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8. La force des mots : valeurs et violence dans les interactions verbales

Editorial
Publié : 30 janvier 2012

La force des mots : valeurs et violence dans les interactions verbales. Introduction


Olga Galatanu, IRFFLE et CoDiRe – EA 4643, Université de Nantes
Ana-Maria Cozma, Université de Turku et CoDiRe – EA 4643, Université de Nantes
Abdelhadi Bellachhab, Université Charles de Gaulle – Lille 3 et CoDiRe – EA 4643, Université de Nantes


Les valeurs
et la violence verbale sont souvent présentes dans les discours qui accompagnent ou qui fondent les pratiques sociales (politiques, médiatiques, éducatives, associatives et autres), et de ce fait, les deux concepts ont constitué l'objet de nombreuses réflexions et recherches en sciences sociales : philosophie, sciences politiques, juridiques, psychologie sociale et sociologie, histoire, sciences de l'information et de la communication, sciences de l'éducation, analyse du discours. Dans le domaine des sciences du langage, à l’interface des sciences sociales, nous pouvons citer les travaux de Lagorgette (2003 a et b) et l’ouvrage de Moïse, Auger, Fracchiolla et Shultz-Romain (2008).

Les valeurs sont étudiées comme source des comportements sociaux, des décisions institutionnelles et des prises de position idéologiques, comme composantes identitaires pour définir des acteurs sociaux et des identités collectives ou individuelles, comme moteur des dynamiques sociales et de la construction de nouveaux espaces géopolitiques, tels l'Union Européenne ou les espaces de la Francophonie. Elles sont évoquées pour expliquer le monde social et pour défendre des entités sociales ou pour proposer des mesures d'amélioration, voire de changement des structures institutionnelles, civiles ou autres, pour justifier le progrès scientifique et pour en limiter les éventuelles dérives. Elles « axiologisent » la pratique humaine et la parole sur la pratique, qu'elle soit institutionnelle, publique ou privée. Elles sont évoquées aussi bien en psychothérapie de la communication que dans la sanction institutionnelle.

Présentes dans les pratiques sociales et dans les discours sur les pratiques sociales, elles s’inscrivent certes dans « une sémantique1 de l’intervention sur l’activité humaine et sur les dynamiques identitaires » (Barbier et Galatanu 2000, 2004 : 35), mais elles sont également objet de réflexion philosophique privilégié et objet de recherche de la linguistique des modalités et de la modalisation, en tant que processus d’inscription du point de vue, de la prise de distance, de « la rupture de l’indifférence », comme disait Lavelle de celui qui parle et agit à travers les interactions verbales. Leur énonciation et leur acceptation passent par une procédure communicationnelle de conviction et génère, certes la tolérance, l'intercompréhension, mais aussi la confrontation, voire la violence.

Très étudiée également par les sciences humaines et sociales, dans ses racines biologiques et sociales et dans ses « formes de propagation verbale », la violence reste une préoccupation centrale de toutes les formes que la société humaine, que toutes les pratiques sociales ont connues et connaissent.

Cette violence verbale affecte les images que donnent les acteurs sociaux en interaction d'autrui et d'eux-mêmes. On peut identifier ainsi des formes de violence verbale contre l'autre, mais également contre soi. Dans la perspective des Sciences du Langage, on pourrait dire à la limite que tout acte de langage, toute prise de parole constitue une menace du territoire de l'autre et une mise en danger de soi-même, car l'homme est confronté à une injonction paradoxale : il doit communiquer, a besoin de communiquer et, en même temps, il a besoin de défendre son « territoire ». Le sujet parlant se heurte, dans la société, selon les ethnométhodologues, à deux nécessités contradictoires : la nécessité de défendre le territoire de son moi et la nécessité d'établir des relations avec autrui. L'obligation de concilier ces deux nécessités contradictoires donne naissance à toutes sortes de rituels interpersonnels, surtout des rituels d'accès, ou des processus de figuration qui assurent le déroulement harmonieux de l'interaction humaine (Goffman 1974).

Georges Gusdorf a montré aussi que ce qu'il appelle le « contrat linguistique », aspect fondamental du contrat social, n'est pas possible sans « une obéissance partagée » qui assure l'union passagère ou profonde des interlocuteurs (Gusdorf 1977). Chaque sujet parlant se livre au péril d'autrui, mais les cloisonnements de la vie sociale, les formules de politesse, les formules de civilité, interviennent pour limiter les risques. La théorie de la politesse de Brown et Levinson (Brown et Levinson 1987 ; Kerbrat-Orecchioni 1992, 2005) développe cette approche, dans laquelle les aspects culturels prennent toute leur importance dans l'identification et la « mesure » de la menace langagière.

