dans le cas des termes civilisationnels: emprunt direct, adaptation ou équivalence culturelle.

L'emprunt direct sert à transplanter en langue cible une lexie simple ou complexe qui renvoie à une réalité inexistante dans la culture informée. Il relève donc du composant civilisationnel et son rôle est de combler une lacune lexicale ou de conserver la couleur locale. Il existe, dune part, des termes civilisationnels qui sont entrés dans le circuit linguistique international et qui n'ont plus besoin d'être explicités comme il existe, d'autre part, des termes dont la sémantisation en langue cible est problématique. Dans ce dernier cas le sens du terme est expliqué en note ou, si le contexte le permet, il est glosé dans le texte même.

Le mécanisme de l'allusion socio-culturelle spécifique qui est censé se déclancher dans le texte original pour son destinataire, ne fonctionne pour le lecteur du texte traduit que dans la mesure où l'allusion fait partie d'un savoir partagé. La récupération  sémantique, si elle est décidée par le traducteur, se fait par des explications supplémentaires, comme dans le cas des emprunts.

Le  transfert, ou plutôt la reconstitution en L’ de la charge socio-culturelle spécifique de L, connaît des parcours différents en fonction de la pertinence dans la compréhension du message de cette charge et de l’élément qui la véhicule.

Les noms communs ou propres aussi bien que les séquences non figées qui jouent le rôle de déclencheurs de l'allusion activent certains de leurs traits afférents: « Lorsque la prédication n'est pas congruente avec le référent direct, il y a activation de connaissances extralinguistiques et instanciation d'une entité liée à celui-ci. » (M. Charolles, 2002:71) Comme ces traits afférents activés en L n'existent pas en L' et le savoir encyclopédique est différent, l'allusion ne fonctionne pas en L' et le traducteur est obligé de l'expliquer en note ou par une périphrase explicative.

A cause de la non-compositionnalité des séquences complexes figées, le sens de leurs constituants porteurs d'allusion ou de l'allusion contenue se fond dans le sens global mais non sans laisser des traces subtiles dans le TD. Cela oblige le traducteur à reconstruire en TA d’abord le sens global, dénotatif de l’expression figée et, ensuite, le plus souvent par des techniques de compensation, sons sens connotatif.

La traduction des séquences complexes figées ou semi-figées qui  contiennent des allusions se fait en choisissant comme point de neutralisation une situation énonciative commune aux deux systèmes socio-culturels mis en rapport par la traduction. Cela implique d’habitude le gommage de la charge spécifique édifiée en TD par l’allusion. Des explications en note sont souvent utilisées par le traducteur pour en transmettre le réseau connotatif.



Liste des références bibliographiques

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Sources des exemples

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Notes de bas de page


1 Les notes qui suivent immédiatement les exemples discutés sont celles données par les traducteurs.



Pour citer cet article


CODLEANU Mioara. Allusions socio-culturelles et problèmes de traduction. Signes, Discours et Sociétés [en ligne], 1. Interculturalité et intercommunication, 13 juin 2008. Disponible sur Internet : http://www.revue-signes.info/document.php?id=372. ISSN 1308-8378.




GSU   Ovidius   Turku   Nantes   Agence universitaire de la Francophonie
Revue électronique internationale publiée par quatre universités partenaires : Galatasaray (Istanbul, Turquie), Ovidius (Constanta, Roumanie), Turku (Finlande) et Nantes (France) avec le soutien de l'Agence universitaire de la Francophonie (AUF)
ISSN 1308-8378