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Signes, discours et sociétés

Présentation
Date de publication : 25 juillet 2009

Précédents appels et comités de rédaction



Anca Măgureanu

Marina-Oltea Păunescu

Vivre signifie participer à un dialogue, interroger, écouter, répondre, être en accord, etc.  (Mikhaïl Bakhtine)

Nos sociétés ont plus que jamais besoin du dialogue : c’est dans le dialogue que nous construisons et manifestons notre solidarité dans la réciprocité qui fonde notre appartenance à une communauté (linguistique, sociale, culturelle, politique ou autre) ; c’est dans le dialogue que nous construisons notre identité subjective ; c’est dans le dialogue que nous assignons, ensemble, un sens à la réalité ; c’est dans le dialogue que gît la clé de l’intercompréhension ; enfin, c’est dans le dialogue que se définit, de façon exemplaire, notre rapport discursif à l’autre.

Aussi parler des discours et des sociétés, c’est parler des signes que nous utilisons en vue d’un dialogue heureux. Dans le prolongement de la problématique qui définit le profil de notre revue, nous vous convions, à l’occasion de ce troisième numéro, à un dialogue sur le dialogue entre spécialistes issus des champs disciplinaires hétérogènes.

Certes, la notion de dialogue est par excellence problématique (le dialogue est-il autre chose qu’un pur idéal théorique, décrit au moyen de modèles ?), mais au-delà des divergences épistémiques justifiant l’absence d’une définition unitaire, le terme connaît généralement un double emploi : dans son acception large, il est synonyme d’interaction verbale ; l’acception restreinte définit un type d’interaction verbale dont les particularités le différencient de la conversation, de la négociation, du débat, de la discussion, etc. Si le dialogue comme interaction verbale se situe dans le plan de la réflexion théorique qui se propose de cerner les traits universels de l’activité dialogique, le dialogue comme genre d’activité oblige à une prise en considération des facteurs institutionnels et/ou sociologiques caractérisant la situation concrète de son déroulement.

Une étude des dialogues en fonction de leur appartenance à des genres discursifs distincts : dialogue politique, didactique, économique, juridique, scientifique, philosophique, littéraire, etc. permettra à son tour une mise en évidence des valeurs et des normes culturelles spécifiques.

Deux directions de recherche semblent se dessiner autour de la problématique du dialogue :

1. La construction de la relation sociale dans le dialogue;

2. La construction d’une représentation du monde dans le dialogue.

Voici quelques thèmes proposés à titre de suggestion :

  • le concept de dialogue ;

  • la construction de la relation interpersonnelle et/ou sociale dans le dialogue ;

  • l’image identitaire des participants au dialogue ;

  • la construction dialogique du sens : intercompréhension ou inter-incompréhension ;

  • le dialogue dans les diverses institutions sociales, politiques, médiatiques, culturelles ;

  • le dialogue littéraire ;

  • le dialogue interculturel.

Nous invitons nos collègues, linguistes, pragmaticiens, sémioticiens, sociologues, anthropologues, philosophes du langage, mais aussi tout chercheur intéressé par les aspects communicatifs dans sa spécialité, à apporter une contribution au dialogue que nous espérons mettre en place dans l’espace électronique de notre revue : la diversité des approches ne pourra que faire émerger la complexité de ce phénomène social fondamental qu’est, dans notre vision, le dialogue.

Michel Bourse, responsable-coordonnateur du numéro 2

« C’est ainsi qu’il y a une monstruosité de l’image : elle est hors du commun de la présence parce qu’elle en est l’ostension, la manifestation non pas comme apparence, mais comme exhibition, comme mise au jour et mise en avant.  »

Jean-Luc Nancy, Au fond des images, ed. Galilée, 2003, p. 47

Les images et les autres signes visuels contribuent d’une manière décisive non seulement à l’évolution des modes d’échange et de représentation du monde, mais aussi aux stratégies tant politiques qu’institutionnelles qui en dérivent. Dans le monde globalisé dans lequel nous vivons, les images constituent un moyen privilégié pour dépasser les limites qui peuvent être imposées par la diversité des langues. L’identité visuelle exprime, grâce à un style graphique propre, les valeurs, les normes des cultures auxquelles nous appartenons. Les images constituent ainsi autant de recueil d’informations sur l’histoire, les activités, l’organisation, le positionnement et l’évolution de nos sociétés.