Par ailleurs, la problématique même du « bien-être », thème fondamental de la société contemporaine, génère le questionnement sur les sources du malentendu, de l'incompréhension et de la violence en réponse à ces échecs communicationnels et comme réponse aux systèmes de valeurs affichés par l'Autre.

Quelles que soient les disciplines en Sciences Humaines et Sociales qui l’approchent, la « violence verbale » est un concept d’une si grande complexité, de par les réalités linguistiques, psychiques et institutionnelles qu’elle évoque, qu’on arrive difficilement à en cerner tous les aspects, et ceci même si le point de vue observationnel est clairement défini et le principe explicatif des mécanismes de sa production-interprétation est cohérent, comme on peut l’envisager pour des études se situant :

  • à l’interface des Sciences du Langage et des Sciences de la Culture, où l’interrogation porterait sur les représentations linguistiques et culturelles que différentes communautés linguistiques et culturelles peuvent avoir de la violence verbale, sur leur caractère immuable et transférable ou bien variable, changeant d’une pratique discursive à l’autre ;

  • dans des approches plus proprement linguistiques des mécanismes discursifs qui produisent des actes discursifs interprétés de façon « stabilisée » comme des actes menaçants ;

  • dans des approches psychologiques, qui interrogent les effets de l’acte de langage menaçant (ou rassurant, d’ailleurs) sur le vécu affectif de celui qui en est l’objet et/ou de celui qui le performe ;

  • ou enfin, dans le cadre d’approches cognitives, en psychologie et en linguistique, qui peuvent se donner pour tâche d’étudier les représentations que les sujets parlants ont de la violence verbale même, voire de la violence en général.


Dans une approche à l’interface du fait linguistique et du fait culturel, nous avons abordé dans le cadre du programme « Sémantique de l'interaction verbale : actes menaçants, actes rassurants » du CoDiRe, mis en œuvre en 2008, l’étude des mécanismes langagiers de production d’actes discursifs interprétables comme violents (Bellachhab 2009 et à paraître ; Galatanu 2011 ; Galatanu et Bellachhab 2011 a et b ; Galatanu, Bellachhab et Cozma, en préparation)2. Ces actes menacent :

  • soit l’image publique de ceux à qui ces actes sont destinés et/ou de ceux qui les produisent ;

  • soit l’indépendance de ceux à qui ces actes sont adressés, leur « territoire », leur « ego ».

Nous avons ainsi distingué :

  • les mécanismes sémantico-discursifs : les marqueurs illocutionnaires des actes « menaçants » (Galatanu et Bellachhab 2011 a et b3) et les contenus propositionnels qui orientent l’interprétation de la force illocutionnaire de l’acte performé comme des actes « menaçants » (Anquetil 2009) ;

  • les mécanismes pragmatico-discursifs (les liens entre l’acte et son contexte, qui expliquent l’interprétation d’un acte comme inadéquat, voire violent).

Dans le cas où la violence verbale – ou ce qui est perçu comme « violence verbale » – est mobilisée par les sujets parlants consciemment, volontairement, voire stratégiquement (comme dans les discours politiques), ou au contraire, involontairement, voire inconsciemment, cette « affirmation » de soi se fait par un processus de discrimination (violente, bien sûr), par rapport à l’autre : se poser, voire s’imposer, revient à s’opposer à l’autre, voire à le déconstruire, qu’il s’agisse d’une identité individuelle ou collective, à s’attaquer à sa culture, à ses systèmes de valeurs, à les remettre en cause.

Ainsi se révèle le lien très étroit entre la « violence verbale » et les valeurs revendiquées au travers des échanges au quotidien par les individus pour affirmer des appartenances identitaires, ou bien, tout simplement, pour exprimer des adhésions idéologiques, qui vont de la simple expression d’opinion, passant par les convictions, les croyances, au fanatisme revendiqué. Dans différents champs de pratiques discursives : dans les discours institutionnels, dans des formes orales et écrites de transmission de la culture d’une identité collective, dans les échanges interpersonnels, ces valeurs surgissent, d’une façon ou d’une autre, occasionnant parfois des incompatibilités de valeurs (ou de systèmes de valeurs), des incompatibilités tantôt irréfléchies, tantôt calculées.

