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5. Communication et discours politiques : actualités et perspectives

Article
Publié : 5 juillet 2010

Analyse expérientielle de la promesse comme stratégie de communication politique en Afrique noire francophone


Louis-Marie Kakdeu, Doctorant en pragmatique cognitive et analyse du discours, sous la codirection de Jacques Moeschler, Université de Genève et de Gabriel Mba, Université de Yaoundé I

Résumé

L’article traite des différentes formes de promesse dans les discours politiques en Afrique noire francophone. Il montre comment d’un statut de simple acte de parole, la promesse à valeur sensationnelle est devenue une véritable stratégie de communication permettant de faire face aux attentes multiples et non concordantes des différents acteurs. Dans une démarche multidisciplinaire et expérientielle, l’étude met un accès particulier sur les périodes allant de 1980 à 2010 et relève que les conjonctures majeures traversées ont imposé trois types de promesse aux autorités politiques qu’elles soient de l’opposition ou du pouvoir.

Abstract

This article is all about the study of the different types of promise in the political communication in Black French speaking Africa. The work shows how the use of simple acts of speech has become a real communication policy able to help in interesting the various actors. Using a multidisciplinary and an experience-based approach, it covers particularly the period from 1980 to 2010 and indicates the emergence of three relevant kinds of promise according to the different exigencies of the socioeconomic trends.


Table des matières

Texte intégral

L’espace géopolitique de l’Afrique noire francophone que nous traitons couvre la partie de l’Afrique subsaharienne qui se trouvait dans l’Empire colonial français (Marseille : 1984). De nos jours et dans leur environnement politique, on assiste chaque année ou presque, d’un pays à l’autre, à l’organisation des élections municipales, législatives ou présidentielles qui font de la scène politique, une perpétuelle mouvance de campagnes électorales. Puisque les programmes politiques étoffés ne font pas nécessairement gagner des élections dans leurs contextes d’analphabétisme et de sous-éducation notoires, on observe que tout le monde se lance dans des promesses et au fil du temps, l’impression qui se dégage, est que les élections se gagnent au plus sensationnel. Comme il est d’usage, le perdant conteste la victoire du gagnant et le cycle de la manipulation du peuple s’enchaîne avec pour conséquence que plusieurs décennies après les élans de démocratisation, la qualité de vie laisse perplexe. Dans le présent travail, nous nous intéressons aux pratiques de manipulation ou de promesses sensationnelles comme stratégie discursive en politique. Premièrement, nous montrons leur modèle de causalité tel qu’il se présente dans la théorie des actions publiques en sciences politiques. Ensuite, nous jetons un regard cognitif et pragmatique sur l’évolution de la promesse dans les discours en lien avec les enjeux politiques des années 1980 à nos jours. Nous avons choisi, en raison de l’existence d’une certaine similitude historique entre les Etats de notre zone d’étude, de présenter une théorie des actions de communication qui prend en compte toute leur étendue et de nous concentrer, en pratique, sur le cas du Cameroun. La collecte et l’interprétation des extraits de discours ont été faites sur la base de l’expérience des acteurs et de notre propre observation participative.

Dans ce travail, le sensationnel consiste simplement à vouloir utiliser la parole et en l’occurrence, la promesse, pour rechercher « de la violence ou le miracle » en vue de peigner « un visage grotesque sur le monde » et en privant le public « de la possibilité d'examiner les événements subtils avec de grandes conséquences » (Stephens, 2007 : 113). La promesse telle que nous la concevons consiste à prendre dans cette lancée un engagement oral ou écrit à répondre aux attentes des acteurs de la politique de communication. Le procédé consiste à annoncer, prédire, faire espérer ou assurer que le nécessaire sera fait. Duradin (1982) parle de mensonge et le présente comme un discours sur lequel il a été appliqué des procédés d’adjonction, de soustraction ou de déformation de l’information. Il s’agit donc d’un discours qui n’est plus fidèle aux faits et dont l’utilisation de l’un des procédés vise à créer des effets spécifiques sur la cible. À ce sujet, Kerbrat-Orecchioni (1984 : 213) parle de « discours du Parti, donc de parti pris, discours apologétique et polémique, dont l’enjeu est de dévaloriser la position discursive de l’adversaire tout en valorisant la sienne ».

Pour une analyse efficace de ces discours à connotation politique, nous trouvons judicieux de présenter la théorie des interactions entre les acteurs politiques car, comme le pensait Perret (1997 : 292), une politique dont celle de la communication est « une construction théorique, au sens où elle implique une représentation a priori des mesures mises en œuvre, du comportement des acteurs, de l’enchaînement des mécanismes d’action et des effets produits sur la société ». Dans ce sens, Knoepfel v.d. (2006 : 63) relève pour chaque politique publique, l’existence d’un triangle constitué des autorités politico-administratives, des bénéficiaires et du groupe cible. Le cas de la politique de communication en Afrique Noire Francophone se présente de la manière suivante :