L’identité visuelle s’applique à tous les supports possibles : signes, icônes, logos, images, bâtiments, signalétique, publicités, véhicules, vêtements, médias (mise en page, maquettes, traitements des informations), films et programmes et séries télévisées, affiches politiques, bandes dessinées, caricatures, etc. Cette identité crée un style graphique et visuel propre à chaque société et peut être accompagnée de formules linguistiques aux diverses fonctions. Elle peut être immédiatement compréhensible et facilement mémorisable par tous ceux qui en sont membres. Les couleurs en sont un élément primordial puis les formes et ensuite les mots. Les identités visuelles se retrouvent également prisonnières des codes qu’elles imposent.  Un code peut être une couleur, une forme, un geste, voire un bruit : ils identifient des cultures, autant de perceptions, de représentations du monde, autant de formes linguistiques. Ils peuvent être de natures variées: il existe des codes formels, couleurs graphiques, fonctionnels, gestuels, culturels, sonores, etc. L’identité visuelle s’exprime ainsi de diverses façons, tant explicitement que de façon implicite.

Les identités visuelles offrent donc un bon terrain d’observation pour saisir certaines des caractéristiques propres à nos sociétés et les transformations qui les affectent. Elles illustrent, au-delà de leur commune appartenance à notre culture matérielle contemporaine, un même mode de production du sens : une même façon de concevoir et d’affirmer son identité. Les identités visuelles apparaissent alors comme autant de manifestations, dans nos cultures contemporaines, de cette façon si particulière d’articuler le sensible et l’intelligible. Dans un domaine où les codes visuels, textuels ou interactifs sont des matériaux essentiels ce numéro de notre revue dédié aux « Identités visuelles » pourra ainsi, nous l’espérons, apporter des outils d’analyse pertinents.

Nous proposons donc dans ce numéro 2 de la revue Signes, Discours et Sociétés  une réflexion sur les « identités visuelles » propres à chacun de nos pays en tant qu’elles sont des opérateurs cognitif et perceptif. Elles peuvent jouer un rôle à la fois positif en tant que les identités visuelles peuvent contribuer à rendre les cultures du monde intelligibles les unes aux autres dans leurs différences mêmes, et un rôle négatif en tant que souvent elles contribuent à les présenter sous des formes déguisées et déformées et du coup à occulter les cultures les unes aux autres. Nous vous invitons à réfléchir sur l’apport des images, non seulement dans leur dimension esthétique, mais plus largement cognitive, anthropologique, culturelle et même économique et politique, à notre compréhension actuelle du monde. Nous nous intéresserons également aux liens que les images entretiennent  avec les textes qui les accompagnent.

Voici une liste non exhaustive des thèmes et des problématiques sur lesquels vous êtes invités à nous adresser des contributions :

  • La mutation dans les fonctions des images : de la contemplation de l’art aux stratégies des jeux d’ordinateur.

  • Le visuel en tant que substitut du verbal : forme et fonctions des « icônes » de l’ordinateur, de la téléphonie mobile, de la signalétique urbaine ou pictogrammes des musées, des gares et des aéroports.  

  • L’importance de la visualité dans les marques de distinction entre les groupes et les sociétés, les sexes et les générations, les ethnies et les religions, les objets et les produits.

  • Rituel des images, ritualité dans les images. Maquettes et mises en page à l’œuvre dans les médias.

  • Confrontations des signes et des significations visuelles dans le monde globalisé : l’exemple des séries télévisées.

  • Constructions d’intelligibilité dans les nouveaux médias dont le caractère visuel est largement prédominant.  