La violence verbale, telle qu’elle a été identifiée et expliquée dans nos travaux cités plus haut, depuis la mise en place de notre programme de recherche sur les actes menaçants et les actes rassurants, en 2008, couvre des actes de parole (et les discours que les ensembles de ces actes forment), qui :

  • visent à exercer une force pour contraindre quelqu’un/un groupe social (le soumettre, le faire agir d’une certaine manière) et provoquent un sentiment de « mal-être » : menacer, ordonner, interdire, et même autoriser, accuser ;

  • expriment le mépris, la haine, l’indifférence (dans certaines situations d’expression des affects ou de crise sociale), qui font « perdre la face publique » et provoquent un « mal-être » : injurier, insulter, maudire, blâmer, accuser ;

  • remettent en cause l’honnêteté, la sincérité, la pertinence, la bonne foi, le bon sens… de l’autre : critiquer, interrompre (Arrêtez, arrêtez, dans les confrontations politiques), infirmer, contredire (C’est un mensonge, Vous savez bien que ce n’est pas vrai), où la hiérarchie qui autorise l’ordre n’existe pas.

Comme nous l’avons déjà suggéré, il existe deux types de « violence verbale » : une violence relativement invariable et facile à déceler et une deuxième violence très variable d’un champ de pratique discursive à l’autre et dont la caractérisation n’est pas une tâche aisée.


Les articles sélectionnés pour le présent numéro de la revue « Signes, Discours et Sociétés » explorent différents champs de pratique sociale et des mécanismes discursifs de production de la parole violente, qui vont du nom porteur de qualification péjorative jusqu’à « la violence instituée », émanant de la hiérarchie même d’une institution, en passant par de multiples configurations d’interactions verbales violentes. Le numéro aborde également les deux dispositifs énonciatifs qui portent la parole violente : le dispositif élocutif-allocutif (Charaudeau 1992), dans lequel le destinataire du message est l’objet de la violence, et le dispositif délocutif, qui rapporte, nomme et qualifie la violence.

Nous avons pu regrouper ainsi la grande variété d’approches en quatre sections, en privilégiant deux variables – les champs de pratique humaine porteurs de violence verbale et les mécanismes discursifs de celle-ci –, tout en préservant la pluridisciplinarité de chacune de ces sections.

La première section aborde la dimension violente des interactions verbales dont les sources ne se retrouvent pas dans l’espace même de ces interactions, c'est-à-dire dans la dynamique des échanges et des discours.

Il est indéniable que dans bon nombre de situations le locuteur éprouve la nécessité de défendre le territoire de son « moi » (et, parfois, le territoire de l’un de ses interlocuteurs) face à la violence émanant d’une « institution », que cette violence soit liée à la hiérarchie, aux normes, à un système de valeurs ou à d’autres aspects qui, dans l’institution, peuvent être ressentis comme imposés ou s’imposant à l’individu.

Certains textes, parce qu’étant institutionnels, ou simplement institués, normés, semblent échapper à la problématique de l’interaction verbale violente. Tel paraît être le cas des documents officiels. Pourtant, à y regarder de plus près, on s’aperçoit que cette neutralité pour ce qui est de la violence est le résultat du processus de création du document, qui lui, n’est pas sans accrocs et tensions, où prennent forme des révoltes face au pouvoir des normes et face au pouvoir de ceux qui les incarnent.

L’article d’Hélène CAMPAIGNOLLE (L’empreinte et l’emprise. Petite généalogie littéraire de l’écrit institutionnel) montre que la neutralité et l’objectivité généralement évoquées dans le cas des documents officiels cachent parfois des interactions conflictuelles, des tentatives de s’approprier le texte, des reprises hiérarchiques, qui font de ces documents de véritables espaces polémiques. Pour rendre visible cette violence « feutrée et masquée » des écrits administratifs, l’auteur procède, sur la base de textes littéraires, à une analyse des processus de production des documents dans les bureaux, là où le rédacteur cesse d’être individu pour assumer la fonction de scripteur, simple « agent de production de l’institution », pris entre le désir d’y laisser son empreinte et l’emprise qu’exerce sur lui l’institution, à travers le supérieur hiérarchique ou le groupe. L’« évidement énonciatif » spécifique de ces textes est donc le résultat du processus de fabrication de l’écrit institutionnel, qui efface par là même toute trace des conflits provoqués par les tentatives d’empreinte des rédacteurs et résolus par l’affirmation de l’emprise.