Schéma Kakdeu

Dans notre schématisation, l’hypothèse causale apporte une réponse politique à la question de savoir qui sont les coupables du problème à résoudre et l’hypothèse d’intervention établit comment le problème collectif peut être atténué (Knoepfel v.d. 2006 : 64-65). Les autorités politico-administratives sont composées des élus et des cadres de l’administration. Dans les normes, elles interagissent, conformément à l’hypothèse d’intervention, avec  le groupe cible au bénéfice des populations nécessiteuses. Le groupe cible est constitué des électeurs et du corps des armées qui, selon leur degré de satisfaction, sont des militants, des opposants ou des rebelles (Pabanel, 1984, Souare, 2007). La spécificité de ce schéma des acteurs est qu’on retrouve les mêmes acteurs dans les tiers perdants et les tiers gagnants. En effet, la France, les Puissances étrangères et les bailleurs de fonds sont des impérialistes ou « néo-colons »1 (perdants) lorsqu’il s’agit de protéger leurs intérêts économiques et financiers, et des membres de la communauté internationale lorsqu’il s’agit de l’aide à l’amélioration des conditions de vie des populations. On peut citer la France-Afrique2 dont le 25ème sommet s’est tenu le 31 mai 2010 à Nice et que l’auteur controversé3 Verschave (1999 : 380) décrit comme :

« une nébuleuse d’acteurs économiques, politiques et militaires, en France et en Afrique, organisée en réseaux et lobbies, et polarisé sur l’accaparement de deux rentes : les matières premières et l’Aide publique au développement. La logique de cette ponction est d’interdire l’initiative hors du cercle des initiés ».

La classe politique gabonaise n’utilise pas de langue de bois à ce sujet4. Selon Omar Bongo5 « L'Afrique sans la France, c'est la voiture sans le chauffeur. La France sans l'Afrique, c'est une voiture sans carburant. »6. D’ailleurs, ce dernier disait : « Si la France me lâche, je lâche la France »7. Le ton des interactions politiques est donc clairement donné.

Les clans politiques constitués des sponsors, parrains et presses, sont respectivement appelés entreprises citoyennes, personnes de bonne volonté et presses politiques (gagnants) en cas de respect des contrats tacites, et des clientélistes, corrupteurs, corrompus et presses sensationnelles (perdants) dans le cas contraire. Vue d’Afrique, la presse occidentale est par exemple qualifiée de sensationnelle parce qu’elle s’intéresse plus aux faits divers du « sous-continent » qu’à son émergence. Un sommet qualifié de « néocolonial » comme le 25ème de la « France-Afrique » est curieusement évité malgré les 38 chefs d’Etats Africains mobilisés.

La question est donc de savoir comment les autorités politiques font pour communiquer au milieu de tous ces intérêts8. Ceci nous ouvre une piste de compréhension sur les raisons pour lesquelles les autorités politiques, situées entre le marteau et l’enclume, utilisent la promesse comme stratégie politique pour gérer le passage d’un intérêt à l’autre9.

Nous entendons par promesse utopique tout acte de parole qui annonce la construction d’un monde idéal. Or, comme le disait Robert William Service (Service : 2002), la promesse est une dette et nous relevons ici tous les engagements que les autorités politiques prenaient alors qu’elles ne pouvaient pas respecter.

Il y a environ cinquante ans en pleine actualité de la décolonisation, le discours nationaliste était légitime et susceptible de faire foule. La promesse manipulatoire qui faisait sensation était celle de vouloir libérer le peuple du joug du « néo-colon ». Les populations locales d’une part et les anciens colonisateurs d’autre part étaient tous en pleine expérimentation de la bonne foi des premiers Dirigeants Noirs à servir leurs intérêts mutuels. La promesse a eu tout son sens parce qu’elle a permis de faire miroiter aux populations que les colons étaient partis et qu’elles devaient baisser la garde. Face aux accusations de trahison, la préoccupation des Premiers Leaders était de prouver leur bonne foi et de forger une image de nationaliste. Ils se sont presque tous fait appeler : « Père de la Nation ».

Au début des années 1980, on enregistre d’autres formes de sensations dans les paroles et les actes politiques. On ressent une forte volonté de tourner la page coloniale, d’affirmer l’unité nationale et la construction des pays. Au Cameroun par exemple, le Président Paul Biya10 arrive au pouvoir presque en fanfare en promettant le « Renouveau », la « rigueur et la moralisation »11. Il se fait appeler : « l’homme du Renouveau ». En 1985, au congrès fondateur de son parti, le RDPC12, il annonce la fin du « parti unique » et donc, de la « pensée unique », ce qui était remarquable. Mais, dans les faits, cela n’avait été qu’un leurre ; sur le plan cognitif, depuis cette période, l’agression psychique de l’approche autoritariste est restée présente à travers, par exemple, la diffusion quotidienne et en plein midi à la radio nationale, d’une mélodie de son chant de gloire dont les paroles disent entre autres : « Paul Biya nous te présentons les camarades du RDPC, des millions, des millions… ».