  • La globalisation de la visualité comme synthèse possible des pratiques visuelles venant de différentes cultures.

  • L’espace architectural, urbain ou paysager et ses images.

  • Fonction sociale et politique des industries des images.

  • Expression linguistique du découpage idiosyncrasique des formes et couleurs

  • Relation image/texte dans la production de discours associant le visuel et l’écrit.

Mioara Codleanu

Sandina Vasile

Marinela Vramulet

L’intercommunication est prise ici dans son acceptation large : communication où le locuteur fait des efforts pour transmettre ses intentions communicatives à son interlocuteur en adaptant ses moyens d’expression en vue de mobiliser les savoirs linguistiques et culturels de celui-ci. C’est la communication vue en perspective interactionnelle. L’intercommunication est une traduction – intra ou interlinguale – permanente, fondée sur le caractère dialogique de la communication.

L’intercommunication, perçue comme une rencontre interculturelle, « s’articule autour de deux notions fondamentales, celles d’ajustement et de métissage

- ajustement parce que – la variation étant la règle dans les interactions - tout sujet doit affronter l’altérité pour atteindre ses objectifs quotidiens, avec autrui ou malgré lui, par le biais du langage (conduites langagières et comportements communicatifs) ;

- métissage parce que – au contact d’un nombre de socialisations langagières différemment configurées et potentiellement illimitées – tout sujet sera amené à s’approprier les conduites interactionnelles d’autrui, lesquelles viendront alimenter son propre répertoire. » (V. de Nuchèze, 2004, LIDIL - La rencontre interculturelle, no 29, juillet 2004, Université de Grenoble, p.6)

Il apparaît ainsi clairement que l’intercommunication et l’échange interculturel vont de pair dans un incontournable entrelacement.

« L’emploi du mot interculturel implique nécessairement, si on attribue au préfixe "inter" sa pleine signification, interaction, échange, élimination des barrières, réciprocité et véritable solidarité. Si au terme "culture" on reconnaît toute sa valeur, cela implique reconnaissance des valeurs, des modes de vie et des représentations symboliques auxquels les êtres humains, tant les individus que les sociétés, se réfèrent dans les relations avec les autres et dans la conception du monde. » (Conseil de l’Europe, Strasbourg, 1986, in M, de Carlo, 1998, p.41)

Omniprésente, l’interculturalité, apparaît désormais comme un défi qui implique des efforts dans tous les domaines : économique, politique, écologique, éducatif, scientifique, etc. Des échanges dynamiques, une pluralité de contextes linguistiques et culturels, une variété de contacts entre individus et groupes d’individus, voilà le cadre que l’Europe et le monde actuel proposent à leurs citoyens. L’heure n’est plus de se replier sur soi-même, de se renfermer dans une identité exacerbée, imperméable aux échanges de toute sorte.

L’interculturel suppose la prise en compte de l’autre, l’ouverture vers son univers et la construction d’une pensée métissée, espace où visions du monde différentes, croyances et savoirs divers se rencontrent et se complètent réciproquement.

Ce premier numéro de la revue Signes, Discours et Sociétés vous propose donc une reflexion sur les obstacles de nature socio-culturelle qui peuvent bloquer l’intercommunication.

L’identification et l’analyse de ces divers obstacles à l’intercommunication peuvent offrir autant de repères aux fondements d’échanges interculturels heureux et aux enrichissements mutuels.

Les contributions susceptibles d’aider à approfondir le thème proposé pourront se regrouper autour de deux grands axes :

1. Barrières socio-culturelles qui se manifestent au niveau intra-lingual.

2. Barrières socio-culturelles qui se manifestent au niveau inter-lingual.








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Revue électronique internationale publiée par quatre universités partenaires : Galatasaray (Istanbul, Turquie), Ovidius (Constanta, Roumanie), Bucarest (Roumanie) et Saint Clément d'Ohrid (Sofia, Bulgarie) avec le soutien de l'Agence universitaire de la Francophonie (AUF)
ISSN 1308-8378