D’autres textes, de par le genre discursif dans lequel ils s’inscrivent, sont porteurs d’une violence affichée. Telle est la vision de Sophie ANQUETIL (Quand l’indirection se fait offensive. Les processus de déstabilisation et de préservation des faces inscrits dans le genre éditorial), pour qui « la menace verbale ne résulte pas toujours d’une interaction improvisée : elle peut aussi être institutionnalisée, mandatée par les groupes sociaux qui fondent les pratiques discursives », notamment à travers les genres discursifs. Cette affirmation est illustrée par une étude du genre éditorial, dont la description met au jour, en passant par l’identification de la structure illocutoire qui est sous-jacente à ce genre, des « processus de préservation et de déstabilisation des faces » qui lui sont intrinsèques. Ce qui fait la particularité de l’éditorial est sa double cible : l’une directe, le lecteur, l’autre indirecte, l’institution visée par l’éditorialiste. Dans cette situation de double adresse, l’éditorialiste obligé de menacer les faces de l’institution ou de l’ennemi politique tout en préservant la face positive du lecteur, met en place, pour mener l’« offensive argumentative », une stratégie reposant sur le procédé de l’indirection.

Des stratégies particulières pour faire passer, ou faire accepter la violence sont également mises en place lorsque le système de valeurs de l’institution dont relève le discours exclut la violence ; ou encore lorsque les interlocuteurs partagent des valeurs communes mais sont divisés sur un sujet. C’est ce que démontre l’article de Laetitia BOURMALO (Violence dans un discours catholique), qui prend comme objet d’étude des échanges sur internet entre catholiques sur le thème controversé de la gestation pour autrui. L’étude s’attache à voir ce qui autorise la violence verbale dans des discours faisant intervenir des représentations conformes au système de valeurs catholique, qui exclut a priori la violence. En faisant appel à l’approche argumentative et modale de la Sémantique des Possibles Argumentatifs, l’analyse identifie l’origine de la violence verbale – un conflit entre valeurs individuelles et valeurs collectives – et ses formes de manifestation : on juge négativement les attitudes de l’autre et on l’accuse de subjectivité, on déconstruit les représentations forgées par l’autre, on dévalorise ses arguments et ses actes de parole. Étant donné la violence contenue dans cette dévalorisation de l’autre, les interlocuteurs adoptent des stratégies pour la faire accepter : lorsque la violence est orientée vers un membre de la communauté catholique, elle est tantôt justifiée, tantôt atténuée ou masquée par des procédés divers ; lorsqu’elle est orientée vers quelqu’un d’extérieur à la communauté, elle devient un moyen de la réconciliation.

En tant qu’institution, la langue elle-même peut être vécue par le locuteur comme étant une violence (par exemple, l’apprenant d’une langue étrangère, ou même le natif devant faire attention aux normes, les locuteurs en milieu plurilingue…). Dans certaines situations de contact de langues, ce sentiment de violence subie face à l’institution de la langue peut être éprouvé avec encore plus de force. Claude Éric OWONO ZAMBO (La violence verbale comme choc discursif et culturel : de l’interaction interindividuelle à l’interaction intralocutive) distingue deux types de violence verbale, qu’il décrit à partir de romans du Camerounais Mongo Beti, donc dans le contexte plurilingue de l’Afrique francophone. Étroitement liée aux rapports de pouvoir entre les interlocuteurs, selon l’auteur, la violence verbale est analysée, d’une part, dans sa dimension interindividuelle telle qu’elle se manifeste dans l’interaction conversationnelle : la violence instaure des rôles obéissant à une certaine dynamique et présuppose une tentative de domination. D’autre part, l’auteur s’attache à décrire la violence verbale dans sa dimension intralocutive, telle qu’elle est vécue par le locuteur plurilingue : une violence verbale qui marque le plus profond de son identité, tiraillé qu’il est entre les langues parlées. Ce qui relie les deux dimensions – interindividuelle et intralocutive –, c’est l’approche que l’auteur propose de la violence verbale comme intention d’aller « à la conquête de l’altérité ».