En 1987, les paroles sont encore plus sensationnelles en Afrique Noire. Un angle de vision possible de cette réalité au Cameroun est la déclaration « crue » de  Paul Biya : « le Cameroun n’est la chasse gardée de personne »13. Cette promesse implicite de mettre fin à la mainmise de la France sur son ancienne colonie14 était énorme mais, cela n’avait valu que le temps de l’événement. Il eut à dire haut et fort : « Je n’irai pas au FMI15 » et « Avec ou sans le FMI, le Cameroun se sortira de la crise »16. À cette époque, la connotation de cette déclaration était très nationaliste à l’image de ce que disait son homologue Thomas Sankara du « pays des hommes intègres », le Burkina Faso : « […] ne payons plus nos dettes [chez les bailleurs de fonds] »17. Ces leaders exprimaient-là un rêve d’autonomie qui ne pouvait que favoriser l’inscription de leur nom dans l’histoire comme de « Vrais Libérateurs». De même, Biya disait  vouloir qu’on retienne de lui qu’il était le Président qui avait apporté la « démocratie et le progrès » au Cameroun. Mais, ce ne fût que de grosses sensations discursives car, pendant que Sankara se faisait assassiner, Biya revenait sur sa décision18. Du point de vue de la communication, la promesse dans le discours politique ne fût pas tenue et en se référant au triangle des acteurs ci-dessus, tout porte à croire que le lobby19 des tiers perdants des faits promis s’était mis en branle pour faire bloc contre leur mise en œuvre. En 2007, le même scénario s’est reproduit avec le cas du Ministre camerounais des Finances qui a dit: « Nous n'irons plus chercher l'argent du FMI »20. À cette déclaration, des « ouf ! » de soulagement n’avaient pas duré non plus parce que le Cameroun retournera au FMI.

On observe bien qu’en matière de promesses politiques, plusieurs décennies après les indépendances, la balance entre les attentes des populations nécessiteuses et celles des tiers perdants bascule toujours en défaveur des premiers, ce qui crée des crises de confiance susceptibles d’être gérées par le recadrage des vrais bénéficiaires des actions. Toutefois, dans la décennie 1980, l’esprit des promesses cadrait bien avec les élans politiques de l’époque. L’essentiel pour les nationalistes n’était pas d’atteindre les objectifs énoncés, mais de « vendre » l’idéal auquel il fallait aspirer. En 1983 et en 1987 respectivement au conseil national de l’UNC21 et dans son livre Pour le libéralisme communautaire, Paul Biya a été particulièrement éloquent à ce sujet22. De même, en 1990, il refuse de céder au réalisme que lui imposait la mauvaise conjoncture, en demandant à son parti de s’habituer à la concurrence politique et en proclamant la « démocratie » pendant que les leaders occidentaux réalistes à l’instar de Jacques Chirac23 créait l'ambiguïté en affirmant que la démocratie était un « luxe » pour l’Afrique : « l'évolution de la vie politique intérieure de ces pays [Africains] doit se faire à leur rythme et non dans la précipitation ». Malgré tout, le réalisme en politique avait commencé à s’imposer à partir de ce moment-là. On parla même de la realpolitik24.

La promesse réaliste est envisagée comme un acte qui communique sur le gain mutuel dans l’exercice du pouvoir. Elle est populiste quand elle se fonde sur l’incrimination de l’élite politique, économique et financière (Rioux : 2007). On observe que la promesse prend une coloration de la realpolitik c'est-à-dire d’une politique fondée sur le calcul des forces et des intérêts (Kissinger, 1996 : 123).

Dès 1991, la tendance dans les discours à la fois envers les populations, les Puissances étrangères et les bailleurs de fonds, est de céder à la réalité des intérêts de pouvoir en jeu. En interne, la concurrence politique était devenue rude avec les mouvements de démocratisation et il fallait commencer à tenir compte du jeu électoral. La politique du réalisme voulait même qu’on fasse voter « aveuglement [tout moyen est bon] », l’essentiel étant de « gagner » les élections. On observe donc la disparition presque totale de beaux discours nationalistes et idéologiques au profit des promesses populistes. La situation dans les pays se dégrade et le peuple prend les pouvoirs en place pour bouc-émissaires. L’opposition nage dans la mouvance du temps et son discours se résume essentiellement  en une chose : « le pouvoir est en train de tuer le pays […]. Ils [le pouvoir] sont en train de faire des manœuvres pour truquer les élections ». Pour ce faire, on offre du sensationnel à la population comme arme principale susceptible de permettre de sauvegarder son vote. Dans l’environnement cognitif, planait l’ombre de la promesse de réaliser le « mystère ». A ce sujet, il se développe au sein de l’opinion camerounaise, par exemple, une adhésion hystérique aux promesses sensationnelles de Ni John Fru Ndi, un personnage charismatique jusque-là méconnu et qui apparaissait toujours en tenue traditionnelle d’apparat de sa région, le Nord-Ouest. Dans la représentation politique, la notion de «traditionnelle» connote « nationaliste » et « mystique ».

En tant que nationaliste, son profil faisait le lien avec les attentes de l’aire de gloire idéologique qui courait encore en ce début des années 1990. Une explication possible des mobilisations derrière lui serait bien le fait qu’à partir des années 1988, l’enthousiasme nationaliste qui émanait des premières heures de pouvoir de Paul Biya s’estompa. Alors que le monde traverse une crise de surproduction et que le Cameroun, économie agricole, ne trouvait plus de débouchés pour ses produits, le Président demanda de « retrousser les manches » au lieu de continuer à vendre l’illusion du rêve d’une société idéale. De même, alors qu’on se trouvait dans la mouvance des Conférences nationales souveraines pour « panser les plaies » du passé, le gouvernement camerounais alla en contre courant et déclara : « Le Cameroun, c'est le Cameroun [et non le Benin25 ou le Mali26] »27, « La conférence nationale est sans objet [...].Tant que Yaoundé28 respire, le Cameroun vit »29, « Me [Biya] voici donc à Douala30 [faites alors ce que vous pouvez !] ». L’opposition n’avait donc été qu’opportuniste, dans ce contexte de défiance politique, en proclamant la fin de la souffrance dans un pidgin accessible à tous: « sofa don finish [C’est fini la souffrance] »31.

En tant que personne « mystique », Fru Ndi propageait ainsi l’illusion d’être crédible pour faire face au « pouvoir » de Yaoundé. Dans la représentation mentale locale, les ressortissants de sa région étaient réputés être de bons tradi-praticiens32, ce qui voulait dire que l’homme connotait la « puissance » pour chasser le bouc-émissaire Biya. A l’œil nu33, il ne lui a fallu ni argent considérable, ni soutien des Puissances étrangères pour se hisser comme idole de la masse. D’ailleurs, on entendait dans un pidgin-english accessible à tous : « I go catch him [Je vais l’attraper, parlant de Biya] ». Cette promesse du mystique était accompagnée par des accessoires spécialisés comme cette espèce de mouchard ou bout de bâton scruté que tiennent les dignitaires de sa région et qui est porteur de puissance selon les croyances populaires. L’image du dignitaire laissait entendre que par un « bâton magique », il pouvait décréter la fin de toutes les souffrances du Cameroun. Comment pouvait-on croire en ce genre de choses ? De façon hystérique, la question rationnelle ne semblait pas venir à l’esprit des gens. Plus le « Chairman », comme il se faisait appeler, enchaînait ses tournées, plus il donnait une certaine sensation forte de sécurité menacée par « l’homme-lion »34.

Après 1992, les échéances électorales sont finies et les promesses à connotation sensationnelle perdent de leurs valeurs. L’opinion se divise et de façon implicite, on peut comprendre qu’à la fin de l’hystérie, les uns et les autres se soient ravisés et se soient rendus compte des limites rationnelles du « Chairman ». Dans tous les cas, on observe par la suite des événements que le pouvoir en avait tiré des leçons. L’environnement cognitif du grassfield35 est récupéré dans l’approche de la communication politique du Pouvoir et Simon Achidi Achu, l’alter ego36 de Ni John Fru Ndi, est nommé Premier ministre du Cameroun. Entre 1992 et 1996, dans la même mouvance culturelle qui régnait et faisait gagner, il lança : « politic na njangui [le jeu politique fonctionne comme une tontine : tu me cotises, je te cotise[] »37 et promet ainsi implicitement la récompense à toutes celles et à tous ceux qui feraient allégeance au régime. Au sein de la même culture, on ne promettait plus le « mystique » mais, le « partage du gâteau » avec pour condition de « cotiser » pour en avoir droit.

Pendant la campagne électorale qui conduisit aux présidentielles de 1997, le langage du « njangui » consistait à proposer du « fifty-fifty » à savoir que « tu tapes dans mon dos, je tape dans ton ventre » ou mieux « tu me donnes et je te donne à mon tour, sinon tu n’a rien ». Le principal concerné lui-même témoigne : « Nous disions aux gens que si vous donnez vos voix à Paul Biya, étant donné qu’il gère le pays, il sera à mesure de vous donner en retour en fonction de vos besoins et des disponibilités du pays »38. Dans cette démarche, on a clairement la division du groupe des bénéficiaires en ceci qu’on ne promet plus de soutenir que la portion du peuple qui accepte d’entrer dans le jeu du réalisme politique. L’homme politique se fait un outil commercialisable auprès de tous ceux qui veulent obtenir des privilèges au sein de la « mangeoire [appareil de l’Etat] »39. On observe aussi que la répression ne se fait plus par terreur physique de l’époque du nationalisme mais, par suppression des avantages liés à la citoyenneté40. Comme il se disait, les relations entre les politiques et les bénéficiaires avaient « l’œil [pour discerner] et les dents [pour croquer] ».

Le mot d’ordre de l’opposition devient le boycott et un silence « sensationnel » caractérise leur politique de la « chaise vide ». Le profil du mystique ne fait plus foule. Dans la mouvance de la libéralisation de la communication, les médias à capitaux privés ne s’empêchent plus d’ouvrir leurs antennes aux défoulements de toutes sortes. La libido politique se transpose dans les médias et les audiences se calculent au plus sensationnel. On crée une obsession autour du « Pouvoir » et on se rivalise de superlatif pour diaboliser les régimes en place. Sur le plan économique et social, l’opposition promet « rien » et se contente de brandir « la démocratie occidentale » comme solution « miracle et passe-partout ».