Il est possible d’identifier, à partir de chacun des quatre contextes ci-dessus, une tension particulière sur laquelle repose la violence.
Dans le cas de l’écrit officiel, cette tension se manifeste, d’une part, entre les différents auteurs impliqués dans la production du texte et, d’autre part, entre le scripteur en tant qu’individu et les normes du genre officiel, imposant l’impersonnalité, l’« évidement énonciatif ».
La tension dans le cas de l’éditorial vient de la cible multiple spécifique à ce genre textuel : les lecteurs et l’institution critiquée. L’auteur doit s’adresser aux lecteurs pour critiquer une institution en veillant à ne pas froisser ces lecteurs sympathisants de l’institution remise en question.
C’est de la tension entre valeurs collectives (système de valeurs catholiques) et valeurs individuelles (laïques) que naît la violence du débat catholique sur la gestation pour autrui.
Enfin, la situation de contact de deux ou plusieurs langues est, en soi, génératrice de tensions, de par l’inégalité des langues, et de par l’histoire et la culture qu’elles charrient.

Les illustrations que ce numéro offre pour la question de la violence et des valeurs dans l’interaction verbale laissent entrevoir la grande variété des configurations envisageables. Dans la dynamique de ces interactions, les rôles des entités impliquées (le locuteur et l’interlocuteur, l’entité visée par la violence autre que l’interlocuteur…) sont variables, interchangeables et non prédéfinis ; et l’orientation de la violence n’est jamais vraiment unidirectionnelle et univoque.

Une première configuration que l’on peut évoquer est celle où la violence représente une attitude verbale qui va à l’encontre de ce qu’il conviendrait de dire, raison pour laquelle soit il en est fait abstraction, soit elle est censurée. Dans leur article, Mouhamed Abdallah LY et Abdourahmane SECK (Anthropologie du langage et de l’imaginaire des discours politiques populaires : notes sur la violence verbale dans le débat politique au Sénégal) prennent position contre les pré-modélisations qui n’enregistrent que ce qui correspond aux critères esthétiques, éthiques et logiques préétablis et, acceptant l’idée d’un peuple naturellement violent, font place aux émotions « brutes » qui s’expriment dans les discours populaires politiques, en l’occurrence des discours ayant pris forme dans la blogosphère en 2009, au lendemain des élections locales et régionales au Sénégal. Ce que remettent en question ces discours non (ou autrement) homologués se déroulant dans la blogosphère en tant que « scène politique de l’histoire », c’est le fondement en raison même de la politique. À la recherche des véritables significations esthétiques, éthiques et logiques de cette violence dans les réactions – une violence à la fois provoquée et instrumentalisée dans la dynamique des interactions –, l’article propose un inventaire des invectives circulant sur les foras : invectives par la servitude, par l’identité (ici, la « sénégalité »), par la bestialité, par l’axiologie (« voleur », « menteur »), et s’exprimant alternativement en français et en wolof.

Outre l’invective, avec toute sa panoplie de moyens de réalisation, un acte de langage tel l’injonction à se taire est une menace grave pour la face de l’interlocuteur, qui est de cette manière touché dans ce qu’il a de plus essentiel en tant que participant à l’échange : sa faculté d’agir par la parole. Dans son article, Rochambeau LAINY (La valeur de « taisez-vous » : expression considérée comme « menaçante, dérangeante et violente » dans un discours politique) met en rapport la violence de l’injonction à se taire avec la construction de l’ethos du locuteur-orateur. Dans la bouche du Président haïtien Michel Martelly, « taisez-vous » va à l’encontre des normes traditionnelles du discours politique et s’interprète comme une « atteinte à la liberté d’expression ». Mais, selon l’auteur, s’en tenir à ce que cette expression a de choquant serait réducteur, car il faut également prendre en considération le fait que la signification même de cette expression agit sur le locuteur-orateur et fait agir le public, qui sort du silence. Une violence donc voulue par l’orateur, qui participe de l’ethos de celui-ci, et indissociable de ses intentions.

Dans d’autres situations, la violence verbale cesse d’être orientée vers l’autre et devient violence contre soi-même. Violence que l’on pourrait caractériser de paradoxale, comme le constate Aude DONTENWILLE-GERBAUD (Violence paradoxale des interactions entre Léon Gambetta et ses publics populaires), en analysant les discours d’un orateur à qui l’on a souvent reproché sa violence. Chez Gambetta, la violence serait au moins de trois types : une violence « classique », au sens où elle vise l’adversaire politique ; une violence tournée vers soi-même, notamment dans les situations où l’orateur rejette les ovations du public et où il s’attribue des attitudes qu’il dévalorise – liées dans ce cas aussi à la construction de l’ethos de l’orateur – ; une violence du silence, proche de l’amnésie ou de l’autocensure, et qui marque la rupture du politicien avec ses publics populaires.