En s’interrogeant sur les attentes du peuple, on constate simplement que depuis la crise économique de 1988 doublée par la dévaluation du franc CFA en 1994, tout s’oriente vers le désir de la relance. Or, dans les faits, le lien scientifique entre la démocratie et la croissance est mitigé. Cela veut dire que les discours politiques qui consistent à promettre la démocratie pour le développement sont des mensonges au sens de Duradin (1982). La leçon de Louis XI41 s’applique donc à savoir que : « En politique, il faut donner ce qu'on n'a pas, et promettre ce qu'on ne peut pas donner ». Il y a une quasi-absence de publications consultables et cela constitue toujours une facette de la promesse sensationnelle. La technique consiste à être toujours celui qui critique tout en évitant de donner l’occasion de se faire prendre. Louis XI reste vraiment le Roi du jeu : « Qui ne sait dissimuler ne sait pas régner. »42

Jusqu’en 2004, la stratégie marchait bien puisque même les Pouvoirs s’étaient tus et préféraient de fonctionner par des rumeurs : absence de prises de position claire, beaucoup de promesses de « démocratie apaisée », de « paix et stabilité », etc. Le discours public des leaders politiques se faisait rare et il fallait attendre des occasions de cérémonies officielles pour glaner quelques informations. De part et d’autre, on remarquait des lancements de rumeurs en vue d’enregistrer des réactions qui servaient à orienter les « actions surprises ». C’est aussi le début du règne des médias à tendance sensationnelle qui s’alimentaient de ces rumeurs. La pratique politique par excellence consistait à distribuer, pour se faire élire, de l’argent, des gadgets et des aliments. Le fait de « bien parler » consistait à « gombotiser »43. Ce sont-là des manifestations de la promesse réaliste qui a pour crédo « la politique du ventre » : exploiter la misère de la population pour rester au pouvoir d’une part ou pour le conquérir d’autre part.

En 1998, au Cameroun, on observe dans la promesse de l’atteinte prochaine du « bout du tunnel » que Paul Biya joue le jeu de la dissimulation politique par le sensationnel. Mais, depuis lors, son peuple semble toujours lui demander en vain : « À quand ce bout du tunnel ? ». Toutefois, dans la représentation mentale, les promesses de « l’homme-lion » ne sont pas toujours balayées d’un revers de la main car il a su surprendre en matérialisant un peu comme cadeau de « l’an 2000 » son fameux « Je vous verrai »44 qu’il avait lancé à Roger Milla, le Lion Indomptable45, héros de la Coupe du monde de football de 1990 en Italie. Ce faisant, le leader camerounais avait actualisé sa manière de faire la langue de bois (Boyomo Assala : 2001) et imprimé dans l’imaginaire collectif une image de personne « imprévisible ». L’intérêt pragmatique qu’on peut en déceler est qu’il a su faciliter son activité de vente de l’illusion politique. En 2000, il disait à la population « […] je vous ai compris » et en 2004, l’idéologie de la morale publique se trouve entièrement sabotée car, « tous » les acteurs ont les « mains sales ». Comme a chanté l’artiste du pseudonyme « Aïe-Jo Mamadou » qui ressemble par analogie à « Ahidjo Ahmadou46 [qui crie Aïe pour ce que le Cameroun est devenu]» : « mouillé, c’est mouillé ; il n’y a pas de mouillé-sec ». La realpolitik n’était plus réaliste au vu du nombre de dégâts qu’elle engendrait.

Il faut entendre par promesse intelligemment faite, un enchaînement discursif actualisé (Boyomo Assala : 2001) intellectuellement et technologiquement correct. Comme le disait Dave Barry (1998), les ordinateurs ont le pouvoir de transformer notre monde en un monde qui nous soit tout à fait étranger.

Dès 2004, les discours du pouvoir commencent à chercher une alternative à la politique de la promesse du « partage du gâteau ». On perçoit dans le ton des interventions publiques que les dérives de cette approche agacent les pouvoirs. A l’occasion de la campagne électorale, Paul Biya feint de se démarquer de la realpolitik : il annonce qu’il a pour le Cameroun un projet des « Grandes Ambitions »47 et promet : « vous verrez, ça va changer ».

Pendant ce temps, on observe que l’opposition délocalisait aussi son offre de la promesse du « mystère ». La variable forte n’était plus le mystique mais plutôt, les nouvelles technologies de la communication. A l’heure où l’arrimage à Internet et aux téléphones portables est total, on promet d’utiliser ce « mystère technologique » pour « chasser » les régimes en place faits des « Vieux de l’autre époque ». Un exemple d’effet sensationnel de cette approche est la rumeur qui a circulé sur internet sur le décès de Paul Biya embarquant la totalité de la presse nationale dans la reprise de l’information sans aucune considération à la vérification de la source. L’hystérie que cela avait produite, indique que la stratégie de la communication avait été sophistiquée.

En 2006, la promesse intelligente est suffisamment peaufinée chez Paul Biya et la stratégie semble être : « on se presse de tout dire de peur d’être critiqué ». Or, comme le disait Alain (1923): « Je plains ceux qui ont l'air intelligent ; c'est une promesse qu'on ne peut tenir ». Ainsi, Biya reconnaît48 que sa communication politique par le passé était « grippée », dénonce « l’inertie » (Olinga : 2009) dans son régime et promet « tout » aux militants de son parti dont entre autres : des « actions fortes pour relancer la croissance », la « discipline budgétaire et bonne gouvernance », le « développement d’une économie moderne » et ce, de façon urgente car « chaque jour compte. Alors, assez tergiversé. Entrons dans la mêlée ». Le Président venait ainsi de promettre « l’intelligence » aux militants assoiffés de sensation. Il leur dit : « Je n’ai pas changé » et finit par : « l’énumération en serait fastidieuse, mais il est loisible d’en constater la réalité ». Accompagnées par des séries des questions rhétoriques : « N’en sommes-nous pas capables ? », « Avons-nous le droit d’hésiter ? », « Dois-Je rappeler que nous ne sommes plus à l’ère du parti unique ? », les promesses du Président Camerounais sont intelligemment faites de manière à ne pas susciter l’ombre d’un doute. Il dit : « Non, chers camarades, rassurez-vous, je ne rêve pas ». Elles ont pour but de contrer toutes les formes de critiques possibles susceptibles d’être formulées. D’ailleurs, on dit maintenant en politique que « la meilleure défense est l’attaque ».

La nouvelle démarche discursive intelligente des hommes politiques au pouvoir est donc clairement (1) d’énumérer d’une part tous les maux possibles susceptibles d’être trouvés et (2) d’y opposer d’autre part, toutes les solutions possibles, et (3) de conclure sur la volonté de faire. L’homme politique veut prouver aux populations et à la Communauté internationale sa bonne foi de faire le nécessaire. Cela se traduit par « Je sais ce qu’il faut faire et je me bats à le faire » et c’est intentionnellement manipulatoire puisqu’il se bat plutôt pour se faire élire.

Depuis 2008, le discours de l’opposition se cristallise sur la volonté d’éternité au pouvoir des régimes en place. Le mystère de la technologie ayant été maîtrisé, un autre pôle d’exploration est la Communauté internationale. Alors, on promet de court-circuiter les méthodes de ces régimes en s’appliquant sur du sensationnel dans des plaintes au niveau international. Au nom de la démocratie et de la liberté d’expression, l’heure est aux campagnes de diffamation et d’attaques des personnalités et de leurs proches. Des situations humanitaires sont provoquées ou exploitées pour alimenter ce réseau en parlant notamment de « crimes contre l’humanité » et des menaces de poursuite par la Cour Pénale Internationale. Le but est bien sûr de créer des sensations pour qu’il y ait une répercussion électorale. En 2009, c’est le cas des rapports de l’ONG baptisée « Comité Catholique contre la Faim et pour le Développement » (CCFD) sur les prétendus « biens mal acquis » des Présidents Africains. Pour le cas du Cameroun, Jean Merckaert, un porte-parole, informait le public que des « militants et journalistes camerounais » avaient été déçus que leur pays ne figurât pas dans leur Rapport 2007 : « Ils ont cherché à rassembler tous les éléments à leur disposition sur le sujet, et même celui du Président camerounais. C’est essentiellement ces documents et quelques autres qui vont nous permettre de consacrer quelques pages… au Cameroun. »49

Il était donc clair que le rapport en question avait une connotation sensationnelle nonobstant la pertinence qu’il pouvait avoir. Cela exprime la détermination d’une certaine diaspora instruite ou non de la chose politique qui se dit convaincue de ce que : « on peut tromper tout le peuple une partie du temps, on peut tromper une partie du peuple tout le temps, mais jamais tout le peuple tout le temps ». Elle dit notamment que « l’heure est venue où les manipulations ne passeront plus du tout, car tout le peuple est en éveil désormais. »50 Cette promesse de conquérir le pouvoir et de court-circuiter le fonctionnement des pays de l’extérieur est prise très au sérieux par les protagonistes. Pour le cas du Cameroun par exemple, une délégation de hauts fonctionnaires a sillonné la diaspora occidentale en avril et mai 2010 dans le but de ventiler la promesse de l’implication de cette dernière dans la gestion du pays (« double nationalité et droit de vote ») : « les choses vont changer ! »51.

Il ressort des différentes lettres ouvertes et pétitions52 que la principale revendication de l’opposition est le besoin de « l’alternance » sans qu’on ne puisse faire une connexion scientifique entre le changement de régime et le développement. Cela indique qu’on est au bord d’une mauvaise conjoncture sociale comparable à celle des années 1990 et que le tiers gagnant risque d’être un opportuniste qui saura nager dans le courant du temps. D’ailleurs, avec l’élection de Barack Obama aux Etats-Unis en 2009, une série d’hommes politiques du « Yes I can »53 se dévoilent au jour le jour sur internet. On n’entend plus que : « nous voulons des élections libres et transparentes ». Et les nouveaux putschistes en Guinée54 ou au Niger55 n’ont rien fait d’autre que de promettre cela. Comme le pensait Quantin (2002, 6-7) :

 « La vague de transitions démocratiques du début des années en 1990 a marqué le retour du multipartisme et du principe des élections libres et honnêtes. Elle a replacé la question du vote au centre de la politique africaine. Pourtant ce retour ne doit pas occulter la trace des expériences politiques non-compétitives vécues pendant vingt ou trente ans par les électeurs africains. Ignorer ce passé de dénégation et de détournement du sens du vote empêche de saisir les difficultés liées aux (re)démocratisations. »