Et qu’en est-il lorsque celui vers qui est orientée la violence fait comme si de rien n’était ? Lorsqu’elle prolifère sans que l’autre puisse réagir, en raison d’un contrat de communication qui entrave la liberté de l’offensé, contrat dont l’une des fonctions est de restreindre, pour l’offensé, l’usage de la violence verbale, et qui, par là même, cantonne l’offensé à une posture agressive en soi : ne pas répondre à la violence de l’autre, ne même pas la relever, en faire abstraction, cela peut à la limite être perçu comme une forme de violence en soi et attirer encore plus de violence de la part de l’offenseur. C’est à une telle dynamique de la violence qu’est consacré l’article d’Abdelhadi BELLACHHAB et Sophie LE GAL (La violence verbale dans la communication médiée par ordinateur. Le cas des téléconseillers). L’analyse de quelques conversations sous forme de tchat entre des téléconseillers situés dans un centre d’appel au Maroc et des clients situés en France confirme d’abord l’idée que les situations de contact de langues/cultures favorisent la violence verbale ; elle montre surtout que le rapport instauré par la charte de communication pour les centres d’appel – charte faisant office de contrat de communication entre le client et le téléconseiller – est un rapport de dominant à dominé qui ne laisse pas d’autre choix au téléconseiller que de subir les humiliations et les insultes des clients. Face aux actes de langage violents proférés par les clients, les téléconseillers n’ont d’autre arme que la politesse et les réponses scénarisées. Or, souvent, c’est justement ce langage robotisé et impersonnel des téléconseillers qui déclenche la violence verbale chez les clients.

C’est le fait même que l’on subisse sans réagir qui agresse l’offenseur en retour. L’agresseur devient agressé par ricochet, par la réflexion de sa propre violence, renvoyée par l’attitude imperméable de l’offensé. Même dans le cas où l’acte de parole violent est orienté vers l’autre de manière claire, on ne peut pas toujours parler d’une orientation univoque de la violence. Si un acte de parole violent est en soi une menace pour l’autre, il n’est pas sans affecter l’image de celui qui l’énonce, et il peut produire les effets les plus inattendus. Son orientation est la plupart du temps multiple.

Or, si le renversement d’orientation est possible, pourquoi le détournement de la fonction de l’acte menaçant ne le serait-il pas ? Et dans quelles conditions un tel détournement peut-il avoir lieu ?

S’intéressant à l’usage qui est fait de l’insulte sur un forum social lors de la crise post-électorale de juin 2011 en Côte d’Ivoire, Aimée-Danielle KOFFI-LEZOU (La violence verbale comme un exutoire. De la fonction sociale de l’insulte) constante que le débat déporté sur internet cesse d’être un échange d’opinions pour prendre la forme d’un échange d’insultes. L’auteur avance l’idée que, du fait que ces échanges se réalisent dans l’anonymat du forum, d’égal à égal, et dans le contexte socioculturel ivoirien, il ne faut pas y voir de simples actes menaçants pour la face de l’autre, mais ces actes répondent plutôt à un besoin des internautes. La preuve en est que les insultes visent avant tout les interlocuteurs eux-mêmes (l’insulteur et l’insultaire) avant de viser les hommes politiques auxquels ceux-ci s’opposent (les insultés). Le rapprochement est alors fait entre la violence verbale sur le forum et l’insulte rituelle à fonction cathartique : la violence – d’ailleurs sans conséquences – qui s’exprime sur le forum est donc avant tout l’expression de la liberté ressentie du locuteur et a comme effet de libérer les tensions, de créer un lien entre les interlocuteurs, de contribuer à la construction d’une identité culturelle. Une violence qui peut apparaître dès lors comme ayant la dimension d’un jeu. À condition que les deux parties jouent le jeu, nous ajouterions.