Tous les acteurs ne pensent plus qu’aux élections pour (1) arriver au pouvoir (opposition), (2) mettre quelqu’un au pouvoir (néo-colons) ou (3) se maintenir au pouvoir (régimes en place). Certains polémistes qualifient de néocolonialisme l'attitude actuelle qui consiste à faire appel à la communauté internationale et à la démocratie occidentale pour s'ingérer dans les affaires politiques des pays d’Afrique Noire afin d'y apporter les soi-disant « paix, démocratie, droits de l'homme ». Plus on brandit la démocratie et on passe aux élections, moins les gens voient leurs situations s’améliorer. Le Benin est présenté d’une part, comme « modèle de démocratie » et d’autre part, comme l’un des pays de l’Afrique Noire Francophone les plus pauvres56. En févier 2008, on avait assisté aux « émeutes de la faim »57 au Cameroun alors que quelques mois plutôt lors des législatives en juillet 2007, les mêmes populations avaient donné « une majorité confortable » au régime de façon pacifique. Ces paradoxes nous indiquent sur le plan pragmatique qu’il y a nécessité de décaler les discours du champ des élections vers celui des nécessités vitales du peuple car, l’illusion vendue actuellement dans la promesse de la démocratie tarde à se réaliser.

À la fin de cette analyse, on peut dire que la promesse politique dans les régimes présidentialistes d’Afrique Noire Francophone génère des effets sensationnels qui ne comblent pas les attentes des populations nécessiteuses. Hantés en perpétuel par le spectre des élections prochaines, les hommes politiques sont plus des sapeurs pompiers que de vrais bâtisseurs ; ils s’intéressent plus à la stabilisation des cycles conjoncturels (populaires) et moins au lancement de vraies réformes structurelles susceptibles de conduire à la croissance (impopulaires). L’enjeu politique est la perte ou la victoire aux élections dont le cycle tourne et tourne sans cesse si bien qu’on peut parler de rouleau compresseur. Il convient donc qu’au niveau global africain, il y ait une harmonisation des discours politiques sur la variable à expliquer qui est la croissance et non sur la variable explicative qui est la démocratie. Pour l’avenir de la communication, des voix commencent à s’élever pour évaluer les discours démocratiques. Le but est d’isoler cette variable « démocratie » et comparer sur une durée déterminée, le niveau de croissance obtenu avant et après son instauration. C’est le gage d’une communication politique efficace dénuée de toute manipulation.



Liste des références bibliographiques

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Notes de bas de page


1 Les leaders panafricains comme Kwame Nkrumah (1909-1972) ou Mongo Béti (1932-2001) furent les premiers à utiliser ce terme pour désigner ceux qui contrôlent l’Afrique par des moyens indirects.(Nkrumah : 2009) et (Beti :2003)
2 Invention de l’'ancien président de la Côte d’Ivoire Félix Houphouët-Boigny en 1955 pour définir les bonnes relations qu’il voulait établir avec la France et reprise par François-Xavier Verschave par « Françafrique ».
3 Le journal Le Monde du 2-3 juillet 2005 reprit ses reproches d’écrire les livres sans se rendre sur le terrain.
4 Après le feu Président Bongo Ondimba, l’opposant André Mba Obame le répète assez régulièrement dans ses interviews depuis sa perte des élections présidentielles en 2009.
5 Deuxième Président de la République du Gabon  qui régna de 1967 à sa mort en 2009, soit pendant 42 ans.
6 Zineb Dryef, « Bongo et la France : quarante ans de mauvais coups », Rue 89, 27 juillet 2007.
7 « Le Gabon à la croisée des chemins », Le Pays, 8 juin 2009.
8 Témoignage de l’écrivain Calixte Beyala au journal Le jour  « On se rend compte que les premiers présidents africains étaient pris en otage en quelque sorte. Ils avaient les pieds et les mains liés par l'occident », URL de référence : http://www.africatime.com/Cameroun/nouvelle.asp?no_nouvelle= 514728&no_categorie  
9 AFP, « Bongo a ‘‘servi l’intérêt de la France’’ pas ses ‘‘citoyens’’ pour Eva Joly », Libération, 8 juin 2009.
10 Le Président Paul Biya est au pouvoir depuis le 6 novembre 1982, soit depuis 28 ans à nos jours.
11 Lors de son discours d’investiture le 6 novembre 1982.
12 Rassemblement Démocratique du Peuple Camerounais qui remplaça l’Union Nationale Camerounaise (UNC).
13 C’était lors d’une tournée européenne qui le conduisait entre autres en Allemagne et en Turquie.
14 Le Cameroun n’a jamais été une colonie française même s’il a été traité de la sorte.
15 Fonds Monétaire International.
16 En 1987, devant les députés à l’Assemblée Nationale d’une part et lors de son discours de fin d’année d’autres part, le président Biya réaffirma à la Nation son hostilité à l’égard de la dette.
17 Ce fût dans son discours au Sommet de l’Organisation de l’Unité Africaine (OUA) en 1987.
18 Le Cameroun ira bel et bien au FMI en 1988 et sera mis sous ajustement structurel.
19 Nous utilisons ce mot en référence à un groupe de pression.
20 C’était le ministre Essimi Menye à Yaoundé le 4 février 2007 au cours d'une conférence de presse
21 Union Nationale Camerounaise, parti unique en 1982 à la prise de pouvoir de Paul Biya.
23 Il était à cette époque le maire de Paris en visite le 18 juillet 1990 à Tunis.
24 Le terme « Realpolitik » désigne la politique ou la diplomatie fondée principalement sur des considérations pratiques de pouvoir et non sur des notions d’idéologies ou de la morale publique.
25 L’un des premiers Président à accepter la « conférence nationale », Mathieu Kérékou déclara même : « J’accepte toutes les conclusions de vos travaux » et fût battu aux présidentielles par Nicéphore Soglo en 1991.
26 En 1991, Le président Moussa Traoré est renversé par le général Amadou Toumani Touré qui, après une période de transition, restaure la démocratie avec l'élection d'Alpha Oumar Konaré en 1992.
27 L'expression a été prononcée par l'ancien Premier ministre Sadou Hayatou lors de la « Conférence Tripartite » qui avait regroupé du 30 octobre au 15 novembre 1991, au Palais des Congrès de Yaoundé, les acteurs politiques
28 Yaoundé est la capitale politique du Cameroun et siège des institutions.
29 Suite à son Premier ministre, Biya a fait cette déclaration qui engendra des casses pendant les 48 heures qui suivirent dans les villes de Douala, Bamenda, Limbé et Kumba.
30 Douala, capitale économique du pays, était le fief des révoltes qui ont conduites aux « villes mortes » en 1991.
31 Slogan du Social Democratic Front (SDF), le principal parti d’opposition du Cameroun.
32 Ce terme est utilisé au Cameroun pour désigner les spécialistes de la médecine locale.
33 C’est discutable parce que le soutien des « Grosses puissances » n’est jamais visible.
34 Paul Biya faisait sa campagne à l’image du lion perçu comme animal le plus fort de la jungle.
35 Ethnie couvrant à peu près les régions du Nord-Ouest et de l’Ouest du Cameroun.
36 Ni John Fru Ndi, militant du RDPC depuis le congrès de Bamenda de 1985 et conseiller municipal de Bamenda de 1987 à 1990, est devenu opposant suite à sa non-élection, face à Simon Achidi Achu, comme président de la section départementale de la Mezam et candidat du parti aux législatives de 1988.
37 Le Njangui est une plate-forme de cotisation mutuelle au sein de laquelle n’ont droit aux fruits de la répartition équitable que les membres qui ont contribué.
39 Terme utilisé au Cameroun dans l’imaginaire populaire pour désigner l’administration publique.
40 La communication politique du Président parle plutôt de pédagogie pour caractériser cette période. http://journal.rdpcpdm.cm/index.php?option=com_content&task=view&id=515&Itemid=265
41 Louis XI était le Roi de France né le 03 juillet 1423 et décédé le 25 août 1483.
43 Distribuer de l’argent qui, dans la représentation mentale camerounaise, glisse comme du gombo.
44 C’était au terme d’une épique prestation du joueur dans une finale de la coupe du Cameroun à Yaoundé. Pendant une période de « disette financière », Milla, actuel ambassadeur itinérant, était revenu évoluer, la quarantaine sonnée et après un parcours en France et à l’île de la Réunion, au sein de Tonnerre Kalara club en première division nationale, ce qui représentait une « ingratitude de la Nation » pour ses services rendus.
45 C’est l’appellation de l’équipe nationale mythique de football du Cameroun.
46 Il est le premier Président de la République du Cameroun, « Père de la Nation ».
47 C’était le slogan de campagne lors des élections présidentielles de 2004 au Cameroun.
48 C’était lors de l’ouverture du troisième congrès extraordinaire du RDPC le vendredi 21 juillet 2006 à Yaoundé
49 Repères n° 125, du 03 juin 2009, p. 9.
51 C’est ce qui ressort du message diffusé en Suisse par exemple les 03 et 04 mai 2010 par cette délégation.  
52 Le site internet vedette de la diffusion de ce genre d’information est : http://www.camer.be
53 C’était le slogan de la campagne électorale du Président Américain en 2009.
54 Il s’agit du Conseil National pour la Démocratie et le Développement avec à sa tête Moussa Dadis Camara qui n’a pas respecté des engagements d’organiser les élections http://www.youtube.com/watch?v=pUkBQDPgCUo
55 Il s’agit du Conseil Suprême pour la Restauration de la Démocratie dirigé par Salou Djibo qui a promis la démocratie et la bonne gouvernance.
56 On estime un taux d’alphabétisation de moins de 40% et une économie informelle à 95%.
57 C’était l’un des plus grandes mobilisations meurtrières du pays depuis les « villes mortes » des années 1991.



Pour citer cet article


Kakdeu Louis-Marie. Analyse expérientielle de la promesse comme stratégie de communication politique en Afrique noire francophone. Signes, Discours et Sociétés [en ligne], 5. Communication et discours politiques : actualités et perspectives, 5 juillet 2010. Disponible sur Internet : http://www.revue-signes.info/document.php?id=1677. ISSN 1308-8378.




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Revue électronique internationale publiée par quatre universités partenaires : Galatasaray (Istanbul, Turquie), Ovidius (Constanta, Roumanie), Turku (Finlande) et Nantes (France) avec le soutien de l'Agence universitaire de la Francophonie (AUF)
ISSN 1308-8378