Si évaluer de manière négative l’interlocuteur constitue en soi un acte menaçant pour l’image de celui-ci, l’effet perlocutoire visé par l’acte menaçant, peut être un effet positif. Joseph AVODO AVODO (La qualification péjorative comme forme de violence verbale et d’agir professoral) s’intéresse à ce type de violence verbale dans la pratique enseignante, en situation de classe, en tant que moyen d’agir sur les attitudes et sur l’engagement des apprenants. L’auteur montre d’abord que les qualifications péjoratives repérées dans le discours enseignant analysé s’attaquent à diverses attitudes des apprenants et ont comme effet de les décrédibiliser, de remettre en question leurs capacités, de les discriminer, ou de se désolidariser avec eux. Il souligne ensuite la fonction pragmatique de ces expressions axiologiquement négatives, qui servent à réaliser généralement un acte d’insulte, de critique ou de reproche. Quant à son rôle, la qualification péjorative est une forme d’agir, fonctionnant, d’une part, comme « détonateur psychologique », d’autre part, comme demande implicite d’engagement. La qualification péjorative participe donc d’une violence éducative qui est justifiée à travers les objectifs affichés.

Que la qualification péjorative soit une forme de violence infligée à l’autre est une évidence. Mais la question peut être étendue à tout acte de catégorisation, même lorsque celle-ci n’est pas axiologisée négativement. Toute catégorisation réalisée à travers la langue est susceptible de constituer une menace pour l’individu concerné par cette catégorisation.

Parlant des enjeux et des mécanismes qui sous-tendent les actes de renomination (toponymes et anthroponymes) de manière générale, et dans le contexte pluriculturel des Balkans plus particulièrement, pratique fréquente dans la formation des États-nations, Bernard ESMEIN (Société plurielle et guerre des noms) souligne l’idée que ces actes équivalent à une véritable reclassification et ont comme effet d’agir sur l’essence même de ce qui est désigné. En tant que tels, les actes de renomination relèvent de la violence verbale, car ils renvoient à une « mise hors-jeu », au même titre que l’injure. Ils sont également porteurs d’une violence symbolique, émanant des appareils idéologiques d’État. C’est en nommant que l’on fait violence, de par la catégorisation que cet acte suppose, et la renomination revient à enfermer l’autre dans une catégorie autre que celle à laquelle il se sent appartenir.

Une fois la violence verbale réalisée, elle peut être nommée, montrée, et devient l’objet de commentaires qui, généralement – mais pas nécessairement –, la condamnent. La langue, en plus d’être un moyen de réaliser la violence, peut aussi la dire, sous toutes ses formes (verbale et non verbale…), et la caractériser.

Pour ce qui est du lexique servant à nommer la violence verbale, l’article de Geneviève BERNARD BARBEAU (Le bashing : forme intensifiée de dénigrement d’un groupe) apporte un exemple intéressant, qui montre de manière très claire l’émergence d’un type particulier de violence verbale, sur la base du mot qui la décrit, mot d’utilisation récente. Dans ce cas, on se situe après la réalisation de l’acte menaçant, au moment où ceux qui ont été témoins de cette violence (autrement dit, ceux qui l’interprètent comme telle) prennent position en la critiquant. Plus précisément, l’article circonscrit l’étude de la violence verbale aux discours « anti » en contexte québécois et s’interroge sur l’emploi et la spécificité du terme bashing, que les dictionnaires définissent par « dénigrement systématique, critiques anti ». Cet emprunt à l’anglais n’est pas un simple équivalent de dénigrement : l’environnement textuel de bashing laisse voir une expression dominante (Québec bashing) et suggère que le terme est employé pour un dénigrement de nature politico-idéologique, visant un groupe, une entreprise, ou un individu personnalité publique. Le contexte suggère également que bashing s’emploie pour des situations de dénigrement répété, non isolé, ce qui le rapproche de harcèlement et ajoute à son sens l’idée d’une prise de position contre un tel comportement verbal. Le bashing n’est donc pas tant un acte de langage que l’interprétation d’un acte de dénigrement, la schématisation d’un affrontement social.

Le lexique de la langue permet de nommer l’acte de langage violent, mais aussi les actes de violence de manière générale, parfois renvoyant à des événements précis, liés à l’histoire collective. Jean-Marie LASSUS (Du labyrinthe de la solitude d’Octavio Paz (1950) aux narcocorridos : une interprétation culturelle de la violence verbale au Mexique à travers l’étude du verbe « chingar ») aborde la lexicalisation d’un cas de violence devenu composante identitaire : une violence héritée de l’histoire du peuple et sédimentée dans la langue courante actuelle. C’est ce qui est illustré dans cet article en prenant comme point de départ La Chingada, figure féminine mexicaine analysée par Octavio Paz, et le verbe chingar avec ses multiples connotations et dérivés. Actuellement, cette violence fondatrice de l’identité culturelle s’exprime également dans les narcocorridos, chansons à contenu verbal particulièrement violent et qui s’inspirent de formes traditionnelles évoquant la révolution mexicaine.

En plus d’être nommée par le lexique de la langue, la violence est également nommée par et dans les discours. Un contexte particulier d’un tel discours est celui où l’on met en garde contre le potentiel menaçant pour autrui propre à la langue. Dans ce cas, on se situe avant la réalisation de l’acte menaçant, pour prévenir les malentendus possibles, autrement dit les actes de langage violents non intentionnels, dus aux divergences des représentations et des interprétations. Pour certains, la situation de contact entre cultures favorise le risque que de tels malentendus se produisent, d’où la croyance qu’en mettant en garde contre ces risques il est possible de préparer à l’échange interculturel. C’est un tel discours qui est étudié dans l’article de Vera DELORME (Prévenir des malentendus potentiels : le discours de « mise en garde » en classe de langue). La transcription d’enregistrements de cours de langue ici analysée contient des illustrations de mise en garde contre des malentendus ayant à l’origine : l’usage inapproprié des éléments lexicaux, la différence dans la réalisation des actes, ou les conditions d’emploi de l’acte, différentes d’une langue à l’autre. S’interrogeant sur l’efficacité d’un tel discours de mise en garde, l’auteur constate que, lors de l’explicitation des valeurs qu’ont les mots et les actes susceptibles de produire un malentendu, l’enseignant met l’accent sur leur contexte d’emploi, ce qui nous donne accès aux représentations de l’enseignant quant aux conditions d’emploi du mot/acte. Ces représentations sont affirmées avec plus ou moins de force et d’assurance par l’enseignant, ce qui laisse supposer qu’il y aurait encore de quoi faire de ce côté-là en didactique des langues.

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Notes de bas de page


1 Le terme de « sémantique », au sens que Ricœur (1990) donne à ce mot, renvoie à l’objet de la discipline linguistique qu’on désigne par ce mot, au lexique de l’intervention sur l’activité humaine ou sur soi, ou plutôt à l’ensemble des significations de ce lexique.
2 Ces études ont été présentées notamment lors des communications et conférences suivantes :
Galatanu, O. (2009) : “The pragmaticalization process in the area of threatening illocutionnary acts: a semantic approach of discourse markers”, communication écrite présentée à Bristol, International Conference i-mean (Meaning and interaction), University of the West of England, Department of Languages, Linguistics and Area Studies, Bristol (UK), 23-25 April 2009 ;
Galatanu, O. (2010) : « La Sémantique de l’interaction verbale : actes menaçants, actes rassurants », conférence invitée donnée à l’Université de Moncton, Canada, le 13 octobre 2010 ;
Galatanu, O. (2011) : « Pour une sémantique de l’interaction verbale : représentations sémantiques et réalisateurs linguistiques des actes de langage menaçants », conférence invitée présentée au Colloque International Nouvelles approches en Linguistique / Current Trends in Linguistics, organisée par l’École Doctorale de la Faculté de Lettres de l’Université de Bucarest, Bucarest, le 20 mai 2011.
3 Voir également :
Galatanu, O. (2011) : « Pour une sémantique de l’interaction verbale : représentations sémantiques et réalisateurs linguistiques des actes de langage menaçants », conférence invitée présentée au Colloque International Nouvelles approches en Linguistique / Current Trends in Linguistics, organisée par l’École Doctorale de la Faculté de Lettres de l’Université de Bucarest, Bucarest, le 20 mai 2011 ;
Galatanu, O., Bellachhab, A., Heranic, T. (2011) : “Representation of face threatening acts in French and American contexts: insults and invectives, communication dans le cadre du colloque i-mean 2: Meaning and Context, 13-15 avril 2011, University of the West of England, Bristol, Royaume-uni.


Pour citer cet article


Galatanu Olga, Cozma Ana-Maria et Bellachhab Abdelhadi. La force des mots : valeurs et violence dans les interactions verbales. Introduction. Signes, Discours et Sociétés [en ligne], 8. La force des mots : valeurs et violence dans les interactions verbales, 30 janvier 2012. Disponible sur Internet : http://www.revue-signes.info/document.php?id=2758. ISSN 1308-8378.




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Revue électronique internationale publiée par quatre universités partenaires : Galatasaray (Istanbul, Turquie), Ovidius (Constanta, Roumanie), Turku (Finlande) et Nantes (France) avec le soutien de l'Agence universitaire de la Francophonie (AUF)
ISSN 1308-8378